Quoi qu'il arrive, Novak Djokovic aura écrit une page d'histoire dans cette édition 2021 de Roland-Garros. Il est devenu le premier homme à battre deux fois Rafael Nadal sur terre battue dans un match en trois sets gagnants. Et ce n'est pas rien. Lui seul pouvait le faire. Jusqu'à vendredi, le bilan de l'Espagnol dans ce domaine était de 130 victoires pour deux défaites. Les deux à Roland-Garros, contre Robin Söderling en 2009 et Djokovic en 2015. Le Serbe a donc doublé la mise en sortant vainqueur d'un énième combat épique face à celui qu'il considère, à juste titre, comme son "plus grand rival".
Goran Ivanisevic avait jugé avant le tournoi qu'il était plus confortable pour son poulain de croiser la route de Nadal avant la finale. C'était peut-être vrai, mais cela présente un inconvénient : pour l'instant, il n'a pas la coupe des Mousquetaires sous le bras. Pas plus aujourd'hui qu'en 2015. La grande différence tient toutefois au fait qu'il y a six ans, Djokovic n'avait pas encore inscrit son nom au palmarès de Roland-Garros. Il tournait autour du pot parisien depuis des années. Après s'être débarrassé de l'encombrant espagnol, son chemin semblait tout tracé. Puis Stan Wawrinka est passé par là.
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Mes capacités de récupération sont plutôt bonnes
Le Novak Djokovic de 2021 joue moins gros que celui de 2015. Bien sûr, l'enjeu reste le même : une victoire en Grand Chelem. Ce n'est jamais anodin, et encore moins avec la perspective de revenir à une longueur des 20 titres du tandem Federer-Nadal, et celle du double Grand Chelem en carrière, puisque le numéro un mondial deviendrait le premier homme dans l'ère Open, et le troisième au total dans l'histoire du tennis, à compter au moins deux titres dans chacune des quatre levées majeures du calendrier. Reste que, quoi qu'il arrive, il a déjà gagné Roland-Garros.
La différence entre un et deux titres n'est pas la même qu'entre zéro et un. Malgré tout, une forme d'ironie menace le champion de Belgrade. Battre Nadal pour ne pas triompher en fin de quinzaine, une fois, c'était dommage, deux fois, ce serait assez terrible. Or l'autre inconvénient d'avoir eu à escalader l'Everest majorquin en demi-finale, c'est qu'il faut digérer pareille performance, physiquement et émotionnellement.
Heureusement pour lui, Novak Djokovic en a vu d'autres. Même s'il avouait vendredi soir ne pas être "l'homme le plus frais du monde", il ne s'inquiète pas quant à sa capacité à être à 100% dimanche sur le court Philippe-Chatrier. Il aura tourné la page. "Ce n'est pas la première fois que je dispute une demi-finale épique en Grand Chelem et qu'ensuite, je dois revenir jouer la finale en moins de 48 heures, a-t-il rappelé. Mes capacités de récupération sont plutôt bonnes. Mon kiné va faire tout ce qu'il peut aussi pour que je sois frais et dispos."

"Djokovic est évidemment favori mais Tsitsipas est peut-être l'homme qui peut le faire douter"

Que Tsitsipas ne soit pas le double de Wawrinka

Le maître-mot, surtout à 34 ans, est ré-cu-pé-ra-tion. Le Serbe a donc passé un samedi plus tranquille que studieux. "Il ne faut pas que je m'entraîne trop", avait prévenu le Djoker à l'issue de sa demi-finale, avant de livrer des paroles de vieux sage, de celui qui a déjà tout vu et tout connu et à qui on ne la fait pas : "Il s'agit avant tout, maintenant, de prendre les choses calmement, doucement, jusqu'à la finale."
Ce calme sera peut-être bien plus dur à trouver pour son dernier adversaire. Stefanos Tsitsipas va disputer sa toute première finale majuscule dimanche, loin des... 29 de Novak Djokovic. Pour autant, 'Nole' est convaincu que le jeune Grec sera lui aussi à la hauteur de l'évènement, dimanche. "Évidemment, c'est la première fois que Tsitsipas est en finale d'un Grand Chelem. Pour lui, c'est un grand exploit. Mais il ne va pas s'arrêter là. Il est en grande forme physiquement. Il est au top de la Race en ce moment. Il a gagné en maturité aussi, et la terre battue est sa surface favorite", estime-t-il.
Novak Djokovic se souvient aussi qu'il avait ramé pendant cinq sets l'an passé ici-même, en demi-finale, contre le même adversaire. Ou qu'il a dû écarter une balle de match à Rome pas plus tard qu'il y a quelques semaines. Mais ces deux matches, il les a gagnés. En finale de Grand Chelem, Djokovic ne perd presque jamais. Historiquement, pour le battre, il faut s'appeler Federer, Nadal ou Murray. Ou... Wawrinka. Plus que jamais, le Djoker veut éviter que Tsitsipas ne devienne dimanche le double du Suisse.

Stan Wawrinka, le bourreau de Novak Djokovic en finale de Roland-Garros en 2015.

Crédit: Imago

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