US Open : Del Potro, plus qu'un épouvantail ?

US OPEN 2018 - Derrière le duo Rafael Nadal-Novak Djokovic, Juan Martin Del Potro ne fait pas beaucoup de bruit. Et pourtant, l'Argentin monte en puissance au fil des matches, à tel point qu'il est devenu un candidat plus que crédible au titre à Flushing Meadows. Il se présente en grand favori pour son quart de finale contre John Isner, mardi, avant une potentielle demi-finale contre Nadal.

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Crédit: Eurosport

"Je joue sans douleur sur ce tournoi." Au premier abord, cette phrase de Juan Martin Del Potro, au sortir de son huitième de finale victorieux contre Borna Coric, peut paraître anodine mais elle signifie tellement pour lui. Si ses poignets l'avaient laissé tranquille, il aurait pu confirmer les promesses semées lors de sa victoire en 2009 à l'US Open, à seulement 20 ans. Mais la "Tour de Tandil" a réussi à se relever pour venir à nouveau tutoyer les hautes sphères du circuit. Tapi dans l'ombre de la doublette Nadal-Djokovic, qui a l'étiquette de favori accolée au dos, la tête de série numéro six du tournoi fait son petit bonhomme de chemin et sa présence, dimanche, sur le court Arthur-Ashe pour la finale est loin d'être utopique.
Depuis le début de la quinzaine, l'Argentin s'est montré très appliqué à chacune de ses rencontres. Quatre matches, quatre victoires, aucun set perdu même face à un cogneur comme Fernando Verdasco ou une promesse comme Coric. Au total, il a seulement passé 8h43 sur les courts. Et de son propre aveu, "c'est important pour le corps, les jambes, pour la condition physique", expliquait-il après sa victoire face au Croate dimanche. A titre de comparaison, dans sa partie de tableau, Nadal a déjà perdu deux manches et son physique semble bien entamé, avec notamment un gros combat contre Khachanov et 11h05 de jeu combiné. Sans oublier une petite alerte au genou droit durant son match contre le Russe.

Les pièces du puzzle s'imbriquent

Les signaux sont donc au vert et Del Potro estime qu'il a encore une marge de progression à Flushing Meadows. " Ma confiance est à un niveau élevé mais je sais que je peux encore mieux jouer, j'espère le faire au prochain tour", où l'attend John Isner. L'Argentin poursuit : "J'ai vraiment bien joué dans les moments importants (face à Coric), c'est ce qui est bien quand on se sent en confiance, pouvoir maintenir une régularité tout au long du match et jouer un peu mieux sur les points clés, ça peut faire la différence." Notamment face à un joueur comme Isner, dont le capital confiance est aussi au plus haut. L'Américain réalise sa meilleure année en Grand Chelem après avoir atteint les demies à Wimbledon. Mais vu l'assurance qu'il dégage et avec son coup droit ravageur, le numéro trois mondial s'avance logiquement comme le favori de ce quart de finale. Et pas seulement…
Nadal a donc montré quelques signes de faiblesse, Djokovic n'a pour l'instant pas été souverain et a, aussi, laissé deux sets en route. Alors Del Potro peut-il refaire le coup de 2009 ? Les pièces du puzzle semblent s'imbriquer. Comme il y a neuf ans, il pourrait se frotter dans le dernier carré à l'Espagnol – auquel il avait collé un cinglant 6-2, 6-2, 6-2 - et profiter d'un duel entre Djokovic et Federer pour potentiellement affronter l'un des deux en finale. Tout ça est bien sûr hypothétique mais une chose ne l'est pas : tant que son physique le laisse tranquille, il peut regarder droit dans les yeux n'importe quel adversaire. Qu'il s'appelle Nadal ou Djokovic.
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