US Open 2025, finale dames - Amanda Anisimova, c'est encore les nerfs...

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Pour la deuxième finale de Grand Chelem de sa carrière deux mois après ce terrible 6-0, 6-0 encaissé à Wimbledon, Amanda Anismova a été une nouvelle fois trahie par ses nerfs, samedi face à Aryna Sabalenka (6-3, 7-6). Un problème sur lequel l'Américaine devra se pencher, même si l'avenir semble être radieux pour elle.

Sabalenka l'a joué à l'expérience contre Anisimova : les temps forts de la finale

Video credit: Eurosport

Avant ses retrouvailles avec Iga Swiatek en quarts de finale de l'US Open, moins de deux mois après ce terrible 6-0, 6-0 que lui avait infligée la Polonaise en finale de Wimbledon, nous nous posions la question : peut-on vraiment se relever d'une telle déculottée dans une finale de Grand Chelem ? Le parcours new-yorkais d'Amanda Anisimova, à nouveau finaliste en prenant au passage sa revanche sur Swiatek, a balayé 99% des doutes à ce sujet. Mais sa prestation ratée face à Aryna Sabalenka lors de cette finale laisse en suspens une infime partie de la question : et si, finalement, le traumatisme avait fini par la rattraper ?
Les ressorts psychologiques d'un joueur de tennis relèvent d'une telle complexité qu'il est impossible de les cerner, surtout au présent. Des éléments de réponse émergeront sans doute de la suite de sa carrière mais en attendant, difficile de savoir à quel point les réminiscences de son cauchemar londonien ont pollué le cerveau d'Amanda Anisimova durant cette finale. Reste un constat : cette fois encore, l'Américaine a été trahie par ses nerfs. Certes pas dans des profondeurs aussi abyssales qu'à Wimbledon, mais quand même : avec 29 fautes directes dont sept doubles et une incapacité à temporiser dans la tempête, on a eu peine à reconnaître la joueuse des jours précédents.
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Sabalenka tient le point de la finale : sa belle inspiration en vidéo

Video credit: Eurosport

Prolixe sur "X" durant cette finale dames, Patrick Mouratoglou pressentait que le plus dur, pour Amanda Anisimova, serait d'inscrire son premier jeu dans cette finale. Et qu'une fois ceci fait, elle serait enfin dans son match. Ce fut partiellement vrai. L'Américaine, menée 2-0, inscrivit à ce moment-là ce fameux premier jeu. Et soudain, elle prit feu pour se détacher 3-2, service à suivre. L'avion de chasse, capable de décocher des flèches de revers plus rapides que celles des hommes (Patrick Mouratoglou toujours), semblait sur orbite. Mais il piqua aussitôt du nez, et ne parvint jamais à enrayer le décrochage.
Si je m'étais battue davantage, j'aurais peut-être pu me donner une meilleure chance de gagner. Mais j'ai eu l'impression d'être toujours sur les freins.
En l'espace de quelques minutes, quelques secondes, on aperçut donc les deux visages d'Amanda Anisimova. La joueuse magnifique au mental d'acier et à la frappe de balle phénoménale ; puis la joueuse fragile, au coup droit plus suspect et aux nerfs de cristal, rattrapée par ses angoisses sans jamais pouvoir les enrayer. On ne dit pas que ses plaintes répétées d'une luminosité excessive émanant des structures du toit qui l'aveuglait sur son lancer de balle n'étaient pas fondées. On dit qu'elles étaient révélatrices, surtout, de sa nervosité. Plus "zen", Amanda ne l'aurait peut-être même pas remarqué.
"Aujourd'hui, je ne me suis pas suffisamment battue pour mes rêves", a-t-elle prononcé durant son discours, avant d'expliquer sa phrase en conférence de presse. "J'ai juste l'impression de n'avoir jamais joué mon meilleur tennis dans ce match. Bien entendu, il y a beaucoup de nervosité dans une finale comme celle-là, et c'est quelque chose sur quoi je travaille. Mais j'aurais aimé être plus agressive. Si je n'ai pas gagné, c'est que je n'en ai pas fait assez. C'est une réalité. Si je m'étais battue davantage, j'aurais peut-être pu me donner une meilleure chance de gagner. Mais j'ai eu l'impression d'être toujours sur les freins."  
Chose qui n'est pas vraie au niveau des statistiques, puisque l'Américaine a frappé beaucoup plus de points gagnants que Sabalenka (22 à 13), ce qui ne doit pas arriver souvent à cette dernière. De l'extérieur, on aurait plutôt eu tendance à vouloir lui conseiller, au contraire, de mettre la pédale douce et de se montrer moins agressive. Mais en son for intérieur, le ressenti n'était pas le même. "J'avais toujours la sensation de me précipiter, je ne parvenais pas à trouver mon rythme. Je savais que pour gagner, je devais être la joueuse la plus agressive, mais c'était trop difficile aujourd'hui", a-t-elle martelé.
Un nouveau coup dur, en tout cas, dont elle pourra se consoler à la lecture du classement mondial de lundi, puisqu'elle fera ses débuts dans le top 5 (4e), avec un chemin très dégagé vers une première qualification pour le Masters. De quoi regarder devant, et c'est sans doute exactement ce dont elle a besoin en ce moment.
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