United Cup - Rafael Nadal, pas de panique mais des doutes légitimes
Par Laurent Vergne
Publié 02/01/2023 à 17:12 GMT+1
Deux matches, deux défaites. Battu par Cameron Norrie, Rafael Nadal s'est à nouveau incliné lundi face à Alex De Minaur. Une défaite sur le fil, au terme d'un match qu'il a eu en main, mais une nouvelle défaite quand même. Résultat, l'Espagnol achève la United Cup sans le moindre succès. Pas l'idéal avant d'aborder l'Open d'Australie, dont il est le tenant du titre.
Rentrée timide pour Rafael Nadal.
Crédit: Imago
Promis, on ne parlera ni de retraite ni de déclin. Rafael Nadal s'était agacé sur le ton de l'humour après sa défaite contre Cameron Norrie pour son entrée dans la United Cup. "Chaque fois que je viens à une conférence de presse, on dirait que je dois prendre ma retraite, avait déploré le numéro 2 mondial. Vous êtes très, très intéressés par ma retraite. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Quand ce jour arrivera, je vous le ferai savoir. Mais n'abordez pas le sujet de la retraite car je suis là pour continuer à jouer au tennis".
Lundi, Rafael Nadal a rejoué. Et perdu, à nouveau. Une défaite en trois sets contre Alex de Minaur (3,6, 6-1, 7-5) malgré le gain de la première manche et un break dans la dernière. Il a même servi pour la victoire et il ne lui a manqué que deux points. Conséquence, l'Espagnol, qui en a fini avec la United Cup, abordera la défense de son titre à l'Open d'Australie sans la moindre victoire sous le coude. L'an dernier, revenant d'une absence de six mois, il s'était fait la main en remportant un tournoi 250 en préparation à Melbourne.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2023/01/02/3517776.jpg)
Rafael Nadal lors de la United Cup.
Crédit: Imago
Alors, faut-il s'inquiéter pour le recordman des victoires en Grand Chelem ? A 36 ans, il n'a plus l'âge d'enclencher le mode panique à la moindre occasion. Au contraire, même s'il convient que tout n'est pas rose, loin de là, il tire du positif de ces deux rencontres : "Je ne peux pas dire que la situation soit idéale, mais par moments, j'ai réussi à jouer du très bon tennis. Côté revers, c'était très bon, sur mon coup droit, j'ai pu diriger le jeu aussi. Donc ce n'est pas catastrophique."
Le problème, c'est que Nadal est désormais sur une série négative qui s'étend sur une période anormalement longue. Il n'a remporté qu'une seule de ses sept dernières rencontres sur le circuit, son dernier match de poule au Masters de Turin, alors qu'il était d'ores et déjà éliminé. Physiquement, il est apparu plus saignant lors de la reprise aux Antipodes qu'en fin de saison dernière en Europe, mais il paraît tout de même toujours assez loin du niveau qui était le sien avant sa blessure abdominale à Wimbledon, là où tout a commencé à se détraquer pour lui.
Le Majorquin continue de plaider un manque de rythme. "Des journées comme celles-ci (à la United Cup, NDLR) vont m'aider mais évidemment, avec des victoires, le processus est plus rapide, admet-il. Mais je dois continuer à me battre. J'ai passé six heures sur le court à me bagarrer et c'est ce dont j'avais besoin parce que je n'ai pas joué beaucoup de matches officiels depuis, disons, six ou sept mois. Il reste deux semaines avant l'Open d'Australie pour travailler."
Ni alarmé ni trop négatif
C'est donc avec un grand point d'interrogation qu'il se présentera à Melbourne Park à la mi-janvier. Comme toujours avec un tel animal, méfiance. S'il est difficile aujourd'hui de voir en lui le principal candidat à sa propre succession dans le premier Grand Chelem de l'année, il serait tout aussi risqué de le rayer purement et simplement de la liste. Nadal a trop fait le coup du retour de nulle part pour faire une croix sur lui.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2022/09/06/3447577-70336708-2560-1440.png)
Quatre sets pour un exploit monumental : comment Tiafoe a dompté Nadal
Video credit: Eurosport
Vulnérable, il l'est, sans aucun doute. Mais s'il parvient à négocier les premiers tours pour à Melbourne pour retrouver enfin la cadence qui lui fait tant défaut, il pourrait redevenir dangereux. Cela dit, un discours similaire était de mise lors du dernier US Open. Sans briller ni convaincre, Nadal avait esquivé ses trois premiers adversaires (Hijikata, Fognini puis Gasquet), avant de chuter en huitièmes de finale en quatre sets contre Frances Tiafoe. Mais avant de savoir s'il est capable de conserver son titre pour ajouter une 23e couronne majuscule à son palmarès, il devra déjà montrer qu'il est apte à enchaîner quelques victoires.
"L'année dernière aussi, j'avais perdu mes deux premiers matches à Abu Dhabi", a-t-il rappelé lundi, même si la comparaison a ses limites. "Je ne suis ni alarmé ni trop négatif après ces deux matches", a-t-il martelé en guise de conclusion. Le message est donc passé. Même si ce n'est sans doute pas celui que Rafael Nadal aurait aimé envoyer dans cette United Cup.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité