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Federer, le coup d'arrêt

Federer, le coup d'arrêt
Par Eurosport

Le 06/09/2012 à 11:43Mis à jour Le 06/09/2012 à 13:53

Depuis douze mois, Roger Federer affichait un bilan exceptionnel. Sa défaite dès les quarts à Flushing marque donc un pas un arrière.

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Roger Federer est rentré dans un mur mercredi soir à Flushing. Le choc a été d'autant plus douloureux que le Suisse arrivait lancé. Depuis un an, soit depuis l'US Open 2011, il avait enchainé une série de résultats absolument remarquables, avec en point d'orgue son titre à Wimbledon et la reconquête de la première place mondiale. En 16 tournois joués au cours de cette période, il avait atteint à 15 reprises le dernier carré. C'est dire si son élimination en quarts de finale à New York a valeur d'évènement. Bien sûr, Berdych est un joueur extrêmement dangereux. On le savait. Federer aussi. Mais il y avait tant d'indicateurs au vert pour le Suisse qu'il paraissait en mesure de franchir l'obstacle tchèque.

A vrai dire, Federer avait à peu près tout pour lui. Sa forme actuelle, d'abord. Au-delà de son bilan des douze derniers mois, sa victoire à Cincinnati, lors de son unique tournoi de préparation avant l'US Open, avec un succès en finale sur Djokovic, parlait pour lui. Sa confiance, aussi, au plus haut depuis deux ans et demi depuis qu'il est à nouveau installé au sommet du classement ATP. Puis, surtout, il y avait son rapport personnel à la "night session", si particulière. 23 matches, 23 victoires dans sa carrière nocturne à New York, quand Berdych, lui, évoluait pour la toute première fois en session de nuit. Mais ces éléments, de nature à le rassurer a priori, n'ont pas pesé lourd devant l'implacable réalité du terrain. Sur le court Arthur-Ashe, Federer a été dominé, nettement, et il peut même s'estimer heureux d'avoir empoché un set.

"Je voulais faire beaucoup mieux"

C'est peu dire qu'il ne s'attendait pas à un tel scenario. "Je savais que ça allait être difficile face à Tomas, il m'avait déjà battu dans des conditions similaires à Miami (en 2010, et également à Cincinnati en 2011, ndlr) mais je pensais quand même avoir la bonne tactique en place et avoir emmagasiné assez de confiance", déplore le numéro un mondial, première tête de série numéro un à disparaitre avant les demi-finales à l'US Open depuis 2001. Berdych était-il trop fort? Federer a-t-il déjoué? Un peu des deux, pour l'intéressé. "Bien sûr, Tomas a bien joué mais je trouve aussi que je l'ai aidé à se sentir à l'aise, estime-t-il. Je n'ai pas mis une balle dedans pendant un set et demie. Je n'ai vraiment pas fait le match que j'espérais, c'est décevant. Je n'aurais jamais dû perdre le premier set, pourtant, c'est arrivé, c'est comme ça."

Même après le gain du troisième set, dans lequel il était pourtant mal embarqué, il n'a pas réussi à réellement prendre la mesure de son match et de son adversaire. "Je n'allais pas sauter au plafond. J'étais encore mené deux sets à un. Je savais que le plus dur restait à faire. J'espérais pouvoir faire basculer le match mais Tomas est resté solide. Moi, j'ai commis beaucoup trop de fautes." 40 au total, en quatre sets, et surtout 24 en coup droit, clairement le secteur du jeu dans lequel Federer a été le plus exposé mercredi. Pas de doute, c'est sa plus grosse déception de la saison. Un vrai coup d'arrêt, bien plus que sa défaite en finale des Jeux contre Murray ou ses deux échecs en demi-finales à Melbourne et Paris, contre Nadal et Djokovic. "Je voulais faire beaucoup mieux et je sais que j'étais capable de jouer bien mieux que ça, c'est pour ça que c'est très décevant", constate le Bâlois.

Comme l'an dernier, Roger Federer s'apprête maintenant à effectuer une bonne coupure après l'US Open. En 2011, ses vacances de six semaines lui avaient permis de revenir frais comme un gardon, physiquement et mentalement. Sa fin de saison tonitruante avait amorcé son retour vers les sommets. Cette fois, il refuse de voir plus loin que son vol retour pour la Suisse, même si le dernier trimestre pourrait revêtir un enjeu majeur: la place de numéro un mondial en fin de saison. Federer a terminé à cinq reprises à la première place. Il pourrait égaler Sampras, qui détient le record avec six saisons bouclées à la première place. "A moi de voir si je veux en faire un objectif de la fin de saison, s'interroge-t-il. Pour l'instant, je suis dans la déception." C'était le mot et le sentiment du jour pour lui.

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