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Andreescu, main en or et tête froide

Andreescu, main en or et tête froide

Le 08/09/2019 à 08:20Mis à jour Le 08/09/2019 à 12:24

US OPEN – Bianca Andreescu était bien la plus forte. Dans ce tournoi comme dans cette finale, où elle a longtemps surclassé Serena Williams. Mais la jeune Canadienne a aussi montré un sang-froid épatant devant la tentative de comeback de l'Américaine, pour finalement s'imposer 6-3, 7-5 et décrocher son premier titre du Grand Chelem.

Décidément, cette Bianca Andreescu a réponse à tout et résiste à tout. Joueuse magnifique, elle possède toutes les armes du tennis moderne. Son service est une arme, elle sait frapper fort des deux côtés, elle est capable de varier, de s'adapter à l'adversaire et tactiquement, elle possède une maturité folle. Mais tout ça, samedi, n'était pas l'essentiel. Samedi, elle a surtout affiché le caractère d'une vraie grande championne. La Canadienne a d'ailleurs tout résumé d'une seule phrase : "Ce qui sépare les grands des autres, c'est le mental."

Bianca Andreescu - US Open 2019

Bianca Andreescu - US Open 2019Getty Images

Il lui en a fallu au court de cette finale contre Serena Williams. Car, même en étant, et de loin, la meilleure joueuse sur le court, elle aurait très bien pu laisser filer ce match et son premier sacre majeur. A 6-3, 5-1 en sa faveur, la coupe était dans ses mains. Un point, voilà tout ce qui lui manquait. Mais Serena a écarté cette balle de match. 5-2. 5-3. 5-4. 5-5. Face à une telle championne, revenue de nulle part, et dans un contexte délicat, celui d'une foule assourdissante qui a poussé derrière sa joueuse et ne l'a pas ménagée, en applaudissant chaque première balle manquée par exemple, combien auraient craqué ?

"Je pouvais à peine m'entendre penser"

"J'ai fait abstraction du bruit, enfin j'ai essayé", commente la nouvelle reine de New York. Elle n'avait encore jamais été confrontée à une telle atmosphère. "Je pouvais à peine m'entendre penser. Ce n'était pas facile. Le public l'a beaucoup aidé dans sa remontée. J'ai quand même entendu quelques personnes m'encourager, donc j'étais contente. Mais j'ai essayé de rester aussi calme que possible et je crois l'avoir bien fait." A 6-5 en sa faveur, après avoir stoppé l'hémorragie, on l'a vu fermer les yeux au changement de côté. Toujours cette fameuse "visualisation". S'imaginer gagner, toujours.

Bianca Andreescu

Bianca AndreescuGetty Images

Elle raconte ce moment. Ses derniers instants avant d'entrer dans le cercle des championnes titrées en Grand Chelem : "Je me suis dit 'mets cette p… de balle dans le court et respire autant que possible. Je voulais surtout gagner le premier point pour lui montrer que j'étais prête à finir le match, là, maintenant. Est-ce que j'ai gagné le premier point ? Je ne m'en souviens même pas."

Oui, elle l'a gagné et, plus important, elle a surtout gagné le dernier, sur un énième parpaing long de ligne en coup droit. "J'ai rêvé de ce moment depuis si longtemps, dit-elle. Quand j'ai gagné l'Orange Bowl, j'ai vraiment commencé à penser que je pourrais arriver un jour là où je suis aujourd'hui. Mais que ce soit la réalité, maintenant, c'est complètement fou."

Un gros travail sur elle-même

Si elle a été monstrueuse de solidité mentale, Bianca Andreescu le doit d'abord à un énorme travail sur elle-même. Elle n'a pas toujours été comme ça. Longtemps, un peu à l'image d'un Daniil Medvedev ou d'un Roger Federer à ses débuts, elle a perdu des matches en explosant psychologiquement. "Je n'ai pas toujours été comme ça, sourit l'Ontarienne. J'étais très négative pendant mes matches. Avec un scénario comme celui d'aujourd'hui, il y a deux ou trois ans, j'aurais cassé des raquettes, j'aurais hurlé. Et je n'étais pas comme ça que pendant les matches. A l'entrainement aussi."

Bianca Andreescu of Canada celebrates her victory during her Women's Singles semi-finals match against Belinda Bencic of Switzerland on day eleven of the 2019 US Open at the USTA Billie Jean King National Tennis Center on September 05, 2019 in Queens boro

Bianca Andreescu of Canada celebrates her victory during her Women's Singles semi-finals match against Belinda Bencic of Switzerland on day eleven of the 2019 US Open at the USTA Billie Jean King National Tennis Center on September 05, 2019 in Queens boroGetty Images

La mue a été progressive. Et décisive. "J'ai réalisé que ça me pénalisait énormément, donc il fallait que je change. Alors j'ai commencé à prendre conseil auprès de certaines personnes", explique-t-elle. Elle pratique également la méditation, chaque matin. Samedi matin, encore, en ce jour de finale. Même si c'était sans doute plus difficile que la veille. "Beaucoup, beaucoup de choses me traversaient l'esprit en me levant, avoue Andreescu. J'ai respiré, longuement, autant que je pouvais, pour être le plus calme possible."

Désormais, quand elle rentre sur le court, rien ne semble pouvoir l'atteindre. Première finale majeure. Contre Serena Williams. Le public contre elle. Une balle de match envolée. Elle a résisté à tout ça. "Je suis arrivée à un point, dit-elle, où, quoi qu'il arrive, je vois les choses positivement." Et ça marche.

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