US Open - Simple messieurs - Quart de finale : Djokovic - Berrettini, acte III entre le patron et le "marteau"
Par Laurent Vergne
Publié 08/09/2021 à 08:02 GMT+2
US OPEN 2021 - Après Roland-Garros et Wimbledon, Novak Djokovic et Matteo Berrettini vont boucler leur trilogue majuscule en 2021 mercredi, à New York. Comme à Paris, l'enjeu sera une place en demi-finale. Vainqueur de leurs deux premiers duels, à chaque fois en quatre manches, le N.1 mondial a toutes les cartes en main pour le 3-0, malgré un niveau de jeu sinusoïdal depuis le début du tournoi.
Novak Djokovic v. Matteo Berrettini | US Open 2021, quarters | Eurosport Premium Content
Crédit: Eurosport
Pour Novak Djokovic, ça commence vraiment aujourd'hui. Evidemment, il lui fallait prendre marche après marche sur l'escalier susceptible de le mener au septième ciel tennistique, mais aucun des adversaires servis en amuse-gueule ou en entrée au numéro un mondial n'était de nature à escamoter cette ambition ultime. Holger Rune, Tallon Griekspoor, Kei Nishikori et Jenson Brooksby ont fait ce qu'ils ont pu, et en dehors du Néerlandais, tous ont réussi à plus ou moins bousculé le Djoker en lui prenant un set. Mais il ne fallait pas leur en demander plus.
Sans se montrer impérial, Djokovic a fait le métier. Les choses très sérieuses, celles qu'il aime vraiment, démarrent mercredi avec ce quart de finale contre Matteo Berrettini, premier volet d'un possible triptyque avec, derrière, Alexander Zverev en demie puis Daniil Medvedev en finale. S'il écarte le premier obstacle, l'idéal pour le Serbe serait que l'Allemand et/ou le Russe trébuche avant de le croiser. Tout autre adversaire (Lloyd Harris vendredi, Félix Auger-Aliassime dimanche) risque de manquer d'étoffe et de vécu à ce niveau pour contrecarrer les plans de Grand Chelem de l'homme de Belgrade.
Mais tout ceci n'est, pour l'heure, que projection. Berrettini, c'est du concret. C'est là, maintenant. Sur le papier, l'Italien constitue une menace supérieure à tout ce que Novak Djokovic a dû négocier jusqu'ici. Mais si ce ne fut pas du grand Djoko depuis le début de la quinzaine, la remarque vaut également pour le Romain. Il a écarté Jérémy Chardy en trois sets au premier tour, mais en bataillant sévèrement dans les deux premiers. Puis, contre Corentin Moutet (quatre sets), Ilya Ivashka (cinq) et Oscar Otte (quatre), ce fut loin d'être limpide.
Ce Berrettini-là peut-il vraiment terrasser ce Djokovic-ci ? C'est peu probable. S'il veut rester dans l'histoire comme celui qui a empêché Djokovic de l'écrire, il devra montrer autre chose. Mais intrinsèquement, il a des armes. "C'est le marteau du tennis, a jugé le numéro un mondial. En service et en coup droit, c'est probablement le plus gros frappeur du circuit. S'il sert bien, car ça reste son arme principale, il est dur à battre. Sur n'importe quelle surface."
"Nole" sait de quoi il parle. Après la terre battue de Roland-Garros, en quarts de finale, et le gazon de Wimbledon, cette fois avec le titre en jeu, ce sera la troisième confrontation consécutive en Grand Chelem entre les deux hommes. "J'espère que ça se terminera de la même façon", sourit Djokovic, qui s'était imposé dans les deux cas en quatre manches. Paradoxalement, s'il avait perdu le premier set à Londres, c'est peut-être à Roland, où il avait mené 2-0 avant d'être embarqué dans une quatrième manche tendue, que la menace avait été la plus grande. Une fois tiré d'affaire, le cri de rage d'un Djoker possédé avait fait causer, mais il traduisait surtout le soulagement qui était le sien.
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Di Pasquale: "Petit appel au public : portez Djokovic jusqu'au Grand Chelem maintenant !"
Video credit: Eurosport
Djokovic a le jeu parfait pour le neutraliser
Le problème de Matteo Berrettini, son drame même quand il fait face à Novak Djokovic, c'est que ce dernier a le jeu parfait pour réduire la portée de ses armes de destruction massive. L'Italien en avait convenu à Wimbledon après son échec en finale : "Personne ne peut mieux neutraliser mes principales forces, mon service et mon coup droit. Parce qu'il est le meilleur relanceur du monde, et qu'il couvre le terrain comme personne. C'est quelque chose que je ne ressens que contre lui. Donc si je veux le battre, je vais devoir encore progresser."
Aura-t-il suffisamment progressé depuis Wimbledon ? Sans doute pas. Blessé, il avait coupé quelques semaines, renonçant notamment aux Jeux Olympiques de Tokyo. Entre Wimbledon et l'US Open, il n'a disputé que le seul Masters 1000 de Cincinnati, où il avait perdu dès son deuxième match contre Félix Auger-Aliassime. D'où, sans doute, un manque de rythme qui est apparu criant ces dix derniers jours à New York. La bonne nouvelle, c'est que même sans être exceptionnel, le voilà en quarts de finale. Signe d'un niveau plancher bien supérieur à ce qu'il pouvait être les saisons précédentes.
Mais pour déboulonner Djokovic, il faudra faire (beaucoup) plus et (beaucoup) mieux. Comme toujours, le Serbe aura donc les clés. S'il ne se montre pas plus inspiré que lors de ses quatre premiers matches et si Berrettini hausse considérablement son niveau de jeu, ce quart de finale pourrait ne pas s'apparenter à un long fleuve tranquille pour le chasseur de Grand Chelem. On vous l'accorde, cela fait tout de même beaucoup de si.
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Berrettini et Djokovic lors de la finale de Wimbledon.
Crédit: Getty Images
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