Sinner, Musetti, Cobolli, Darderi... L'Italie est partout (et ce n'est pas fini)
Par Laurent Vergne
Publié 02/03/2026 à 14:56 GMT+1
Les Italiens ont encore frappé très fort ce week-end. 500, 250, Challenger, dur, terre battue… Ils ont brillé à tous les niveaux et sur tous les terrains. Derrière le crack absolu Jannik Sinner et un lieutenant de luxe en la personne de Lorenzo Musetti, Flavio Cobolli et Luciano Darderi, titrés respectivement à Acapulco et Santiago ce week-end, grimpent eux aussi à vitesse grand V.
Jannik Sinner et ses lieutenants
Crédit: Quentin Guichard
Si Jannik Sinner connait un petit retard à l'allumage en ce début d'année 2026, le tennis italien va mieux que jamais. C'est une nouvelle semaine de rêve qui vient de s'achever, avec les titres de Flavio Cobolli à Acapulco sur dur (ATP 500) et de Luciano Darderi sur terre battue à Santiago (ATP 250). Heureux Transalpins, qui disposent chez les hommes à la fois de la qualité et de la quantité au sein de l’élite. Il y a Sinner, bien sûr, mais derrière, ça pousse. Fort et bien. Mieux, ce n'est sans doute que le début.
Au dernier pointage du classement ATP, Sinner occupe toujours la deuxième place et demeure l'incontestable chef de file italien. Son lieutenant, Lorenzo Musetti, est numéro 5 mondial. Deux membres du Top 5, c'est exceptionnel. Derrière, Flavio Cobolli atteint ce lundi son meilleur classement, au 15e rang. Quant à Darderi, il touche lui aussi un nouveau point haut dans sa carrière. Il est 21e. Il n'est donc le numéro quatre de son pays, mais dans bien des nations, il ferait un fer de lance très présentable. En France, par exemple, il serait tranquillement le leader national...
La cuvée 2022 a sacrément bondi en un an
Il y a un an, Sinner était évidemment déjà au top, mais il se sentait nettement plus seul sur les hauteurs du tennis masculin. Les accomplissements exceptionnels du Trentinois depuis l'automne 2023 ont clairement provoqué un effet d'entraînement. Il a tiré tout le monde vers le haut, tout particulièrement les joueurs de sa génération. Car ces garçons sont encore bien jeunes. Sinner, l'ainé, a 24 ans. Il atteindra le quart de siècle en août prochain. Les trois autres sont tous de la génération 2002. Darderi vient de fêter ses 24 ans, Musetti l'imitera ce mardi et Cobolli début mai. Ils ont encore tout l'avenir devant eux.
L'avancée des trois membres de la cuvée 2002 aura été très spectaculaire ces douze derniers mois. Petit coup d'œil dans le rétro, vers le classement ATP au début du mois de mars 2025. Lorenzo Musetti était 16e et n'avait encore jamais mis les pieds dans le Top 10. Cela n'allait pas tarder, à la faveur d'un énorme printemps terrien : finale à Monte-Carlo, demie à Madrid, à Rome puis à Roland-Garros. Quant à Cobolli et Darderi, ils étaient bien plus loin, respectivement en 40e et 60e position au classement.
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Cobolli vient à bout de Tiafoe pour le titre : les meilleurs moments
Video credit: Eurosport
L'Italie est moins représentée dans le Top 100 que d'autres pays, à commencer par la France ou les États-Unis, qui tiennent le haut du pavé dans ce domaine. Ils ne sont que huit Transalpins dans les 100, la marque souvent utilisée comme point de référence. Ils étaient 10 l'an dernier à la même époque. Certains ont reculé, pour diverses raisons, comme les deux Matteo, Berrettini et Arnaldi, Mattia Bellucci et surtout le jeune Luca Nardi, 67e en mars 2025 à seulement 21 ans, mais aujourd'hui sorti du Top 100. Reste qu'en s'approchant des sommets, le quatuor de tête italien a quelque chose d'inégalable, rappelant un peu l'Espagne des années 2000-2010.
Cina, plus jeune membre du Top 200
La force du tennis italien, c'est à la fois de pouvoir briller partout, tout en disposant encore d'une forte marge de progression. Laissons Sinner de côté. Sinner, c'est Sinner. Mais un Musetti a déjà des demies à Roland-Garros et Wimbledon. Cobolli a des titres en 500 sur terre et, depuis dimanche, sur dur. Et il était en quarts de finale à Wimbledon l'été dernier. Luciano Darderi, lui, est davantage étiquetté "pur terrien". D'ailleurs, personne sur le circuit n'a gagné davantage de tournois que lui sur terre depuis deux ans. Mais il doit étoffer sa palette quand Cobolli, lui, devra se départir d'une forte propension à l'inconstance.
L'Italie compte 26 titres depuis le début de l'année 2024. Les États-Unis et l'Espagne suivent avec… 15 titres sur la même période, très loin derrière donc. Sachant que, pour ce qui est du cas ibérique, Carlos Alcaraz en apporte 12 à lui seul. Le Murcien est gigantesque, mais le tennis espagnol ne l'est plus. Nous ne sommes plus au temps de Nadal. La Botte vit clairement une période glorieuse et dorée, avec deux membres du Top 5, trois dans le Top 15 et quasiment quatre dans le Top 20 avec, bien sûr, en figure de proue, un des deux champions les plus dominateurs du moment.
Est-il possible d'imaginer voir ces quatre-là simultanément dans le Top 10 d'ici quelques mois ? Ce serait historique et, aussi difficile soit la mission, elle n'est pas impossible, même si Darderi part tout de même d'assez loin. Le pire, ou le meilleur, c'est selon, c'est qu'il y a encore la place pour faire mieux. Si un Luca Nrdi retrouve forme et confiance, par exemple. Puis, il y a la relève de la relève. Dimanche, le jeune Federico Cina, 18 ans, a soulevé le trophée au Challenger de Pune, en Inde, sauvant cinq balles de match sur la route du titre. Ce lundi, il émerge à la 183e place du classement ATP. Il est tout simplement le plus jeune membre du Top 200. Une promesse de plus. Il en sort de partout. Heureuse Italie...
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