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Un Wawrinka-Tsitsipas de légende, le show Kyrgios : Notre top 10 des matches masculins en 2019

Un Wawrinka-Tsitsipas de légende, le show Kyrgios : Notre top 10 des matches masculins en 2019

Le 05/12/2019 à 08:53Mis à jour Le 05/12/2019 à 11:33

Rafael Nadal et Novak Djokovic ont eu beau s'accaparer les quatre levées du Grand Chelem, ils n'ont pas monopolisé l'attention en 2019. Nous vous proposons un retour, forcément subjectif et non exhaustif, sur les 10 duels qui ont rythmé la saison. Ce classement s’appuie évidemment sur la qualité du tennis proposé, mais aussi sur l'opposition des styles, le suspense et les émotions générées.

1. Nadal - Medvedev, finale de l’US Open : 7-5, 6-3, 5-7, 4-6, 6-4

Pour rallier cette dernière finale de l’année en Grand Chelem, ni Rafael Nadal, ni Daniil Medvedev n’ont eu à se défaire du moindre membre du top 20. Une véritable hécatombe a touché les têtes de série à Flushing, Novak Djokovic et Roger Federer, blessés, tombant respectivement en huitième et en quart. Mais l'identité des deux finalistes n'a rien de farfelu puisqu'ils ont remporté les Masters 1000 de préparation sur le ciment américain à Montréal et Cincinnati.

Grand favori, le Majorquin, qui avait écrasé Medvedev au Canada (6-3, 6-0), mène sa barque sereinement dans les deux premiers sets en variant bien les effets pour gêner son adversaire. Mais le natif de Moscou se rebelle, élève considérablement son niveau et s’octroie les deux manches suivantes dans une ambiance indescriptible. La fin de partie est folle : malgré deux breaks de retard, Medvedev ne lâche rien et est à un point de revenir à 5-5, mais Nadal s’en sort finalement pour glaner son 19e titre majeur. Malgré la défaite après presque cinq heures, le Russe s’est prouvé qu’il pouvait rêver d’un titre en Grand Chelem, un domaine pourtant quasi-réservé aux trois monstres du circuit.

Vidéo - C'était beau, c'était grand : Les temps forts d'une finale inoubliable

03:00

2. Wawrinka - Tsitsipas, huitième de finale de Roland-Garros : 7-6(6), 5-7, 6-4, 3-6, 8-6

Voilà un chef d’œuvre que les spectateurs de ce dimanche 2 juin sur le court Suzanne-Lenglen ne sont pas près d’oublier. Pour la première fois depuis ses opérations du genou à l’été 2017, Stan Wawrinka dispose de l’intégralité de ses moyens physiques et de suffisamment de confiance pour constituer à nouveau une menace en Grand Chelem. Stefanos Tsitsipas sort, lui, d’un printemps sur terre convaincant (titre à Estoril, finale à Madrid, quart à Rome), et le duel fait des étincelles pendant plus de cinq heures (5h09 précisément) à couper le souffle.

Que de parpaings envoyés, de superbes revers à une main ou d’amorties délicatement distillées ! C’est finalement le plus expérimenté des deux qui a le dernier mot après avoir sauvé 22 balles de break sur 27, dont 8 dans la manche décisive achevée par un revers slicé flottant qui accroche un bout de ligne, laissant le Grec impuissant et décontenancé. Tsitsipas aura du mal à s’en relever, ne retrouvant l’inspiration que lors de la tournée asiatique automnale.

Vidéo - Wawrinka - Tsitsipas : Les meilleurs moments d'un chef-d'oeuvre

03:00

3. Djokovic – Federer, finale de Wimbledon : 7-6(5), 1-6, 7-6(4), 4-6, 13-12(3)

Ce 14 juillet 2019 pèsera peut-être bien lourd dans l’histoire du jeu. Vainqueur de Rafael Nadal en demi-finale sur le gazon du Centre Court, Roger Federer se voit confronté à un défi qu’il n’a jamais relevé en Grand Chelem : enchaîner face à son autre grand rival Novak Djokovic pour un 21e titre majeur. A 38 ans, l’exploit serait fou. Et malgré une légère supériorité dans le jeu, il se retrouve mené un set à zéro, puis deux manches à une, sans avoir eu une seule balle de break à sauver.

Pourtant, le Suisse ne se frustre pas, s’offre le droit de disputer un cinquième set et touche au but à 8-7, 40/15 sur son service. Il tremble alors quelque peu, tandis que le Serbe, monstre de sang-froid face à un public hostile, aligne quatre points pour revenir à hauteur, avant de l’emporter à l’issue du premier tie-break décisif de l’histoire du tournoi de simple. Vainqueur d’une finale de quasiment cinq heures, déroutante tant il en a été absent par séquences et haletante sur la fin, le "Djoker" brandit son 16e trophée en Grand Chelem et se rapproche ainsi du record de Federer.

