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Rafael Nadal et Novak Djokovic, une rivalité unique
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Publié 09/09/2013 à 03:06 GMT+2
Rafael Nadal et Novak Djokovic vont s'affronter pour la 37e fois lundi, la 11e en Grand Chelem. Deux records. Leur rivalité possède sa propre singularité.
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Crédit: Eurosport
"Je préfère jouer contre quelqu'un d'autre, mais c'est comme ça." Cette petite phrase, Rafael Nadal l'a lâchée dans un sourire samedi après sa victoire contre Richard Gasquet. Une façon de dire qu'il sait à quoi s'attendre, lundi, face à Novak Djokovic. Une grosse bagarre, à coup sûr. Un marathon, potentiellement. "Dans l'absolu, je préfère toujours jouer contre l'adversaire le moins fort possible, il faut être logique, explique encore le Majorquin. Mais je vais jouer contre Novak. J'ai beaucoup joué contre lui. Et c'est toujours très excitant. C'est spécial." Spécial, oui. Un peu plus tôt, Djokovic avait employé exactement le même mot pour qualifier sa rivalité avec Nadal.
Lundi, le Serbe et l'Espagnol vont s'affronter pour la 37e fois. C'est énorme. C'est même du jamais vu. Sur le court Arthur-Ashe, ils vont effacer des tablettes John McEnroe et Ivan Lendl, qui détenaient depuis un quart de siècle la rivalité la plus prolifique de l'ère Open chez les hommes. Ils vont même s'approprier un double record puisqu'il s'agira aussi de leur 11e duel en Grand Chelem. Un de plus que Lendl et McEnroe. Un de plus, aussi, que Nadal et Federer.
Une histoire de séries
Les chiffres impressionnent, mais ils ne disent pas tout. Nadal-Djokovic, c'est certes moins "glamour" que Nadal-Federer. Il n'y aura jamais entre Nole et Rafa ce lien spécial, presque indéfinissable, qui caractérisait la dualité sportive entre le Suisse et Nadal. Pour autant, les Nadal-Djokovic sont en train de marquer leur époque. Parce que cette rivalité possède elle aussi son identité propre. Nadal-Djokovic, c'est physique, brutal, violent. Ça a son charme et ça ne ressemble à rien d'autre de ce qu'on a pu connaitre et à rien de ce que les autres chocs du moment sont susceptibles d'offrir. Leurs trois principaux duels en Grand Chelem répondent à ces critères: finale de l'US Open 2011, finale de l'Open d'Australie 2012, demi-finale de Roland-Garros 2013. Au sens propre du terme, c'est "à couper le souffle". "Avec Novak, juge le gaucher de Manacor, on joue toujours de très longs rallyes et je pense qu'on pousse notre jeu à la limite tous les deux."
Contrairement à d'autres, la rivalité entre les deux premiers mondiaux n'est pas marquée par une suprématie appuyée de l'un ou l'autre. Certes, Nadal mène 21-15. Mais il est arrivé au sommet plus tôt que le Serbe, remportant son premier majeur quasiment trois ans avant Djokovic. Fin 2007, alors que le palmarès majeur du Serbe était encore vierge, Nadal menait déjà 6-2. En réalité, ces deux-là fonctionnent pas périodes, par séries. Nadal a longtemps eu l'ascendant, avant que Djokovic ne le maitrise totalement, à la fois tactiquement et psychologiquement, pendant de longs mois, avec à la clé ces sept finales victorieuses consécutives entre janvier 2011 et le printemps 2012. Depuis, Nadal a nettement inversé la tendance, avec cinq victoires en six rencontres depuis plus d'un an.
Djokovic: "C'est le challenge le plus grand pour moi"
La position du Majorquin est plus singulière que celle de Djokovic car lui a déjà connu une rivalité hors normes avec un autre joueur. On lui demande sans cesse de donner des éléments de comparaisons. Et il n'aime pas ça. "Moi, je joue au tennis, avait-il lancé à Roland-Garros, à l'heure de croiser Djokovic en demi-finales. C'est vous, les médias, avec le public, qui êtes à l'origine des rivalités. Nous sommes sur le court, nous jouons. Pourquoi ces matches sont si marquants? Parce que nous jouons beaucoup de finales, de demi-finales, des matches très importants, qui restent dans les mémoires. Ils deviennent des classiques. C'était le cas avec Roger, c'est aussi le cas avec Novak."
Djokovic, lui, n'a jamais connu auparavant de tel rapport avec un autre champion. Nadal, c'est LA grande histoire de sa carrière. Et ça reste son "plus grand défi", comme il l'a encore répété samedi. "C'est le plus grand compétiteur de notre sport. C'est le challenge le plus grand pour moi, a-t-il martelé. Quand je joue Rafa, je ne peux pas me préparer tout à fait de la même façon. Je sais que, si je ne joue pas au minimum à 120%, je ne peux pas gagner. Et je crois que c'est pareil pour lui." Lundi, le 37e chapitre de ce roman pas comme les autres s'écrira à Flushing. Avec, pour la sixième fois, un titre majeur en jeu. Sans chercher à en prédire l'issue, on peut en revanche sans crainte se préparer à une nouvelle baston dont ils ont le secret. Et même l'exclusivité. Ce sera fort, ce sera physique, ça va secouer. Et ça risque de durer, aussi. Alors, mettez votre casque, préparez le café. Et appréciez le spectacle. Il risque de valoir le détour.
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