Ils n’ont encore rien gagné, mais ils se souviendront longtemps de cette édition 2021 de Roland-Garros. Car jeudi, en demi-finale du double messieurs, Pierre-Hugues Herbert et Nicolas Mahut ont retrouvé ce pour quoi ils s’entraînaient tous les jours : vivre des émotions exceptionnelles sur un court de tennis. Menés 7-6, 5-3 par les Colombiens Juan Sebastian Cabal et Robert Farah, têtes de série 2 du tournoi, les Français sont parvenus à sauver trois balles de match puis à renverser la vapeur pour s’offrir une place en finale (6-7, 7-6, 6-4). Le tout après quasiment trois heures de jeu (2h52 précisément) dans un court Simonne-Mathieu en surchauffe.
Et c’est bien cela qui a marqué Mahut et Herbert dès l’échauffement. Après avoir vécu la galère des huis clos à répétition à cause de la pandémie ces derniers mois, le contraste avait de quoi saisir. "Quand on est rentrés sur le court, j'ai dit à Pierre-Hugues : 'Attends, j'ai besoin d'un peu de temps, j'ai des frissons partout'. La dernière fois c'était en Coupe Davis. On avait tous les deux envie de pleurer, c’était fort", a confié l’Angevin.
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"On n'avait plus l'habitude"

Vainqueurs des quatre tournois du Grand Chelem et du Masters, les deux Français ont eu leur lot d’émotions ensemble. Mais jeudi après-midi, tous les ingrédients étaient réunis pour que le moment soit exceptionnel : le scénario et une ambiance que l’on n’imaginait plus possible en ces temps covidiens. "On ne sait jamais quand on rejouera une autre finale, si c'est la dernière ou non. Il est incroyable de pouvoir la partager à nouveau avec les gens. Le court était plein. Ils nous ont soutenus du début à la fin, même quand on était menés, même quand ils ont servi pour le match. On n'avait plus l'habitude", a ajouté Mahut.
L’osmose était telle que les deux partenaires sont restés dans le moment présent, la méthode idéale pour renverser des montagnes. "Les gens étaient là, nous ont accueillis et portés. C'était exceptionnel. À la fin du match, quand on nous a posé la question, j'avais oublié qu'on avait sauvé des balles de match tellement on est restés dedans du début à la fin. On n'a pas lâché. J'en suis fier. Tout le monde était debout."

Pierre-Hugues Herbert et Nicolas Mahut.

Crédit: Getty Images

Entrer un peu plus dans l'histoire du tennis français

Jusqu’au bout, le soutien de la foule à nouveau autorisée à déambuler dans les allées de Roland-Garros a été primordial. Car au moment de servir pour le match, Pierre-Hugues Herbert a bien failli craquer. Épuisé, il est finalement venu à bout de son ultime jeu de service après huit minutes de tension et d’adrénaline.
"Ce qui s’est passé avec le public, c’était juste fou. Nous sommes fiers d’être en finale à nouveau ici en France. Aussi heureux d’offrir cette victoire à tous les gens qui nous ont soutenus et qui nous ont poussés sur le court. Ces moments, je les classerai très haut dans mes souvenirs de Roland. Si ça avait été une finale, ça aurait été le numéro 1, c’est sûr. Mais c’est une demi-finale, et il y a encore un match à gagner pour avoir le trophée", a-t-il averti.
Ce match aura lieu samedi face à Alexander Bublik et Andrey Golubev. Mahut et Herbert auront la pancarte de favoris, ce qui ne les empêchera pas de se méfier des Kazakhs contre lesquels l’Alsacien a d’ailleurs déjà perdu, mais avec un autre partenaire. Si la victoire est au bout, ils deviendront la première paire 100 % française à gagner Roland-Garros à deux reprises. Ils ont 48 heures pour se remettre de leurs émotions et repartir au combat.
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