Panoramic

Les 4 chantiers de Jo-Wilfried Tsonga sur la route du Masters

Les 4 chantiers de Tsonga sur la route du Masters
Par Eurosport

Le 12/10/2013 à 14:34Mis à jour Le 12/10/2013 à 15:18

Le Masters 1000 de Shanghai a permis à Jo-Wilfried Tsonga de revenir dans les points pour jouer la Masters Cup. Mais le chemin est encore long jusqu'à Londres. Car tout ne fut pas bon, à l'image de sa défaite face à Novak Djokovic samedi (6-2, 7-5).

L’Eurostar pour Londres se rapproche. A la lutte avec Roger Federer, Stanislas Wawrinka, Richard Gasquet et Milos Raonic pour s’adjuger l’une des trois places encore vacantes pour le Masters, Jo-Wilfried Tsonga a fait une bonne opération comptable en empochant les 360 points d’une demi-finale à Shanghai. Mais malgré ses trois victoires préalables et une résistance relative devant Novak Djokovic, l’actuel onzième à la Race, de retour après un été pourri par sa blessure au genou, a encore du travail à fournir dans le jeu pour retrouver le niveau qui a fait de lui un pensionnaire à long terme du Top 8.

1. Un service plus décisif

Si la qualité générale de l’engagement de Jo-Wilfried Tsonga lui a permis de passer sans sourciller les obstacles représentés par Pablo Andujar, Kei Nishikori et Florian Mayer, la qualité de relance de Novak Djokovic a mis en lumière la fébrilité du Français, mis sous pression sur l’une de ses armes majeures. En dix jeux de service, le Manceau s’est fait breaker pas moins de cinq fois, dont deux fois sur un jeu blanc ! Bloqué à 38% de réussite derrière sa seconde balle, limité à quatre aces par le Serbe – qui en a lui-même réussi 6 – "Jo" a aussi commis deux doubles fautes.

Bilan : Djokovic a engrangé plus de points gratuits au service que lui. Un comble pour un joueur habitué à squatter le podium des meilleurs serveurs sur l’ensemble de l’année. Toutes proportions gardées, ses matchs perdus contre Gilles Simon à Metz (56% de réussite seulement derrière sa première balle) et contre Ivan Dodig à Tokyo (un moyen 50% de réussite en seconde balle, face à un joueur au profil assez similaire au sien) soulignent eux aussi que le Français manque de rythme sur son arme habituellement fatale.

jt

jtAFP

2. Plus de régularité à l’échange

Jo-Wilfried Tsonga est un adepte de la prise de risques. C’est d’ailleurs ce qui fait le charme de son tennis et en fait un joueur craint de ses adversaires, car imprévisible. Il doit toutefois retrouver un compromis entre prise de risques calculée et risques inconsidérés. Face à Djokovic, comme face à Dodig la semaine dernière, il n’est que trop rarement parvenu à dicter le jeu en coup droit (5 maigres points gagnants sur ce coup). Une frappe, aucun problème ; deux, oui ; trois, passe encore… Au-dessus, cela devenait du quitte ou double face aux qualités défensives de Djokovic.

Face au Serbe, il est souvent parti à la faute dans des échanges où il dirigeait pourtant les débats depuis sa ligne (35 fautes directes au total), et n’a du coup pas été assez régulièrement capable de mettre Djokovic sous pression sur ses mises en jeu. Mais comme pour le service, c’est un domaine où il n’y a guère lieu d’être inquiet : une fois repris le rythme de la compétition et avec une "caisse" au diapason, le Français redeviendra un poison au moindre décalage coup droit tenté.

3. Un meilleur revers

Cela restera jusqu’à la fin de sa carrière le maillon faible de sa panoplie. Face à David Ferrer, cela lui a même coûté en grande partie une finale à Roland-Garros. Paradoxalement, Jo-Wilfried Tsonga n’a pas réalisé un mauvais match en revers. Du moins au début. Face à un Djokovic qui le cherchait systématiquement sur ce coup, il ne s’est pas démonté, réussissant plusieurs accélérations gagnantes en long de ligne, puis croisées court. Mais ce revers s’est progressivement délité dans la partie, jusqu’à lui coûter des points importants, qu’il s’agisse de slices trop neutres – voire flottants et extérieurs – ou de coups à plat restés dans le filet. Tout le travail pour lui, à court terme mais surtout avec son prochain entraîneur qu'il recherche toujours, sera de retrouver une pleine confiance sur ce coup à tout moment du match, même sur des fins de set et de match tendu.

jtt

jttAFP

4. Un jeu au filet plus tranchant

Treize montées gagnantes en trente-et-une tentatives. Un ratio loin d’être infâme face à l’un des meilleurs relanceurs du circuit, mais clairement insuffisant lorsque, comme Jo-Wilfried Tsonga, on ambitionne de faire du jeu d’attaque plus qu’une simple option occasionnelle pour brouiller les cartes. Dominé à l’échange par Djokovic, le Français a changé de tactique dans le deuxième set de leur demie pour se ruer au filet. Une tactique payante, comme l’indique le score, mais qui aurait pu l’être encore plus sans une exécution trop souvent en déséquilibre.

Reste que, là aussi, beaucoup de choses devraient s’améliorer avec un meilleur déplacement : quand Tsonga sera à deux pas du filet au moment de négocier sa volée, et non pas encore en pleine course au niveau de la ligne du carré de service, il redeviendra du même coup beaucoup plus difficile à passer. En aura-t-il le temps d’ici Bercy où, comme chaque année, s’attribueront les derniers sésames pour la grand-messe de Londres ? A lui de répondre.

0
0