4. Djokovic – Del Potro, quart de finale de Rome : 4-6, 7-6(6), 6-4

Juan Martin Del Potro n’a pas eu beaucoup d’occasions de se réjouir en 2019. Ecarté des courts une grande partie de l’année en raison d’une fracture à la rotule du genou droit, l’Argentin a tout de même prouvé qu’il restait un joueur à part lors de ce quart de finale romain face à Novak Djokovic, alors numéro 1 mondial. Dejà vainqueurs chacun d'un match dans la matinée à cause du retard de programmation dû à la pluie, les deux joueurs se rendent coup pour coup dans une "night session" électrique.

Pour son troisième tournoi de l’année seulement, Del Potro s’engage dans chaque frappe comme à ses plus belles heures et se procure deux balles de match dans le tie-break du deuxième set. Mais son coup droit, arme fatale, le lâche au moment capital. Le Serbe s’engouffre dans la brèche pour chaparder la manche et prend le dessus physiquement par la suite. Il se dira "chanceux" de l'avoir emporté après trois heures d’une bataille tennistique farouche, un régal pour les yeux.

Vidéo - Un combat de 3 heures et le gladiateur Djokovic est venu à bout de Del Potro

03:11

5. Thiem - Djokovic, match de poule du Masters : 6-7(5), 6-3, 7-6(5)

Dans un "tournoi des Maîtres" de grande qualité, ce fut un sommet et un tournant. Alors toujours en course pour la place de numéro 1 mondial et sur la lancée de son titre à Paris-Bercy, Novak Djokovic se présente sur le court dans la peau du favori logique, même si Dominic Thiem sort d’un succès probant contre Roger Federer. Le duel est féroce et le Serbe semble prendre l’avantage en s’adjugeant le premier set au jeu décisif. Mais l’Autrichien, dominateur à l’échange et plus entreprenant (50 coups gagnants), parvient à remettre les compteurs à zéro.

Constamment agressé, le "Djoker" se voit contraint de faire le mur deux mètres derrière sa ligne de fond. Il refuse pourtant la défaite en débreakant alors que son adversaire servait pour le match à 6-5 dans le dernier acte. Mal embarqué dans le tie-break (4/1 contre lui), Thiem trouve finalement des ressources exceptionnelles pour s'imposer après 2h47 d’une intensité rare. Djokovic ne s’en relèvera pas, balayé par un Federer des grands soirs deux jours plus tard.

Vidéo - Thiem ultra-agressif, Djokovic formidable contreur : quel combat !

03:31

6. Kyrgios - Tsitsipas, demi-finale de Washington : 6-4, 3-6, 7-6(7)

Quand Nick Kyrgios veut, souvent il peut. De bonne composition pour démarrer l’été américain sur dur, le fantasque Australien joue le feu à Washington. En demi-finale, un client se dresse face à lui en la personne de Stefanos Tsitsipas, 6e joueur mondial. Très concentré, explosif au service, Kyrgios domine les débats d’entrée et fait parler la poudre en coup droit. Le premier set en poche, il poursuit son show et joue les livreurs de chaussures pour son adversaire, pour la plus grande joie du public américain, hilare.

Aussi instable que génial, il perd légèrement le fil ensuite, permettant à son adversaire de recoller logiquement. Impeccables sur leur engagement, les deux joueurs se départagent dans un tie-break très indécis. Sur la balle de match qui lui ouvre les portes de la finale, Kyrgios demande à un spectateur où servir (un gag récurrent tout au long de la semaine), avant de le féliciter pour son choix une fois l'affaire pliée. Un match popcorn.

Vidéo - Points de folie, danse et célébration avec le public : le show Kyrgios continue

04:48

7. Kyrgios - Nadal, 2e tour d’Acapulco : 3-6, 7-6(2), 7-6(6)

A chaque fois que Nick Kyrgios croise un cador du circuit, ses yeux s’illuminent et ses canines s’aiguisent. Avant de débarquer à Acapulco fin février, l’Aussie ne compte que deux victoires sur le circuit. Mais au Mexique, il sort le grand jeu face à Rafael Nadal, pourtant finaliste de l’Open d’Australie un mois plus tôt. Malgré un set de retard, Kyrgios monte progressivement en température, enchaînant les coups improbables et spectaculaires comme un revers court croisé slicé qui laisse sur place son adversaire.

