Roland-Garros - 1er tour - Dominic Thiem : "Ça fait mal mais je dois accepter la situation"
Par Laurent Vergne
Publié 22/05/2022 à 16:00 GMT+2
ROLAND-GARROS 2022 – Finaliste en 2018 et 2019, Dominic Thiem n'est plus qu'un fantôme depuis son retour sur le circuit. Si son poignet ne le fait plus souffrir, l'Autrichien manque à la fois de puissance, de rythme et par-dessus tout de confiance. Dimanche, il a été laminé par Hugo Dellien sur le Simonne-Mathieu dès le premier tour. Il se veut à la fois lucide et volontaire.
Thiem : "Je cherche encore les bonnes sensations et j'en suis loin"
Video credit: Eurosport
C'était, déjà, un signe de la dureté des temps pour lui. Depuis la première semaine de l'édition 2018, Dominic Thiem avait toujours été programmé soit sur le court Philippe-Chatrier, soit sur le Lenglen. Dimanche matin, c'est sur le Simonne-Mathieu que l'ancien double finaliste (2018, 2019) de Roland-Garros a disputé son premier tour. Son dernier, aussi, dans ce tournoi. Balayé en trois sets par Hugo Dellien (6-3, 6-2, 6-4), l'Autrichien a fait peine à voir.
Retombé à la 194e place mondiale, Thiem n'est toujours que l'ombre du joueur qu'il était avant sa blessure au poignet droit. Il n'a toujours pas remporté le moindre match depuis son retour à la compétition cette saison. Son dernier succès remonte au mois de mai 2021 à Rome. Victime de douleurs au poignet, il avait mis un terme à sa saison après son élimination d'entrée à Majorque en juin.
"Ça fait mal mais je dois accepter la situation, a admis le vainqueur de l'US Open 2020, qui a subi là sa 11e défaite consécutive sur le circuit. Mais oui, ça fait mal, ces défaites semaine après semaine. Aujourd'hui, ce n'était pas un bon match du tout. Je savais qu'il allait me falloir du temps, que le niveau est extrêmement haut pour les joueurs qui sont ici, et je n'y suis pas encore. Je travaille dur pour revenir, mais je ne suis simplement pas assez bon pour le moment."
Un problème global
Que lui manque-t-il ? "Ce n'est pas une chose en particulier, je manque de beaucoup de choses", admet-il. Ce qui frappe, surtout, c'est à quel point ses coups ne font plus mal, qu'il s'agisse de sa mise en jeu ou à l'échange, où il joue beaucoup trop court. "Je manque encore de puissance dans mes coups, dit-il. Et ce n'est pas seulement en coup droit. J'ai un pourcentage de premiers services qui est trop bas, mon service ne fait pas assez mal. En revers, ce n'est pas trop mal, mais ça manque de longueur, ça manque de rapidité."
Ajoutez à cela un déficit de rythme, une lenteur spectaculaire (il paraît constamment pris de court dans le jeu défensif) et une absence de lucidité dans ses choix, et c'est tout le tableau qui semble bien sombre. "Parfois, je prends vraiment de mauvaises décisions, des décisions très bêtes, sur des amorties par exemple, ou quand je décide d'aller long de ligne quand ce n'est pas le bon moment", se flagelle l'Autrichien, que l'on ne peut au moins pas soupçonner de se voiler la face.
Le problème est donc global, mais c'est en grande partie la tête qui coince. Dominic Thiem l'avoue, il est beaucoup trop tendu sur le court. Parce qu'il se sait loin du compte, qu'il est totalement dépourvu de confiance et que de cycle infernal ne fait que s'aggraver défaite après défaite. "A l'entraînement, poursuit-il, c'est mieux, mais en situation de match, je ne joue pas bien. À un moment donné, il y a eu un jeu où j'ai fait quatre fautes en retour de coup droit. Je me suis dit, 'Mais qu'est ce qui m'arrive ?' J'ai seulement voulu remettre la balle en jeu, rien d'autre, et je n'ai même pas réussi."
Physiquement, en revanche, tout va "bien". Plus de douleurs. "Non, je n'ai pas de problème physique", confirme Thiem. Mais s'il réfute le terme de "peur" sur ses frappes, notamment côté coup droit, il concède une certaine retenue. Le cercle vicieux, toujours : "En match, évidemment, on est toujours un petit peu plus tendu, un peu plus nerveux, et tout le corps se tend. Je dirais que c'est un petit peu toxique pour mon coup droit pour le moment parce que je n'ai pas de bonnes sensations. La conséquence, c'est que je fais beaucoup de fautes."
A Madrid, voilà quelques semaines, Andy Murray lui avait dit de s'accrocher après l'avoir sorti au premier tour. "Ce sera long mais ça vaut le coup", lui avait glissé l'Ecossais à l'oreille. Le meilleur remède serait une victoire. Rien qu'une toute petite victoire.
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Murray se défait de Thiem, trop imprécis
Video credit: Eurosport
"Il va falloir retrouver cette confiance, la confiance dans mes coups, et dans les moments un peu tendus comme en situation de match, juge Thiem. Bien sûr, décrocher une victoire m'aiderait beaucoup. Mais si je suis honnête envers moi-même, sur tous les matches que je joue, je suis loin de pouvoir gagner. Il n'y a pas grand-chose d'autre à faire que de travailler, de s'accrocher. J'essaie juste de m'améliorer, de retrouver un niveau plus correct."
En attendant, il se dit prêt à retourner écumer le circuit challengers, au moins à très court terme. Dans ce long tunnel, l'Autrichien fait à la fois preuve d'humilité et de ténacité. Et, suivant le conseil de Murray, sa lucidité ne l'empêche pas d'afficher un discours volontariste. Optimiste, presque. "Ce n'est pas un secret, j'ai commencé à bien m'entraîner, à être très régulier il y a seulement six ou sept semaines. C'est encore trop tôt, vu le type de blessure que j'ai eue. La clé, c'est de rester patient, de continuer à l’être et travailler sur les choses qui ne vont pas. Et ça va revenir !"
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