Roland-Garros 2026 - Alexander Zverev, de Melbourne 2025 à Paris 2026, 16 mois pour une reconstruction
Par Laurent Vergne
Mis à jour 07/06/2026 à 09:01 GMT+2
Il y a quasiment un an et demi, Alexander Zverev se noyait sur la Rod Laver Arena en finale de l'Open d'Australie contre Jannik Sinner. Le début d'une période très compliquée pour l'Allemand, qui a erré pendant des mois comme une âme en peine, que des soucis physiques n'ont pas aidé non plus. À Roland-Garros, le revoilà pourtant en finale de Grand Chelem. Est-ce enfin la bonne pour lui ?
Nouveau traumatisme à venir pour Zverev ? "Il ne passera pas à côté de cette finale"
Video credit: Eurosport
Alexander Zverev et le Grand Chelem, c'est un peu "50 nuances de frustration". Une décennie de quête, vaine pour l'instant, avec en point d'orgue trois échecs en finale. Le dernier en date a sans doute été, sinon le plus douloureux, en tout cas le plus brutal. C'était il y a un an et demi à peine, à l'Open d'Australie. Après New York en 2020 et Paris en 2024, l'Allemand retentait sa chance, cette fois à Melbourne. À ses deux premiers revers frustrants en cinq sets allait alors succéder un nouvel échec, cinglant cette fois. Pas de regrets, mais une gifle comme un rappel à l'ordre : tu n'es pas au niveau.
Le choc, administré par Jannik Sinner, avait été si violent que l'on a bien cru que Zverev n'allait pas s'en relever et que c'en était fini pour lui des ambitions suprêmes. À chaud, il n'avait pu retenir ses larmes sur la Rod Laver Arena. "Tu es trop bon pour ne pas y arriver un jour", avait tenté de le consoler son bourreau. Mais Zverev, tellement persuadé que c'était son tour, qu'il était prêt à franchir le pas, avait eu du mal à encaisser le camouflet et encore moins à entendre les paroles supposées réconfortantes de l'Italien.
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L'image de la finale : Quand Sinner réconforte un Zverev déconfit
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La suite s'est apparentée à un calvaire pour le natif de Hambourg, qui a traversé 2025 comme un fantôme. Pourtant, à défaut de titre majeur, sa finale à Melbourne lui avait ouvert une fenêtre de tir pour devenir numéro un mondial pour la première fois. Devant lui, il ne restait que Sinner. Or, l'Italien allait purger sa suspension de trois mois. Si Zverev se montrait performant dans ce laps de temps, le trône l'attendait. Quatre tournois, quatre victoires et quatre défaites plus tard, de la terre battue sud-américaine à Indian Wells, il allait vite ranger cette ambition au placard.
Un moribond… numéro 3 mondial
Début mars, dépité et touché moralement, il tourne la page. "J'y ai pensé au début, dit-il alors à propos de la place de numéro un. Mais désormais, c'est moins le cas parce que je joue trop mal. Je vais devoir retrouver mon jeu avant de penser à ça. Pour devenir N°1, il faut gagner des tournois. Je travaille beaucoup à l'entraînement, mais je ne trouve pas l'étincelle. Je n'arrive déjà pas à passer le premier ou le deuxième tour en ce moment, donc avant de penser à autre chose..."
Les effets de sa déroute australienne en finale, à n'en pas douter. Il l'avoue du bout des lèvres, même si cela lui coûte : "Oui, peut-être, un peu. Je ne joue pas au niveau auquel j'aimerais jouer. Je suis déçu par mon jeu. Mais peut-être que c'est la conséquence de l'issue de l'Open d'Australie, je ne sais pas." Un demi-aveu qui en dit suffisamment long pour que chacun comprenne. Si l'on devait qualifier un mot pour qualifier les mois qui suivront, ce serait "moribond". Un Zverev sans âme. En Grand Chelem, notamment, avec des sorties en quart de finale à Roland-Garros (la seule fois depuis 2020 où on ne l'a pas vu dans le dernier carré) puis, pire encore, un 1er tour à Wimbledon et un 3e à l'US Open. Il n'était même plus réellement un candidat.
