Saison ATP - Février, mois qui ne ressemble à rien d'autre ou mois qui ne ressemble à rien ?
Par Laurent Vergne
Publié 01/02/2025 à 01:32 GMT+1
L'Open d'Australie est fini. La saison de tennis est maintenant entrée dans une phase un peu plus calme. Pas de Grand Chelem à l'horizon pour un bout de temps. Pas même un Masters 1000 dans les parages. Bienvenue en février, le mois vide en apparence mais pourtant le plus chargé du calendrier en nombre de tournois. Différent. Et plein de charme.
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"Février, c'est vraiment le mois qui ne sert à rien en tennis." Cette phrase, je l'ai lue ou entendue en plusieurs occasions, sur les réseaux sociaux et même un jour dans la bouche d'un confrère, dont je tairai le nom, secret professionnel oblige, comme disait Jean-François Manatane (pour les puristes, les autres chercheront).
Nous y voilà presque. En réalité, nous y sommes déjà. Par "mois de février", on entend surtout la période qui sépare la fin de l'Open d'Australie du début du Masters 1000 d'Indian Wells, soit les deux premiers rendez-vous capitaux du calendrier. Pourquoi dire que cette période ne sert à rien ? Parce que c'est le moment le plus anecdotique en termes d'enjeux.
Le calendrier ATP s'étend de janvier à novembre. Si l'on excepte décembre, celui de l'intersaison, où on ne joue pas, en dehors éventuellement de possibles lucratives exhibitions, le mois de février est le seul qui ne compte ni tournoi du Grand Chelem ni Masters 1000.
Mois le plus court, mois le plus long
Cherchez bien, il n'y a pas d'autre exception. Janvier est le mois de l'Open d'Australie. Mars celui des Masters 1000 US au soleil, avril et mai sont le théâtre des M1000 terriens en Europe, puis arrivent Roland-Garros (à cheval sur mai et juin) et Wimbledon (qui enjambe juin et juillet), avant la longue tournée nord-américaine sur dur (août-septembre), les Masters 1000 à Shanghai et Paris (octobre-novembre) pour finir en beauté avec les ATP Finals (novembre).
Tout ceci est bien huilé, bien orchestré, parfaitement rythmé, mais année après année, février demeure ce cas à part, dépourvu du moindre tournoi de grande envergure. Voilà pourquoi, aux yeux de certains, il ne sert pas à grand-chose. C'est le moment où on se remet des émotions australiennes tout en attendant la suite. Ce serait donc juste ça, février ? Une période de transition, le temps que tout le monde ne (re)passe aux choses sérieuses ?
C'est un peu court. Aussi court que février est dense. Car ce mois est un paradoxe ambulant du point de vue tennistique. Le mois le plus bref de l'année en nombre de jours est aussi le plus chargé en nombre de tournois. Et encore, cette année, la barque est un poil moins chargée. L'an passé, il y avait eu 13 tournois entre Melbourne et Indian Wells. Après Montpellier en apéritif, les quatre semaines suivantes affichaient un rythme de trois tournois par semaine !
Cette fois, le menu est un peu moins corsé. Montpellier, dont la finale se jouera ce dimanche, a encore ouvert le bal. Il y aura ensuite deux semaines à trois tournois. Au total, 11 échéances jusqu'à Indian Wells. Je comprends que l'on puisse trouver le temps long durant cette période. Pour ma part, c'est tout le contraire. C'est mars que je trouve laborieux et c'est plus vrai que jamais avec ces Masters 1000 à rallonge donc le rythme lancinant est une machine à susciter l'ennui.
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Ça sent la plage et l'hiver
Février regorge de charmes. Il y a du tennis tout le temps et presque partout. Et sur quasiment toutes les surfaces à l'exception du gazon. De l'indoor, en Europe. Du dur extérieur au Moyen-Orient, au Mexique et aux Etats-Unis. De la terre battue en Amérique du Sud. Il y en a pour tous les goûts et toutes les couleurs, du sud de la France à celui de l'Amérique, de Dubaï à Dallas, de Rotterdam à Acapulco, de Delray Beach à Buenos Aires. Ça sent à la fois le froid et le chaud, la salle et le grand air, la plage et l'hiver. C'est l'ère de tous les charmes, l'ère de tous les airs.
Puis c'est la fête du 500. Les ATP 500, il n'y a rien de mieux. Oui, c'est deux fois moins cotés qu'un 1000, mais quoi de plus difficile ? Parce que la densité y est souvent exceptionnelle. Prenez Rotterdam. Dommage que Jannik Sinner ait finalement renoncé mais, même sans le numéro un mondial, la présence de Carlos Alcaraz, mais aussi celles de Medvedev, De Minaur, Rublev, Rune, Tsitsipas et Fils font envie. Vous pouvez être aux portes du Top 20 mais ne pas être tête de série. Dès le premier tour, vous pouvez avoir des chocs, des vrais. Pékin, l'an dernier, avait ainsi été un des tournois de l'année et offert LE match de la saison.
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Bien sûr, rien ne dit que ce sera encore le cas ces prochaines semaines, mais d'une manière générale, les ATP 500 valent le détour. Ce sera puissance six en février : Rotterdam et Dallas, puis Doha et Rio et enfin Acapulco et Dubaï. C'est aussi, souvent, un mois pour franchir un cap ou se révéler. Ce fut le cas d'un Félix Auger-Aliassime à 18 ans. En 2024, Ugo Humbert avait grandi à cette période. Luciano Darderi et Facundo Diaz Acosta avaient décroché leurs premiers titres. Le tennis, ce sont aussi ces visages-là. Ces découvertes.
Si le tennis, pour vous, c'était jadis le Big 3 et rien d'autre, si ce n'est que Sinner et Alcaraz, si ce n'est que quatre tournois par an, les plus grands d'entre eux, ou à l'extrême rigueur quelques Masters 1000 en bonus, passez votre chemin et revenez en mars voire en mai. Sinon, restez dans le coin et voyagez sur la planète tennis. En février, c'est le moment ou jamais. Un mois pas comme les autres, vraiment.
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