Roland-Garros 2026 - Mirra Andreeva, une première victoire en Grand Chelem et une promesse pour l'avenir

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Mirra Andreeva a remporté samedi à Roland-Garros son premier tournoi du Grand Chelem, à l'occasion de sa première finale. Avec ce succès face à Maja Chwalinska (6-3, 6-2), la Russe de 19 ans signe pour de bon son entrée dans la cour des très grandes. Est-ce le début d'une immense carrière ? Notre antisèche.

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Le pourquoi du comment

Un match bizarre. Comme ce tournoi. Ou atypique, disons, à l'image de cette affiche entre une surdouée de 19 ans d'un côté, et une 114e mondiale issue des qualifications de l'autre. Alors qu'on assistait à la première finale de Grand Chelem depuis quatre ans entre deux joueuses qui n'en avaient jamais disputé, le début de rencontre s'en est ressenti, avec un faux rythme et quatre breaks de suite pour lancer la partie.
Le vent s'étant aussi invité à la fête, perturbant déjà nettement l'échauffement des deux joueuses avec un toit ouvert juste avant le début de la rencontre, ce ne fut pas un sommet de tennis durant 1h22, loin s'en faut. Ce n'est pas dans ce contexte ni devant cet enjeu que Chwalinska allait modifier son approche ou son plan de jeu. La si singulière gauchère a titillé, durant une moitié de set, la 8e joueuse mondiale avec ses cloches de fond de court, ses revers slicés à deux mains et ses services très travaillés atteignant à peine la puissance des deuxièmes balles de la Russe.
Mais cette dernière a eu le mérite de ne pas tomber dans le piège, comme avait notamment pu le faire Diane Parry, incapable de trouver la réponse face à cette joueuse capable d'être une formidable contre-attaquante et de ne jamais vous envoyer deux fois de suite la même balle. Andreeva n'a pas cogné sur chaque coup droit, n'a pas perdu patience côté revers et a elle aussi été capable de varier et de recourir aux cloches s'il le fallait. A partir de 3-3 dans la première manche, le jeune prodige a ainsi pris le match en main. Et ne l'a plus lâché. Face à la maîtrise de son adversaire, les limites de la Polonaise sont apparues plus nettement. Elle n'avait pas affronté la moindre membre du top 20 pour se hisser jusqu'en finale et samedi, la marche était beaucoup trop haute.

Le moment clé

Alors que Chwalinska est dans le creux de la vague, et vient de concéder cinq jeux de suite qui lui ont coûté la première manche et un break d'entrée de deuxième, la Polonaise s'offre trois balles de débreak pour revenir à 2-1. Mais à 0-40, Mirra Andreeva ne s'affole pas et sert le jeu, notamment sur l'un des plus beaux rallyes de la rencontre conclu au filet. Un gros coup de massue sur la tête de son adversaire, qui ne s'en relèvera pas.

La stat : 34

Voilà 34 ans que Roland-Garros n'avait pas vu une si jeune joueuse s'imposer en finale. Il fallait ainsi remonter à 1994 avec Monica Seles (18 ans et 6 mois) pour retrouver trace d'une telle prouesse. Du haut de ses 19 ans et 1 mois, Andreeva est par ailleurs devenue la 10e plus jeune joueuse de l'ère Open à remporter son premier titre en Grand Chelem.

La décla : Mirra Andreeva

Un merci spécial à mon psychologue, qui travaille avec moi depuis un an et demi. Merci de me rendre meilleure. Je crois que ça n'a pas trop mal marché. Je veux aussi me remercier moi-même. De croire en moi, me donner à fond même quand c'est dur. Croire que je peux me battre contre mes démons. Je suis seule à savoir comme c'était dur pour moi pendant ces deux semaines.
 

La question : le premier d'une longue série ?

A 16 ans, Mirra Andreeva annonçait déjà vouloir remporter 25 tournois du Grand Chelem. Trois ans plus tard, la Russe a fait une partie du chemin. La plus dure ? Peut-être pas. Mais la première, en tout cas, ce qui n'est pas anodin quand on a fêté sa majorité il y a à peine plus d'un an. Samedi, la jeune prodige affrontait une adversaire moins bien classée, moins bien armée. Mais elle découvrait, elle aussi, les émotions d'une finale de Grand Chelem, face à une Polonaise qui avait nettement les faveurs du public du Philippe-Chatrier.
Le cocktail parfait, ou pas loin, pour tester les progrès mentaux effectués par la native de Krasnoïarsk, avec l'aide de sa coach Conchita Martinez et de son psychologue. On avait quitté Andreeva en larmes sur le court lors de sa première demi-finale Porte d'Auteuil il y a deux ans. On l'avait vue craquer l'année dernière face à Loïs Boisson en quart de finale. Cette fois, aucun signe d'une émotion prenant le dessus, à l'exception peut-être d'une fin de rencontre qui aurait certainement été beaucoup plus expéditive un tour plus tôt. Voilà qui ne fait que décupler l'idée qu'on se fait de son potentiel.
Les qualités tennistiques d'Andreeva sont évidentes et encore plus sur terre battue. Mais les voilà désormais validées sur la plus grande scène possible, résistantes à une pression inconnue jusqu'ici. Andreeva est désormais lauréate d'un trophée sur lequel la numéro 1 mondiale Aryna Sabalenka s'est toujours cassée les dents jusqu'ici. La Biélorusse, comme Elena Rybakina (2) ou Iga Swiatek (3), s'est arrêtée prématurément dans cette quinzaine, ce qu'on ne doit pas oublier dans l'analyse du succès d'Andreeva. Mais on risque de voir ces filles-là se croiser quelques fois sur les courts les plus prestigieux… comme au classement WTA ? C'est peut-être le début de cette histoire qui s'est écrit samedi.
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