Revenu à hauteur, mais sur un fil dans la manche décisive, il sauve notamment trois balles de match dans l’ultime tie-break avant de triompher. Le combat aura duré plus de trois heures durant lesquelles il a provoqué le public et parfois son adversaire. La poignée de main est fraîche entre les deux hommes qui échangeront des mots doux dans la presse par la suite. Sur sa lancée, Kyrgios ira chercher le titre, s’offrant trois Top 10 en tout, après des séances quotidiennes de jet-ski. Un sacré loustic décidément.

Vidéo - Bras de fer du fond, volée plongeon et sifflets du public : revivez la victoire de Kyrgios sur Nadal

02:43

8. Tsitsipas - Federer, huitième de finale de l’Open d’Australie : 6-7(11), 7-6(3), 7-5, 7-6(5)

Melbourne a peut-être mis en scène un passage de témoin symbolique, 18 ans après ce fameux huitième de finale de Wimbledon entre le roi d’alors Pete Sampras et le jeune Roger Federer. En Australie, c’est bien le "vieux" Suisse qui tient le rôle de l’idole déboulonnée par le talentueux et ambitieux Stefanos Tsitsipas. Face à un joueur aussi agressif que lui, Federer semble pourtant légèrement au-dessus dans la première partie de ce duel d’esthètes.

Il arrache la manche inaugurale mais ne parvient pas à faire la différence sur le service adverse dans la suivante qui lui échappe finalement contre le cours du jeu. Malheureusement pour lui, cette inefficacité le poursuit tout au long du match avec un ahurissant 0/12 sur ses balles de break. De l’autre côté du filet, le Grec voit son audace payer et instille peu à peu le doute dans l’esprit de son adversaire qui finit par lâcher prise après 3h45 d’un match référence… pour Tsitsipas qui poussera l'aventure jusqu'au dernier carré.

Vidéo - De l'audace et un mental de fer : Comment Tsitsipas a déboulonné Federer

03:06

9. Nishikori - Carreno Busta, huitième de finale de l’Open d’Australie : 6-7(8), 4-6, 7-6(4), 6-4, 7-6(8)

L’affiche peut laisser perplexe de prime abord. Entre Kei Nishikori et Pablo Carreno Busta, deux métronomes en fond de court qui manquent de personnalité, difficile de s’attendre à des étincelles. Mais le sport et le tennis ont cela de merveilleux qu’ils peuvent réserver de sacrées surprises. Ce match tient finalement en haleine les spectateurs australiens, d’abord grâce à son scénario : mené deux manches à rien, le Japonais va au bout de lui-même pour se lancer dans une magnifique remontée, jusqu’au premier super tie-break de l’histoire du tournoi. Et le drame vient se mêler à ce final irrespirable avec un imbroglio aux conséquences irréparables.

Alors que Carreno Busta mène 8/5, son passing ralenti par la bande du filet est jugé dans le couloir au moment où Nishikori frappe un revers décisif. Le hawk-eye corrige l’erreur mais l’arbitre ne fait pas rejouer le point, au grand dam de l’Espagnol qui perd ses moyens et le match dans la foulée, déstabilisé par cette injustice. Car en toute bonne foi, si l’arbitre estimait l’annonce tardive, il aurait alors dû refuser le challenge. Défait, Carreno Busta, habituellement si calme, quitte alors le court en hurlant sa rage et jetant ses serviettes. Une émotion mémorable.

Vidéo - Un combat de 5h et un super tie-break : Nishikori a mérité de rester invaincu en 2019

03:00

10. Tsitsipas - Nadal, demi-finale de Madrid : 6-4, 2-6, 6-3

A 20 ans, Stefanos Tsitsipas a le caractère d’un champion et le prouve dans la Caja Magica de Madrid. Dévasté par la fessée reçue quatre mois plus tôt en demi-finale de l’Open d’Australie, il prend une revanche éclatante sur un Rafael Nadal certes en manque de rythme et de confiance après sa blessure à Indian Wells. Contre le public espagnol et sur la surface favorite du "Taureau de Manacor", le jeune Grec démarre la partie sans complexes, parvenant à tenir le choc dans la diagonale en revers face au coup droit lasso adverse.

Profitant de la vitesse de la balle en altitude, il agresse le Majorquin et vire en tête, avant de subir les foudres d’un adversaire piqué dans son orgueil au cours du deuxième set. Mais Tsitsipas trouve un second souffle et réduit au silence une Caja Magica médusée dans le dernier acte. Ce succès permet d'accrocher à son tableau de chasse le seul membre du "Big 3" qui lui manquait alors. Bien que défait, Nadal s’appuiera sur ce beau combat pour relancer totalement sa saison.

Vidéo - Celle-là, Tsitsipas s'en souviendra : les temps forts de sa victoire contre Nadal

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