Guy Forget est un homme très sollicité. Les qualifications de Roland-Garros ont donné le coup d’envoi cette semaine d’une séquence intense qui s’achèvera le dimanche 13 juin prochain, jour de la finale du simple messieurs, pour le directeur du tournoi. Préoccupé par la situation sanitaire et les ventes de billets limitées en ces temps de coronavirus, il va devoir gérer une quinzaine compliquée. C’est donc en amont de celle-ci qu’il a accepté de prendre le temps de la réflexion et des confessions dans le cadre du podcast Echange d’Antoine Benneteau à découvrir ce mercredi sur notre site.
Lors de cet entretien fleuve, Forget a notamment exposé sa vision du jeu. Il a insisté sur les paramètres qui échappent à la Fédération française de tennis (FFT) pour faire émerger un champion, à l’heure où le tennis français traverse une période difficile.
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"Je suis pour le travail mental bien sûr, mais je trouve qu’il y a des raccourcis parfois insultants. Je crois aussi en l’unicité de l’athlète, en l’inné. Je crois que si Federer était né à la Ciotat, il aurait fait la même carrière. (…) Une fédération peut produire des Top 100 en nombre, ça oui. Mais s’il y avait une recette, tous les joueurs de l’académie de Nadal à Majorque seraient comme lui. Jim Courier disait que s’entraîner cinq heures par jour, c’était un talent, et il a raison", a-t-il estimé.

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Quand tu es joueur ou entraîneur, l’objectif, c’est d’être efficace. En tant que dirigeant, je dois m’assurer que le tennis-spectacle va continuer d’exister
L’ancien capitaine des Bleus en Coupe Davis a aussi évoqué son nouveau rôle de directeur de tournoi, qui l’a obligé à adopter un nouveau point de vue sur le jeu. "Quand tu es joueur ou entraîneur, l’objectif, c’est d’être efficace. En tant que dirigeant, je dois m’assurer que le tennis-spectacle va continuer d’exister. (…) Quand je regarde un match, je veux une opposition de styles, des gars ou des filles qui me font vibrer", a-t-il encore considéré. Peut-être plus que la longueur des matches qui font peur aux diffuseurs, Forget voit en l’émergence d’une façon de jouer stéréotypée l’un des plus grands dangers qui menacent le tennis.
Faut-il pour autant s’interdire de modifier à la marge les règles du jeu ? Grand partisan du No-Let, le directeur de Roland-Garros est persuadé que les Grands Chelems et l’ITF (Fédération internationale de tennis) ont un rôle à jouer pour apporter quelques légères retouches génératrices de spectacle, contrairement à l’ATP et la WTA. "Quand un service est let, deux fois sur trois, c’est un point incroyable derrière. Pourquoi on se prive de ça ? Pourquoi le No-Let n’existe pas ? Parce que les joueurs ne veulent rien changer." Telles sont les quelques clés d’un raisonnement passionnant à découvrir sur notre site dès ce mercredi.
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