L'antisèche : 23 Grands Chelems ? Novak Djokovic, l'inouï en toute tranquillité

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L'enjeu historique était immense. Mais en dépit d'une certaine tension en début de rencontre et du départ canon de Casper Ruud, Novak Djokovic est allé chercher dimanche son 23e titre majeur, un record absolu dans le tennis masculin. Un nouveau triomphe presque tranquille, malgré les plus de trois heures de jeu (7-6, 6-3, 7-5).

La stat qui conforte Djokovic en roi du "money-time"

Video credit: Eurosport

Le pourquoi du comment

Un grand classique. Pas la finale en elle-même, qui aurait eu l'envergure d'un monument si la suite de la rencontre avait ressemblé à son premier set. Là, Casper Ruud a regardé Novak Djokovic dans les yeux, sans cligner. Là, ce fut intense, féroce, beau parfois et franchement emballant. Mais ce fut aussi trop court et, une fois ce set initial en poche après une heure et demie de combat, tout le monde a compris. Vous, nous, Djokovic et Ruud : c'était terminé.
Pour signer l'exploit d'une vie et faire dérailler le train Djokovic lancé sur les rails de la grande histoire du tennis, l'ami Casper devait cocher une bonne cinquantaine de cases. Rien de moins. Il a validé la première, qui consistait à réussir son entame de match. Plus tendu que son cadet, le Djoker a été breaké d'entrée pour se trouver mené 3-0, puis 4-1. Agressif, d'un engagement total, notamment côté coup droit, Ruud avait tout bon pour sa deuxième finale de suite à Paris. Puis Djokovic a activé le mode Djokovic en fin de set, surtout dans ce tie-break, survolé comme tous ceux qu'il a eus à jouer dans cette quinzaine.
Casper Ruud n'a pas une tonne de reproches à s'adresser. Il est entré dans cette finale non comme un petit garçon, ce qui fut le cas l'an dernier face à Rafael Nadal. En dehors d'un pourcentage de premières un peu trop léger, pouvait-il mieux jouer que lors de cette première manche ? Pas sûr. Pourtant, cela n'a pas suffi. Il aurait donc fallu qu'il en fasse encore plus par la suite. C'était beaucoup lui demander. C'était trop. A partir de là, le Nordique est devenu un peu plus spectateur qu'acteur, un peu plus en réaction qu'en action.
Tactiquement, on pourra s'interroger sur la pertinence de l'usage massif de son chip de revers, dont il est rapidement apparu évident qu'il ne perturbait que très modérément son adversaire. Reste que cette finale ne s'est pas jouée là-dessus, mais sur l'extraordinaire science de Novak dans ce type d'événements, particulièrement ses moments les plus importants. Comme à 4-5 Ruud dans le troisième set. Une lueur d'espoir ? Un soupçon d'ouverture ? Tu parles, Charles. Nole a remporté les trois derniers jeux et 12 des 13 derniers points. C'est un autre monde et cela s'est encore senti dimanche. Tellement classique. Tellement Djokovic.

Le moment-clé

D'une certaine manière, le premier set dans son intégralité. Le jeu du débreak à 4-2, ou Djokovic a haussé le ton en retour. Le 0-30, à 5-4, quand Ruud s'est retrouvé à deux petites encablures du set après ce point d'anthologie, le plus beau de la finale, avant de se rendre coupable de quelques mauvais choix.
Puis, bien évidemment, ce tie-break, un nouveau chef-d'œuvre de la part du Serbe, qui a remporté les trois premiers points pour mettre la tête norvégienne sous l'eau. 7-1 à l'arrivée, toujours pas une faute directe dans un jeu décisif sur ce tournoi. S'il y a bien un moment où Djoko aura activé le mode GOAT ces deux dernières semaines, c'est dans les tie-breaks.
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Casper Ruud

Crédit: Getty Images

La stat : 101

Histoire de bien mesurer à quel point cette finale était un match en... un set gagnant, il faut se souvenir que Novak Djokovic n'a plus perdu une rencontre en Grand Chelem en ayant remporté le premier set depuis près de sept ans. C'était en finale de l'US Open 2016, face à Stan Wawrinka (6-7, 6-4, 7-5, 6-3).
Depuis, le Serbe a remporté 101 matches consécutifs dans cette configuration, en comptant cette finale de Roland-Garros. Le défi était déjà monumental pour le Norvégien en rentrant sur le court, mais une fois ce premier set envolé, la tâche devenait tout simplement hors de portée. Prendre la première manche était tout sauf une condition suffisante pour lui, mais c'était en tout cas un préalable indispensable si l'on en croit l'histoire récente.
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Roland

Crédit: Getty Images

La décla : Novak Djokovic

(En français) : "Ce n'est pas une coïncidence si je remporte le 23e titre du Grand Chelem ici, à Paris parce que, pour moi, dans toute ma carrière, tous les jours, ça a toujours été le tournoi le plus difficile à gagner. Donc il y a beaucoup d'émotions, beaucoup de choses. Sur le court, et en dehors. (...) Je suis heureux et fier de partager ce moment avec vous dans ce stade si spécial dans ma vie. Et je cherche encore un professeur de français."

La question : Et si c'était la bonne pour le Grand Chelem ?

Après avoir roulé sur Melbourne et marché sur Paris, Novak Djokovic se retrouve pour la troisième fois de sa carrière avec les deux premiers Majeurs du calendrier sous le bras. La première fois, en 2016, après son Grand Chelem à cheval sur deux ans, il avait coincé brutalement à Wimbledon, amorçant une des périodes les plus délicates de sa carrière, entre lassitude mentale et problèmes physiques. Il était alors resté plus de deux ans sans soulever un trophée majeur.
Puis il y eut 2021. Derrière, il avait dévasté Wimbledon et atteint la finale de l'US Open. Il ne manquait plus qu'une toute petite victoire au Djoker pour rejoindre Rod Laver, dernier homme à avoir accompli cette performance monumentale. Il s'était écroulé en finale à New York, submergé par le talent de Daniil Medvedev et plus encore par son propre stress. On pouvait alors penser, et lui avec nous, qu'il avait laissé passer une opportunité unique. Deux ans plus tard, le revoilà à mi-chemin.
"Je ne pense pas au Grand Chelem calendaire, je pense juste à gagner un titre de Grand Chelem dimanche, avait-il dit vendredi après sa demi-finale victorieuse contre Carlos Alcaraz, avant de glisser dans un sourire : "C'est loin pour l'instant mais si je gagne dimanche, ce ne sera peut-être pas si loin que cela." Ça l'est d'autant moins que Wimbledon pointe son nez et ces dernières années, Djokovic s'y est montré incroyablement dominateur. Pour être honnête, sauf blessure, on a beaucoup de mal à envisager autre chose qu'un dénouement victorieux pour lui. Plus qu'à 24 Majeurs, il serait surtout, à nouveau, à 3 sur 3 en 2023. Vous voyez où on veut en venir. Lui le voit très bien, à défaut de s'y voir déjà.
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Novak Djokovic à Wimbledon

Crédit: Getty Images

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