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Tie-break crucial, FAA magistral : le résumé de la défaite de Zverev
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Bien sûr, tout ceci est relatif. 2025 a été décevant à son échelle. Il a tout même bouclé l'année sur la troisième marche du podium mondial, derrière l'infernal tandem Alcaraz-Sinner. Mais l'espace d'un an, il avait reculé d'un cran. Et il le sait mieux que personne. Il suffit de se remémorer cette scène cocasse au tout début de l'année 2026, le 3 janvier exactement. Sascha Zverev est à Brisbane pour disputer la United Cup. Lors de sa conférence de presse de rentrée, un confrère lui demande :
"Vous avez réalisé une excellente saison l'an dernier, terminant 3e mondial. Comment évaluez-vous votre saison par rapport à vos objectifs initiaux ? Et quels sont vos objectifs pour 2026 ?"
L'intéressé sourit. "Je crois que vous êtes la première personne depuis longtemps à me dire que j'ai fait une bonne saison." Il va même plus loin. "Je trouve, dit-il, que beaucoup de gens, notamment de nombreux journalistes allemands, ont exagéré mes performances." Mais il rappelle aussi que 2025 a été largement pourrie par des problèmes physiques. Rien qui ne l'ait empêché de jouer, certes. Mais de s'exprimer pleinement, oui. La remarque n'était pourtant pas aussi absurde que ça. Finalement, avoir fini au 3e rang à l'ATP, dans ce contexte, ce n'était pas si mal. "C'est même une fierté et ça me donne de l'espoir. Si j'ai fini 3e en jouant aussi mal, c'est que je peux espérer quelque chose en retrouvant mon meilleur niveau."
0-5 face au Top 10 cette saison
Tout était là. Avant de savoir comment battre un Alcaraz ou un Sinner, il lui fallait déjà redevenir lui-même pour se redonner une chance de viser haut. Une condition pas forcément suffisante, mais un indispensable préalable. "Je n'ai pas bien joué l'année dernière, a-t-il encore consenti vendredi après sa qualification pour la finale de Roland-Garros. Mais j'ai toujours été convaincu que ça reviendrait." Il doit retrouver l'habitude de gagner. Depuis son sacre au Rolex Paris Masters en novembre 2024, il n'a soulevé qu'un seul trophée, à Munich (ATP 500), en avril 2025. C'était il y a 14 mois. Même quand il avait été absent en raison de sa grave blessure à la cheville, il était resté à peine plus longtemps sans victoire.
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Une montée au filet puis un passing pour le titre : la balle de match de Zverev face à Shelton
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Son accession à la finale de Roland-Garros semble témoigner de son retour au premier plan. Est-ce totalement le cas ? Au-delà des titres qui lui ont fait défaut, son taux de réussite face au Top 10 a drastiquement chuté depuis l'Open d'Australie 2025 : 14 matches, 11 défaites pour seulement 3 victoires, et aucune jusqu'ici lors de la saison 2026 (il est à 0 sur 5).
Il s'est passé beaucoup de choses, négatives surtout, depuis la finale de Melbourne il y a quasiment un an et demi. "Mais ça ne m'a pas paru si long", jure-t-il. Et qu'on le veuille ou non, il est à un match de devenir un vainqueur en Grand Chelem. Que Sinner, Alcaraz ou Djokovic ne soient pas ou plus là, ce n'est pas son affaire. Dimanche, il va reprendre ses bonnes habitudes. Une finale de Grand Chelem par an ces trois dernières saisons. À lui de chasser les mauvaises en ne ratant pas une quatrième finale. Il a bien fait le boulot dans cette quinzaine. Reste à le terminer.
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