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Serena Williams, ou l'éternel recommencement

Serena, ou l'éternel recommencement

Le 09/09/2016 à 10:49

US OPEN 2016 - Serena Williams a connu une année difficile. Malgré un titre à Wimbledon et deux autre finales majeures, l'Américaine devra rendre son tablier de leader du circuit WTA lundi prochain. Un échec pour elle qui ne jure que par les grands actes, mais une nouvelle source de motivation pour revenir encore sur le circuit l'an prochain... jusqu'à ce qu'elle arrive à ses fins.

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Serena Williams n'aura pas passé une bonne année. Cela peut paraître paradoxal : l'Américaine a remporté son 22e titre du Grand Chelem à Wimbledon, égalé la référence qu'était Steffi Graf en la matière et a joué deux autres finales majeures à Melbourne et Paris. Pour la majorité des joueuses du circuit, ce serait sensationnel. Pour Serena, cela a signifié la fin de son règne. Pendant trois ans et demi, c'est elle qui tenait les rênes du circuit féminin jusqu'à ce nouveau crash en demi-finale de l'US Open.

C'est aussi le contre-coup d'avoir frôlé le Grand Chelem la saison passée : tout autre résultat moindre, combiné à la montée en puissance de concurrentes, ont fait que l'Américaine n'a plus cette marge de sécurité qui lui garantissait la paix en haut du sommet WTA. Cette paix est devenue toute relative dès le début de l'année avec l'avènement d'Angelique Kerber à l'Open d'Australie. L'Allemande n'a pas fait ça à moitié en battant elle-même l'Américaine en finale. C'était sans le savoir le premier signe d'un passage de flambeau.

Vidéo - Williams - Kerber, les temps forts de la finale de l'Open d'Australie 2016

02:42

Mais ne croyez pas que Serena va s'arrêter sur cette défaite. A bientôt 35 ans, elle est encore décidée à poursuivre sa carrière qui aura été hors-normes. Patrick Mouratoglou, qui la suit depuis juillet 2012, affirme que sa protégée a encore envie de réaliser de belles choses en allant chasser les records les uns après les autres. Et ce même si elle se rend compte désormais qu'elle n'a plus autant de marge qu'avant sur ses adversaires. Il n'empêche qu'encore une fois, l'Américaine a de quoi être déçue.

Troisième désillusion en demi-finale de l'US Open

A côté d'un 23e titre majeur, qui l'aurait consacrée référence absolue en Grand Chelem dans l'ère Open, Williams a laissé filer deux autres records : celui des victoires finales à l'US Open et des semaines consécutives passées en tant que numéro un mondiale. Là encore, elle restera l'égale de Chris Evert sur le premier point (6) et de Graf sur le second (186). Pas de quoi déprimer, mais d'être singulièrement contrariée tout de même.

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02:24

Ce n'est pas la première fois que Serena connaît une désillusion en demi-finale de l'US Open. Souvenez-vous de 2009 et de ce match face à Kim Clijsters. La fin de rencontre était tellement tendue entre l'Américaine et la Belge, que Williams avait complètement pété les plombs après une faute de pied alors qu'elle tentait de sauver une balle de match. Elle s'en était pris à la juge de ligne, avec un ton si menaçant qu'elle doit en cauchemarder encore, ce qui avait précipité sa défaite. C'était six ans avant cette autre demi-finale de l'an passé face à Roberta Vinci, qui restera comme la joueuse qui a empêché l'Américaine de réaliser un Grand Chelem historique sur une seule saison.

Malgré ses mésaventures, à chaque fois, Serena est repartie à l'entraînement et sur les courts, avec une envie insatiable de récupérer ce qu'elle avait perdu ou d'accaparer ce qu'elle n'a pas pu attraper. Sa défaite de jeudi ne devrait pas déroger à la règle. Sauf si, évidemment, une blessure au genou ou à l'épaule l'oblige à arrêter les frais. Il y a de fortes chances que sa saison s'arrête à New York, comme l'an passé, le temps de récupérer et de refaire tomber cette pression, qui la ronge autant qui la motive. Et si l'envie est toujours là, l'histoire de Serena n'aura pas fini de s'écrire.

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