Roland-Garros 2026 - Demi-finales - Cette fois, Alexander Zverev a l'air d'y aller tout droit
Par Laurent Vergne
Mis à jour 05/06/2026 à 18:40 GMT+2
Alexander Zverev jouera bien sa 4e finale de Grand Chelem. La deuxième à Roland-Garros. Face à Jakub Mensik, maîtrisé en quatre sets (7-6, 6-2, 3-6, 6-3) vendredi, l'Allemand a encore affiché un impressionnant contrôle des évènements et de lui-même. Peut-il encore trébucher sur la dernière marche ? Ce n'est pas impossible, mais il a l'air si solide que cette fois, c'est peut-être bien la bonne.
Alexander Zverev
Crédit: Getty Images
Le pourquoi du comment
Alexander Zverev a été à la hauteur de son rang et de l'évènement. Jakub Mensik, lui, n'a pas été tout à fait lui-même. Trop peu longtemps, en tout cas. La combinaison de ces deux éléments explique non seulement l'issue de cette demi-finale, mais aussi son absence globale de relief. Pour cela, il aurait fallu être deux. Or Zverev s'est retrouvé un peu seul à évoluer à son meilleur niveau.
Dommage, car le Mensik version night session de mardi face à João Fonseca aurait eu de quoi bousculer et même menacer Sascha Zverev. Aucun doute là-dessus. Mais c'est une version bien différente de lui-même, nettement plus inoffensive, que le Tchèque a offert vendredi après-midi sur le court Philippe-Chatrier. Il était plus emprunté. Moins conquérant. Un peu fatigué, peut-être. Un brin tendu aussi, sans doute. Le premier set, accroché, aurait pu avoir valeur de tour de chauffe, mais ce fut en réalité le "sommet" de ce duel.
Un peu comme contre Rafael Jodar en quart de finale, une fois aux commandes au score, Zverev n'a plus jamais perdu le contrôle de son match. Même la perte du troisième set, à la faveur d'un net coup d'accélérateur de Jakub Mensik, n'a pas suffi à le faire dérailler. Sa marge était trop grande, tout comme l'inconstance de son jeune rival. Zverev a donc pu dérouler sans trop d'accroc, réciter sa partition sans sourciller. Il reste d'un calme implacable, bien ancré dans ses certitudes.
Le moment clé
La fin de la première manche où, en quelques minutes, Jakub Mensik a été en mesure de réussir le premier break du match avant de finalement céder le premier. Le Tchèque pourra regretter ces trois balles de break à 4-3 en sa faveur. A 5-5, c'est lui qui a coincé et Zverev a su sauter sur sa toute première opportunité.
Le premier acte s'est joué là et, d'une certaine manière, une grande partie de cette demi-finale. Même si Mensik a brièvement relancé l'intérêt de la rencontre en chapardant le troisième set, le mal était fait pour lui. Le premier set valait très cher, surtout pour le plus jeune des deux, novice dans un match de cette importance. Et comme en prime il était sorti vainqueur des 20 matches en 2026 où il avait remporté la manche initiale, cela ne lui aurait pas fait de mal de virer en tête.
La stat : 1
Alexander Zverev n'a perdu qu'un seul des 40 derniers matches qu'il a joués ici à Roland-Garros contre un joueur classé en dehors du Top 10. Soit depuis 2018. Cette unique exception se nomme Jannik Sinner. C'était en 2020, en huitièmes de finale, alors que le tout jeune Italien, 19 ans à l'époque, était 75e mondial. En dehors de ça, le Hambourgeois est intraitable. Jakub Mensik n'a pas échappé à la règle.
La décla : Alexander Zverev
Je savais que ce serait mon défi le plus difficile jusqu'ici. Jakub a joué un tennis incroyable dans le troisième set. Mais c'est un Grand Chelem, c'est le format en trois sets gagnants. Votre adversaire peut élever son niveau de jeu d'un seul coup et vous rendre le match plus compliqué. J'ai su gérer ce passage, heureusement pour moi, et je suis vraiment heureux de retrouver la finale dimanche.
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"Zverev est obligé de gagner le tournoi"
Video credit: Eurosport
La question : Zverev a-t-il fait le plus dur ?
Dans ce tournoi où les têtes d'affiche sont tombées les unes après les autres, certaines avant même le début de la bataille (Alcaraz, Fils), les autres au fil des tours, à commencer par Sinner et Djokovic, Alexander Zverev aura eu l'immense mérite de tenir debout. Dans ce bas de tableau, il aura ainsi justifié jusqu'au bout son statut de tête de série numéro 2. Son plus grand mérite, depuis une grosse semaine, c'est d'avancer comme si rien n'avait changé. Comme si Sinner et/ou Djokovic étaient toujours là.
"Ça ne change rien pour moi", avait-il juré à propos de l'élimination de ses deux principaux rivaux sur le papier dans ce tournoi. On ne le croyait pas forcément sur parole, mais, jusqu'ici, il n'a montré aucun signe de nervosité particulière. La pression supplémentaire sur ses épaules ? Ce discours du "maintenant ou jamais" pour gagner un Grand Chelem ? Rien ne l'affecte, ou il n'en montre rien. Il avait donné la leçon au jeune Jodar. On demandait à voir face à Mensik, tant le Tchèque avait épaté en quart de finale, mais s'il a lâché un set vendredi, Zverev a toujours gardé la main. Il a fait mal chaque fois que cela a été nécessaire.
Son parcours sans accroc s'apparente à un sans-faute. Il ne lui reste donc plus qu'une marche et un match pour entrer dans le cercle des vainqueurs en Grand Chelem. C'est à la fois si peu et tellement gigantesque. Ce sera face à un Italien, mais pas Jannik Sinner. Et pas davantage contre Carlos Alcaraz, qui a joué les briseurs de rêve à quelques reprises, à commencer par sa précédente finale à Paris, il y a deux ans. Pas plus Novak Djokovic, ni même Dominic Thiem, son tout premier fantôme, celui de l'US Open 2020.
Qu'il s'agisse de Flavio Cobolli et, plus encore, de Matteo Arnaldi, il partira donc dimanche avec une colossale étiquette de favori. Le poids de l'Histoire, le poids de SON histoire, tout ceci sera tout sauf neutre. Il devra s'en affranchir. Une fois de plus. Une dernière fois. L'attente va être longue. Sans doute pas les 48 heures les plus faciles à gérer de sa carrière. Mais il a l'air de taille à supporter la pression et l'enjeu. Maintenant, et il le sait, Sascha reste le plus grand danger pour Zverev. L'ennemi intérieur, la menace, c'est lui. Plus que jamais.
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