Monumental. Exceptionnel. Faramineux. Ces qualificatifs étaient attendus pour décrire ce qui devait être un rendez-vous au sommet, le choc entre les deux meilleurs joueurs du monde. Mais dimanche, un seul homme les a mérités : l'ogre de l'ocre, celui qui a fait de Roland-Garros et du court Philippe-Chatrier sa maison depuis 2005, Rafael Nadal. Le Majorquin a conquis son 13e titre du côté de la Porte d'Auteuil avec la manière après une démonstration de 2h41 face à Novak Djokovic (6-0, 6-2, 7-5), le numéro 1 mondial pourtant invincible jusqu'alors en 2020 à la régulière. Ce triomphe lui permet de co-détenir désormais le record du nombre de sacres en Grand Chelem avec Roger Federer (20).

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Bien des scénarios pouvaient être imaginés avant le début de cette finale. Mais celui qui s'est déroulé sous les yeux des spectateurs et téléspectateurs ce dimanche après-midi en a sûrement surpris plus d'un. Car quand le toit s'est déployé sur le court central de Roland-Garros avant même le début des hostilités, les observateurs et autres spécialistes, dans leur grande majorité, se sont dit que Novak Djokovic avait décidément une belle étoile au-dessus de sa tête lors de cette quinzaine parisienne. Mais loin de profiter de conditions qui semblaient lui être favorables, le Serbe a été submergé par un Rafael Nadal déchaîné.

Une bulle et trois sets pour un 13e triomphe : Nadal a détruit Djokovic

Tactiquement, Nadal a survolé les débats

Le Majorquin, lui-même, s'était plaint de la lourdeur des balles et de la fraîcheur automnale lors de cette quinzaine parisienne. De nature anxieuse, il craignait que son lift ne soit pas aussi efficace qu'à l'accoutumée, le rebond étant objectivement moins haut. Et pourtant, comme en 2008, 2010 et 2017, il a donc soulevé la Coupe des Mousquetaires sans perdre le moindre set. Cette performance ahurissante, l'intéressé la doit autant à sa forme exceptionnelle du jour qu'à la pertinence de ses ajustements tactiques face à un adversaire qui avait le jeu pour lui poser bien des soucis.

Souvent gêné par le revers croisé de Djokovic lors de leurs affrontements les plus récents, Nadal s'est évertué à tenir sa ligne de fond quand il a été contraint à défendre. Et dès les premiers échanges, il a formidablement contré le numéro 1 mondial avec son coup droit long de ligne, signe chez lui d'une grande confiance. Breaké d'entrée et surpris par le refus de reculer de l'Espagnol, le Serbe n'a pas eu le temps de se lancer dans sa finale et a perdu tous les points clés du premier set. Résultat : une bulle, concédée certes en trois quarts d'heure, mais une bulle quand même.

Une autre Coupe des Mousquetaires mais une émotion de taille pour Nadal

Totalement dépassé, Djokovic a refusé le combat

En ouvrant son compteur en début de deuxième set, le Djoker pensait peut-être entrer enfin dans cette finale. Il a d'ailleurs serré alors le poing pour la première fois. Mais ce n'était qu'une péripétie pour le rouleau compresseur nadalien, impitoyable comme à ses plus belles heures. Rapidement nanti de deux sets et d'un break d'avance (6-0, 6-2, 3-2), le Taureau de Manacor semblait même en passe d'infliger à sa malheureuse victime du jour une correction proche de celle subie par Roger Federer en 2008 (6-1, 6-3, 6-0). Une légère baisse d'intensité et une timide révolte de Djokovic ont toutefois prolongé quelque peu cette finale.

Le numéro 1 mondial, qui avait refusé jusqu'ici le combat (l'échange le plus long du match a été de 18 frappes seulement !), a harangué la foule en débreakant. Il s'est un peu plus engagé dans ses coups pour équilibrer quelque peu les débats. Mais l'embellie n'a que peu duré. Auteur de 52 fautes directes (contre 14 à Nadal), le numéro 1 mondial est globalement passé à côté de son sujet, trop saoulé de coups pour pouvoir résister réellement. Il a offert sur un plateau le break fatidique à 5-5. Sur un ultime ace, comme aime le faire son plus vieux rival Roger Federer qu'il peut désormais regarder sans lever les yeux, l'Espagnol a conforté son statut de légende vivante de Roland, tout simplement.

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