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Osaka - Williams : L'une a tout maîtrisé, l'autre a tout gâché

L'une a tout maîtrisé, l'autre tout gâché

Le 09/09/2018 à 02:19Mis à jour Le 09/09/2018 à 10:24

US OPEN 2018 - Incroyable finale du simple dames samedi à New York. Naomi Osaka, 20 ans, a gagné toutes les batailles face à Serena Williams. Celle du jeu et, plus étonnant encore, celle des nerfs. L'Américaine, frustrée, énervée, s'est enfermée dans un comportement destructeur dans le deuxième set.

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Ce qui s'est produit samedi sur le court Arthur-Ashe est assez triste. Triste pour Serena Williams, qui rêvait d'écrire une page d'histoire du tennis en égalant le record absolu de titres en Grand Chelem, et dont la soirée a viré au cauchemar. Triste, aussi, et même plus encore, pour Naomi Osaka, dont le premier triomphe majuscule a été partiellement éclipsé par les incidents du deuxième set. C'était son moment et ça n'aurait dû être QUE son moment. Elle méritait toute la lumière. Car la Japonaise a été absolument formidable. Du début à la fin de cette finale.

Paradoxalement, c'est elle, du haut de ses 20 ans, et en dépit de sa totale inexpérience d'une finale de cette envergure, qui a maîtrisé tous les éléments de A à Z. Tennistiquement, elle a dominé Serena Williams. Très nettement. Mais elle a aussi gagné la bataille des nerfs et ça, c'est beaucoup plus surprenant. Elle aurait eu mille raisons d'être perturbée par le scénario hors du commun de la dernière demi-heure. Mais non. Elle a su rester dans son match et dans sa bulle.

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Servir pour un premier titre en Grand Chelem, à 20 ans, n'est pas une chose aisée. Le faire dans ce contexte-là, face à une adversaire qu'elle admire depuis son plus jeune âge, dont l'accrochage verbal avec l'arbitre de la rencontre était devenu l'alpha et l'omega de cette finale et face à un public surexcité, prêt à porter sa championne, c'était un traquenard absolu. Mais ce dernier jeu, celui qui pouvait changer sa vie, Naomi Osaka l'a abordé avec une tranquillité déconcertante. Son relâchement était bluffant. Il n'y a qu'à voir comment elle a claqué première balle sur première balle pour s'en convaincre.

Au-delà des qualités de la joueuse, la solidité de la championne laisse penser que ce premier couronnement en appellera d'autres. Osaka a sorti un tournoi dantesque, ne laissant filer qu'un seul set de toute la quinzaine, et sa finale aura parachevé son œuvre. A tous points de vue. Chapeau, vraiment.

Naomi Osaka

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D'un bout à l'autre, Serena n'aura rien maîtrisé

A l'inverse, Serena Williams est passée au travers de son match de toutes les manières possibles. En dehors d'un bref passage à l'entame du deuxième set, elle a été surclassée par sa jeune rivale. Puis est arrivée cette séquence dont, sans aucun doute, on reparlera encore dans vingt ans. Un avertissement pour coaching, un autre pour avoir cassé sa raquette de rage et enfin ce jeu de pénalité.

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Quoi qu'il en soit, la réaction de Serena Williams apparait totalement disproportionnée. Elle a pris cet avertissement pour coaching comme une attaque personnelle, comme si elle était jugée malhonnête par l'arbitre. C'est le comportement de Patrick Mouratoglou, non le sien, qui était sanctionné ici. Au fond, tout ceci n'était de toute façon pas encore dramatique. Elle l'a d'ailleurs surmonté puisque, alors que ce premier incident est survenu à 1-0 dans le deuxième set, elle a ensuite connu son meilleur passage pour mener 3-1. C'est après avoir concédé son débreak que tout s'est vraiment gâté. A suivi le bris de raquette avec pour conséquence un nouvel avertissement et ce point de pénalité.

Serena était probablement frustrée de sentir le contrôle de ce match lui échapper. Le même avertissement pour arbitrage, si elle avait été aux commandes au score, n'aurait sans doute pas eu les mêmes conséquences. Quant à ce qui s'est produit au changement de côté à 4-3, elle en porte l'entière responsabilité. Vu le ton et les mots employés, Carlos Ramos pouvait difficilement faire autrement que d'embrayer avec une nouvelle sanction, synonyme de jeu de pénalité.

Le fait est qu'elle n'a pas pu, pas su, passer outre ces incidents. Même si, de son point de vue, elle se sentait victime d'une injustice, il est dommage qu'à presque 37 ans, avec sa gigantesque expérience, elle ne soit pas parvenue à aller au-delà de ça. D'un bout à l'autre, Serena n'aura rien maîtrisé. Ni son adversaire ni elle-même.

Serena Williams en colère

Serena Williams en colèreGetty Images

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