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Murray est bien des leurs

Murray est bien des leurs
Par Eurosport

Le 11/09/2012 à 02:55Mis à jour Le 11/09/2012 à 17:41

Enfin ! Andy Murray a décroché son premier titre du Grand Chelem en battant Novak Djokovic en finale de l'US Open, en cinq sets (7-6, 7-5, 2-6, 3-6, 6-2) et quasiment cinq heures. Mentalement et physiquement, l'Ecossais a affiché un vrai coeur de champion. Il entre dans la cour des grands.

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Le dernier coup droit de Novak Djokovic, trop long, s'est échappé derrière la ligne. Andy Murray, incrédule, va mettre quelques secondes à comprendre qu'il vient d'entrer dans la galaxie des vainqueurs en Grand Chelem. Il lève à peine les bras, puis tombe à genoux sur le sol du court Arthur-Ashe. Quel fouillis ce doit être alors dans sa tête ! Il aura dû attendre la fin de la cinquième heure de sa cinquième finale majeure pour toucher enfin ce Graal qui s'est si longtemps refusé à lui. Malgré ses propres démons, malgré sa peur, sa fatigue et en dépit de la combativité de Djokovic, cet US Open 2012 est bien le sien. Il ne sera plus question de contester sa place dans ce fameux Big Four. Oui, il appartient bien au gotha et en cette année 2012, il est l'égal de Djokovic, Nadal et Federer. Comme eux, il a gagné une levée du Grand Chelem.

Comme un symbole, Murray a donc ouvert son palmarès à sa cinquième finale, exactement comme son entraîneur Ivan Lendl, l'homme qui a incontestablement contribué à lui faire franchir le dernier cap. Et comme Lendl face à McEnroe en 1984 à Roland-Garros, cette délivrance est donc survenue en cinq sets. Sauf que Lendl, lui, avait perdu les deux premiers sets face à McEnroe. Murray, lui, les a gagnés, avant de voir le spectre du plus cruel des échecs se profiler lorsque Djokovic a recollé à deux sets partout. C'est là que le Britannique a été grand. Dès l'entame de la manche décisive, il a remis un coup de collier pour mener 3-0, avec un double break d'avance. Djokovic a certes eu un ultime sursaut d'orgueil, mais en réalité, il n'en pouvait plus. C'est d'abord physiquement que Murray, qui avait pourtant passé beaucoup plus de temps que son adversaire sur les courts durant la quinzaine, a fait la différence dans ce dernier set. Au final, la victoire de Murray apparait donc logique, même si le futur numéro trois mondial, rang qu'il occupera mardi matin, a joué à se faire peur.

Murray a tordu le cou à son destin

De cette finale, on retiendra d'abord son suspense et sa durée (4h54). Mais elle n'a pas tout à fait possédé la composante dramatique de celle de l'Open d'Australie en début d'année entre Djokovic et Nadal et encore moins la brutale intensité de la précédente finale de l'US Open, toujours entre Nole et Rafa. Pendant plus d'un set, le niveau de jeu s'est même avéré très quelconque, à cause de la nervosité des deux acteurs mais, surtout, des conditions de jeu.

S'il faisait beau sur New York lundi, le vent a une fois encore été de la partie et les deux acteurs ont eu un mal fou à maîtriser cet invité indésirable. Au cours de la première manche, les deux joueurs ont ainsi cumulé 38 fautes directes (19 chacun) contre seulement 18 coups gagnants. Ce set aurait pu être celui des occasions manquées pour Murray, qui a par deux fois réussi le break avant de voir Djokovic revenir. Signe annonciateur de cette longue soirée: un Murray devant, encore et toujours, mais un Djokovic refusant de mourir... Finalement, Andy allait s'en sortir au jeu décisif à sa sixième balle de set, après 1h27 de jeu.

Dernier sursaut de Djokovic

Le deuxième acte a ressemblé au premier. Murray a pris les devants, largement (4-0), avant que Djokovic ne recolle une fois encore. Mais le Serbe a payé cher son inconstance et le troisième break concédé a été celui de trop pour lui. Mené deux manches à rien, le tenant du titre, dos au mur, a alors montré une fois encore son formidable tempérament. Il ne renonce jamais. Il a suffi d'un point, sous la forme d'une merveille de volée basse de revers, au tout début du troisième set, pour changer le cours de cette finale. Hurlant sa rage autant que sa joie, le Djoker s'est alors libéré et pendant l'heure qui a suivi, le patron sur le court, ce fut lui.

Comme par miracle, il s'est soudain fait plus précis. Loin des 38 fautes des deux premières manches, il n'en a commis que 15 dans les deux suivantes. A son image, le jeu a d'ailleurs nettement gagné en qualité au fil de cette finale pour devenir franchement remarquable. Lorsque Djokovic a égalisé à deux sets partout après quatre heures de combat, Murray avait une bonne tête de maudit. Mais l'Ecossais a su tordre le cou à son destin contraire. C'était sa finale. Son tournoi. Son été. Un mois après avoir été le roi de l'Olympe, le voilà prince de New York. 76 ans après, Fred Perry a un successeur. Le tennis britannique tient son héros.

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