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Roland-Garros 2024 | Quatre jours sans jouer avant sa demi-finale : pour Casper Ruud, une aubaine... et un piège
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Publié 06/06/2024 à 23:16 GMT+2
Double finaliste sortant, Casper Ruud s'apprête à disputer sa troisième demi-finale consécutive à Roland-Garros vendredi face à Alexander Zverev. Un match que le Norvégien aura eu le temps de préparer puisqu'il a profité du forfait de Novak Djokovic en quart de finale. Le Norvégien ne devrait donc pas manquer d'énergie. Un avantage certain… sauf si cette période d'inactivité le perturbe.
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Video credit: Eurosport
"Physiquement parlant, ça allait, je pouvais aller au bout des cinq sets. Mais je sais aussi qu'il ne valait mieux pas. A long terme, j'ai l'impression que c'était important de passer en trois manches pour avoir plein d'énergie pour les demies." Prononcés par Alexander Zverev à l'issue de son quart de finale victorieux face à Alex de Minaur (6-4, 7-6, 6-4), ces mots sont ceux d'un joueur habitué aux fins de quinzaines (8 demi-finales désormais pour lui) et qui connaît l'importance de la fraîcheur physique à ce stade pour essayer de conquérir le Graal.
Mais ils sont aussi ceux d'un chat échaudé qui craint l'eau froide. Car l'an dernier, au même stade de la compétition, Zverev avait tout simplement été passé à la moulinette par Casper Ruud, qu'il retrouvera vendredi sur le court Philippe-Chatrier. Car une chose est certaine : le Norvégien sera frais pour cette revanche, merci pour lui. Et pour cause, retrait de Novak Djokovic oblige, il n'a plus foulé les courts en compétition depuis lundi, quatre jours donc avant son prochain match dont trois entiers de repos. Un sacré avantage physique et une rareté au cours d'une seconde semaine. A moins que Ruud… ne sorte de son tournoi.
"Si c'était un jeune joueur pour la première fois en demi-finale avec ces quatre jours devant lui où plein de choses peuvent se passer, ce ne serait pas évident, considère Arnaud Clément, consultant pour Eurosport. Pour quelqu'un qui a déjà joué deux finales à Roland, je ne crois vraiment pas que ce soit un souci." Le Norvégien n'en est en effet pas à son premier rodéo. Mais il n'en demeure pas moins que cette situation, imprévue pour lui, est peut-être de nature à perturber son rythme, celui classique en Grand Chelem avec l'alternance entre jours de match et de repos.
"Il a fait des matches, il en a même eu un dur (en cinq sets contre Alejandro Davidovich Fokina au 2e tour, NDLR). C'est un atout assez important pour la demie, et peut-être encore plus pour la finale s'il se qualifie, parce que même s'il a un match dur, il aura vraiment eu le temps de récupérer. En plus, il avait joué la semaine avant Roland. Il a de la bouteille, de l'expérience. Il sait ce que c'est que de jouer une demie à Roland et de la gagner surtout. Son équipe est posée, tranquille, elle a dû préparer un plan pour gérer cette période", insiste le finaliste de l'Open d'Australie 2001.
Gare au précédent Djokovic en 2011
Il est vrai que Ruud ne manque pas de temps de jeu sur terre battue vu la qualité de son printemps (titres à Barcelone et Genève, finale à Monte-Carlo entre autres). Mais il existe un précédent fameux : le cas Novak Djokovic en 2011. Invincible cette saison, le Serbe avait abordé sa demi-finale contre Roger Federer dans la même situation puisqu'il n'avait pas eu à jouer son quart de finale contre Fabio Fognini, forfait. Et il s'était incliné face à son rival suisse. Certes, ce dernier avait sorti un match d'anthologie pour l'emporter, mais le Serbe avait paru hésitant en tout début de partie, ce qui avait aussi participé à la dynamique générale.
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Casper Ruud à Roland-Garros en 2024
Crédit: Getty Images
"Est-ce que c'était à cause de ces quatre jours d'intervalle ou parce que l'affiche était un événement et que la nervosité était naturelle ? Peut-être. Ce qui est vrai, c'est que c'est particulier à gérer. Il faut être attentif : ne pas trop en faire mais en faire suffisamment, parce qu'effectivement, sinon tu peux perdre le rythme. Ruud est un joueur physique, avec un mode de fonctionnement un peu à la Nadal, donc il va se dépenser chaque jour avec une certaine intensité pour évacuer une tension qui monterait beaucoup plus vite s'il ne faisait pas grand-chose", analyse encore Arnaud Clément.
Le meilleur allié de Ruud est son éthique de travail
C'est donc bien l'éthique de travail du Norvégien qui pourrait lui permettre de tirer le maximum de profit de l'aubaine. Avoir un tel luxe pour récupérer dans une compétition aussi exigeante sur le plan physique tant par son format long que par sa surface, la terre battue, qui allonge les échanges, est incontestablement une chance… si on sait s'en servir. A ce niveau, les joueurs aiment leurs rituels et si les circonstances les bouleversent, ils peuvent être déstabilisés. Alors, il s'agira pour Ruud, qui n'a pas joué à son meilleur niveau depuis qu'il est à Roland-Garros, de faire comme si rien n'avait changé.
"Le problème quand on ne s'est pas assez dépensé, c'est d'avoir un match qui risque de démarrer avec une très forte intensité. Donc il faut être prêt. Il y a des pièges dans lesquels il ne faut pas tomber. Si cette période sans match est mal gérée, ça peut être un handicap. Il faut mettre beaucoup d'intensité à l'entraînement mais bien gérer le temps, faire une séance avec une intensité maximale de match mais sur une période beaucoup plus courte. Il ne faut pas couper trois jours, le corps peut mal prendre le choc. A mon avis sur trois jours 'off', l'idéal, c'est : un jour de récup, le suivant avec un gros entraînement et le dernier avec de l'intensité mais plus court", conclut la Clé.
Alors Ruud aura-t-il géré au mieux ces quatre jours ? Le début de la demi-finale face à Zverev sera riche en enseignements de ce point de vue. Mais avec exactement 4h32 de jeu en moins dans les jambes, plus les débats dureront, plus il devrait en tirer les bénéfices. A condition, bien sûr, de ne pas totalement passer à côté.
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