On l'avait laissée presque interdite face aux changements que son nouveau statut allait provoquer dans sa vie d'ado. 2019, Wimbledon ou l'acte de naissance de Coco Gauff aux yeux du monde. Sortie par Simona Halep en 8e de finale, la gamine de 15 ans avait parlé du lycée, des cours à distance qu'elle allait devoir suivre et de sa trajectoire de météorite. Pardon, une météorite est censée se crasher. Gauff, elle, continue de viser les étoiles.
Depuis 2019, fatalement, elle était devenue une figure du circuit, ces noms que l'on guette d'un coin de l'œil au moment des tirages au sort des tournois importants. Dans la foulée de son Wimbledon de feu, elle s'était même frottée à Naomi Osaka au 3e tour à Flushing Meadows avant de rendre les armes.
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Jusqu'à ce Roland-Garros, Gauff n'a pas déçu, elle s'est simplement heurtée aux limites de son statut en Grand Chelem. Rarement tête de série, elle a souvent rencontré des adversaires mieux classées et pétries d'expérience pour la priver d'un parcours plus clinquant : Sofia Kenin, Martina Trevisan, Anastasija Sevastova ou encore Elina Svitolina à Melbourne cette année.

Coco Gauff à Wimbledon (2019)

Crédit: Getty Images

Parme et le déclic

Mais sur ce Roland-Garros, quelque chose a changé, de son propre avis. Sa victoire à Parme une semaine avant Roland-Garros a agi en détonateur. Au classement, déjà, puisque la tête de série numéro 22 s'est épargnée des premiers tours piégeux. Mais pas que. "Parme m'a donné beaucoup de confiance, a-t-elle ainsi confié. Ça m'a appris à maîtriser la pression sur les points importants".
Depuis, c'est une Coco Gauff beaucoup plus constante qui se présente sur les courts. "Honnêtement, c'est franchement différent, a-t-elle expliqué en conférence de presse lundi quand elle fut invitée à comparer ses Majeurs passés à ce Roland-Garros. Je ne saurais pas vraiment comme le dire, peut-être que c'est plus professionnel. Jusqu'à présent, ça a toujours été des matches fluides, aucun duel fou qui se finit en trois sets ou quoi. Pourtant, j'en ai eu quelques-uns par le passé. Mais je pense que c'est le tennis le plus consistant, le plus régulier que j'ai joué à ce niveau. Donc j'espère continuer". Elle n'a prononcé le mot mais "déclic" semble le terme adéquat.
Entre 2019 et 2021, Gauff a grandi. Tennistiquement mais surtout mentalement. Jusqu'à s'assumer elle-même plutôt que de courir derrière des ombres envahissantes. "J'ai le sentiment que quand je suis arrivé sur le circuit, j'ai ressenti beaucoup de pression m'obligeant à gagner parce que les gens avaient des attentes très élevées me concernant, disant que j'étais la prochaine unetelle ou unetelle, a-t-elle avancé. Mais après avoir discuté avec différents coaches, différents joueurs sur le circuit, je me suis rendu compte que je devais simplement être moins même et m'amuser sur le court". Simple comme un jeu d'enfant. Mais c'est un cap parfois horriblement compliqué à franchir pour les joueurs les plus précoces.

Coco Gauff lors de Roland-Garros 2021

Crédit: Getty Images

Une première depuis 2006

Car son âge, fatalement, on y revient toujours. Wimbledon ou Roland-Garros, peu importe : elle s'amuse à flirter avec les records de précocité les uns après les autres. Première joueuse de 17 ans à atteindre les quarts ici depuis Nicole Vaidisova en 2006, elle ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Car son tournoi parisien lui a prouvé que l'appétit venait en mangeant, surtout quand on est en crise de croissance.
"La différence entre hier et aujourd’hui, c’est que j’ai plus faim désormais, a-t-elle analysé. Dans le passé, j’étais satisfaite du parcours que j’avais fait et je pense que je n’arrivais pas si affamée sur ces matches. Je sais que ce n’est pas bien mais c’est la vérité. Vous savez, beaucoup de jeunes joueurs ont tendance à se satisfaire avec seulement des petits résultats avant de réaliser qu’on peut vraiment viser plus. Mon leitmotiv a toujours été 'rêve en grand et vise plus haut'". Jusqu'où ? C'est fatalement la question.
A l'aise sur terre et en constant progrès sur ce Roland-Garros, à l'image de son service, elle défiera mercredi Barbora Krejcikova, également novice à ce stade de la compétition, pour une place en demie. Une vraie chance à saisir. Même à 17 ans. "Honnêtement, je m'en fous un peu que vous parliez de mon âge, a-t-elle encore avancé. La vérité, c’est que j'ai 17 ans. Mais, sur le court, mes adversaires s’en foutent de l’âge que j'ai. Elles veulent me battre, peu importe mon âge. Et je veux les battre peu importe leur âge". A elle non plus, donc, on ne parle pas d'âge. Et c’est tant mieux.
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