Roland-Garros 2026 - Finale messieurs - Sinner non, Cobolli oui ? Panatta aura peut-être raison, mais pas comme prévu
Par Laurent Vergne
Publié 07/06/2026 à 00:18 GMT+2
Unique vainqueur italien de Roland-Garros dans l'ère Open, Adriano Panatta avait été le roi de Paris il y a pile 50 ans, en 1976. C'est lui qui remettra le trophée au vainqueur, dimanche. Ce ne sera pas Jannik Sinner, comme lui (et à peu près tout le monde) l'avait envisagé. Mais ce sera peut-être un autre de ses héritiers, Flavio Cobolli, qui va défier Alexander Zverev en finale.
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Cela ne pouvait être que lui. Il y a 50 ans, Adriano Panatta entrait dans la légende en remportant Roland-Garros, après avoir sorti notamment Björn Borg en quarts de finale. Depuis, l'Italie attend son successeur. Pour fêter ce demi-siècle, l'organisation du tournoi a eu la bonne idée de lui demander de remettre la coupe des Mousquetaires au vainqueur du simple messieurs, dimanche. Pour que l'histoire soit belle jusqu'au bout, il se serait bien vu la remettre à un compatriote. Ce sera peut-être le cas. Mais pas celui auquel il avait pensé.
Petit retour en arrière. Un saut de trois semaines dans le rétro. À Rome, le 17 mai dernier, Jannik Sinner remportait le seul Masters 1000 qui manquait encore à son palmarès. Le dernier vainqueur italien avant lui était, déjà, Adriano Panatta. Là aussi, 50 ans avant lui. La légende romaine, 75 ans mais toujours en forme, s'attendait à vivre la même succession à Roland-Garros. "Je n'entendrai plus les gens me dire 'Ça fait 50 ans qu'on n'a plus gagné à Rome ou à Roland-Garros'. Là, il y a un Italien qui va pouvoir gagner les deux tournois en l'espace de quelques jours", avait-il confié dans un entretien à l'AFP dans la capitale italienne.
Il était sûr de lui. À sa décharge, Panatta n'était pas le seul. Carlos Alcaraz forfait, rien ni personne ne devait empêcher Jannik Sinner de compléter le Grand Chelem en carrière en s'emparant de l'unique levée qui lui fait encore défaut. La suite est désormais connue. Le numéro un mondial, victime d'un coup de chaud, de moins bien, ou les deux, a disparu dans des conditions rocambolesques dès le deuxième tour, ouvrant totalement ce tableau à la concurrence, y compris aux autres Italiens. Trois se sont ainsi hissés en quarts de finale, deux dans le dernier carré, et Flavio Cobolli représentera la Botte dimanche en finale face à Sascha Zverev.
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50 ans après Panatta, tout Rome attend Sinner
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Je ne me reconnais pas dans le tennis actuel
Il Signore Panatta le jure, même avec la disparition de Sinner, il restait confiant quant à ses chances de voir un de ses héritiers jouer sous ses yeux le 7 juin. "Je l'avais annoncé dès l'élimination de Sinner. Il y avait encore des grands espoirs pour l'Italie dans le tableau", a-t-il assuré jeudi dans les colonnes du quotidien Il Fatto Quotidiano, à la veille de la demi-finale entre Flavio Cobolli et Matteo Arnaldi, qui garantissait déjà la présence d'un Italien en finale. Ce match, historique pour le tennis transalpin, n'a finalement pas eu lieu, Arnaldi étant touché par un virus et contraint au forfait.
La présence de Flavio Cobolli est une sorte de cerise sur le gâteau, comme l'aurait été celle de Matteo Berrettini, pur Romain comme Panatta. Cobolli est né à Florence, mais il est un Romain d'adoption, donc tout va bien. L'histoire serait vraiment savoureuse, même si l’ancien avoue goûter modérément l'évolution de son sport, quand bien même son pays y vit des superbes heures de gloire. "Je ne me reconnais pas dans le tennis actuel, dit-il. Comme la balle va plus vite, les joueurs actuels ont moins de temps pour penser, les solutions sont plus difficiles à trouver, il faut jouer et frapper fort, c'est un tennis complètement différent, moins pensé, moins tactique".
Il considère pourtant sans problème que Jannik Sinner est de la race des seigneurs. "C'est le prototype de la génération actuelle, c'est un grand champion, un 'fuoriclasse' comme on dit en Italie, un joueur hors catégorie". Son successeur à Rome et son successeur annoncé à Paris. Si ce n'est lui, ce sera donc peut-être Flavio Cobolli. Sinon, tant pis, il transmettra la coupe des Mousquetaires à Alexander Zverev, celui-là même dont il avait dit le mois dernier à Rome qu'il allait "arrêter de le regarder", tant il était déçu par son jeu. Comme quoi. Dans tous les cas, la remise du trophée aura un petit côté croustillant dimanche...
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