Rafael Nadal continue son petit bonhomme de chemin dans ce Roland-Garros. Confronté à l'un des meilleurs joueurs sur ocre du plateau, et de la saison, pour ce qui constituait son premier test sérieux de la quinzaine, le tenant du titre a répondu présent avec une prestation très sérieuse. Vainqueur en trois manches de son compère gaucher en trois sets (6-3, 6-3, 6-3), le Majorquin a rejoint lui aussi le plateau des huitièmes de finale avec une victoire autoritaire.
Sans avoir perdu un seul set depuis la finale de l'édition 2019 maintenant, Nadal affrontera Jannik Sinner en 8e de finale lundi prochain. Les deux hommes joueront un bis repetita du quart de finale de l'an dernier. A ce jour, l'Italien est le joueur qui lui a posé le plus de problèmes à Roland-Garros depuis deux ans. Et cela avait duré un set.
Roland-Garros
Nadal à l'entraînement sur le Central
HIER À 11:48
Quelques mois plus tard, le rapport de forces semble moins à l'avantage du protégé de Riccardo Piatti, la faute à un début tournoi perfectible. Mais ce choc des générations promet, forcément.

Un nouveau départ canon pour Nadal

Pour sa première sortie de la quinzaine sur le court Suzanne-Lenglen, Nadal a fait du classique : il a débuté son match en mode destruction face à un joueur qu'il redoutait. Le nom de Cameron Norrie n'est pas ronflant, mais le gaucher britannique, né à Johannesburg, a progressé à pas de géants depuis quelques mois. En témoigne sa victoire face à Dominic Thiem à Lyon, où il avait perdu la finale à Stefanos Tsitsipas, juste avant Roland-Garros.
Pour réduire au silence la belle main du 45e mondial, Nadal a répété le même schéma que face à Gasquet en lâchant son coup droit de tous les côtés du deuxième court de la Porte d'Auteuil dès l'entame. L'opération commando a marché : Nadal a pris les commandes du match et empoché le premier set en une petite demi-heure. C'est là que les ennuis ont commencé. Si Nadal a dominé dans l'échange, Norrie n'a pas démérité pour autant et il a grignoté le cerveau du propriétaire des locaux.
Adroit avec son coup droit et son revers, le joueur de 25 ans a fait des misères au Majorquin en retour de service, notamment derrière les secondes balles. Trop gourmand avec les fautes (29 sur le match, contre 21 à Norrie), le joueur de Manacor a perdu son service d'entrée de deuxième manche, avant d'entrer dans une zone grise où il a perdu le contrôle des événements pendant quelques minutes.

Un début de deuxième set étrange

Nadal a été mené 2-0 par Norrie au début de cette deuxième manche, puis il a debreaké une fois (1-2), avant de rendre à nouveau son engagement (1-3). Le début des ennuis donc ? Finalement, non. A 3-1 en sa faveur, Norrie n'a pas été en mesure de confirmer ses deux (seuls) breaks du match. En mode Père Noël, il a clairement manqué de tactique au moment le plus important du match pour lui et perdu sa première balle au moment où il ne fallait pas.
En face, Nadal a serré le jeu après ses nombreuses fautes et mis la gomme en retour de service. Sa couverture de terrain et ses coups de défense exceptionnels lui ont aussi fait du bien, notamment ce revers croisé qui lui a permis d'empocher le deuxième set. Un modèle du genre. Du Nadal dans le texte.
De retour aux commandes de son bulldozer après ce drôle de deuxième set, Nadal a continué son travail de sape, en remettant beaucoup d'intensité dans ses coups. Pour Norrie, lassé et perdu tactiquement, la visite du court Suzanne-Lenglen a commencé à lui peser dans les pattes.
Breaké et à la traîne dans le dernier set, il a sauvé une balle de match à 2-5, et retrouvé un peu de jus pour une dernière danse. Une danse refusée par Nadal qui a préféré filer pour la 50e fois de s carrière en 8e de finale d'un tournoi du Grand Chelem. Malgré quelques coups d'éclats de dernière minute, le mal était déjà fait. Prendre 3,3 et 3, le score a été lourd, oui, pour l'élégant Norrie. Mais la réalité d'un match en trois sets gagnants, n'est pas celle d'un deux sets. A la fois si proche, et finalement si loin.
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