Williams - Sevastova : un duel de "new-yorkaises"

Confrontation volcanique. Opposées pour la première fois de leur carrière, jeudi soir en demi-finale, Serena Williams et Anastasija Sevastova vont se jouer le premier ticket pour la finale de cette édition 2018. Une édition marquée au fer rouge par les disparitions successives de ses principales têtes de série. Pourtant, d'un côté du ring, il y a Serena Williams, dont le classement actuel (26e) ne reflète pas du tout son véritable statut. Moralité, les chiffres ne disent pas tout.

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30/09/2020 À 10:22

Avec un seul set perdu en cours de route contre Kaia Kanepi, l'Américaine a commencé son compte à rebours vers son 24e Grand Chelem. Six mois seulement après son retour officiel sur les courts après sa grossesse, Williams est à deux petits succès d'égaler enfin Margaret Smith Court. L'éventualité d'un titre placerait définitivement la native du Michigan non pas dans l'histoire, chose gravée dans le marbre depuis longtemps, mais à une place unique au panthéon de son sport.

Jamais lors de cet exercice 2018, elle n'a semblé aussi en harmonie sur tous les plans : physique, technique et psychologique. Privée de titre dans son jardin depuis 2014, Serena devra surtout éviter l'écueil des demi-finales et de ses invitées surprises. En 2015, Roberta Vinci lui avait barré la route. En 2016, c'est Karolina Pliskova. L'Italienne et la Tchèque ont un point en commun avec Sevastova : le ciment de New York, c'est leur truc.

Pour Sevastova, Flushing c'est même sa deuxième maison. Obligée de mettre sa carrière entre parenthèses de 2013 à 2015 après des blessures répétées et des problèmes de santé, la joueuse de 28 ans a vu sa carrière basculer sur les courts new-yorkais où elle a découvert les quarts de finale en Grand Chelem lors de l'édition 2016. Sa présence dans le dernier carré est le fruit d'une certaine forme de logique. Son explosion - certes tardive - est, elle, due au travail et rien d'autre. Et à cette bonne dose de feeling avec l'US.

Excellente contreuse, la Lettone au caractère un peu trop excessif - un détail qui peut la rendre antipathique - est l'exacte opposée de sa compatriote Jelena Ostapenko d'un point de vue technique. Sa force ? Absorber la puissance de ses rivales pour mieux les contrer et leur retourner le cerveau. Pas spécialement puissante mais redoutable dans le petit jeu, elle transforme le tennis en partie d'échecs grandeur nature. Surtout, elle retourne divinement bien l'engagement de ses rivales.

Pour résumer : plus c'est puissant en face, plus elle aime ça. En témoigne ses 28 breaks (sur 42 tentatives) depuis le début du tournoi (Serena est à 22/36) face à des joueuses qui cognent. Tombeuse de Maria Sharapova en 2017, elle a validé son billet pour les demies en s'offrant la tenante du titre, Sloane Stephens, dont le profil rappelle - sans égaler - celui de la cadette des Williams. Attention, le danger vient de l'Est. Et il est à prendre au sérieux.

Sevastova, une démonstration pour une grande première

Keys - Osaka : la redite ou la nouveauté

Madison Keys a très envie de remettre ça. Avec un épilogue plus heureux que l'an passé, où elle avait cédé face à Sloane Stephens en finale. Jusqu'ici, l'Américaine a fait le job. Jeudi soir, il faudra en faire de même face à l'invitée surprise de cette demie : la Japonaise Naomi Osaka. La 19emondiale, 20 ans, n'avait jamais connu quinzaine aussi fructueuse. Mercredi, elle a poursuivi son entreprise de destruction massive en écrasant l'Ukrainienne Lesia Tsurenko (36e) en deux petits sets (6-1, 6-1). Tout ça en moins d'une heure (58 minutes pour être précis).

Mis à part un set lâché en huitièmes de finale face à Sabalenka, la Japonaise a tout cassé sur son chemin. A l'image de ce qu'elle a réussi face à Tsurenko. "Ça représente beaucoup moi", a confié celle qui s'est révélée au cœur de l'année. "J'étais en panique à l'intérieur, mon corps tout entier tremblait mais j'ai bien joué et ça me rend très heureuse".

Jeudi soir, la jeune Osaka va défier celle qui représente l'avenir du tennis US, de deux ans l'aînée de la Japonaise. A la différence de Keys, qui a acquis une certaine régularité à ces hauteurs puisqu'elle a atteint le dernier carré partout sauf à Wimbledon, Osaka va découvrir le grand monde jeudi.

Et retrouver une adversaire qui ne lui sied guère. Et pour cause, la tête de série numéro 14 et 20 se sont déjà rencontrées à trois reprises. Et Keys a toujours gagné. Deux fois sur dur, dont un match accroché à l'US Open, en 2016. Une fois cette année, en 16es de finale à Roland. Quid de jeudi soir ?

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