US Open 2026 | Aryna Sabalenka et l'immense défi du triplé

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Aryna Sabalenka a tranquillement débuté sa campagne 2026 à l'US Open en battant Camila Osorio (6-2, 6-4). Sacrée en 2024 et 2025 à Flushing Meadows, la numéro un mondiale, qui pourrait descendre de son trône dans deux semaines, est donc en quête d'un triplé rarissime à New York. Un challenge excitant, dans un contexte toutefois compliqué pour la Biélorusse, en panne de résultats.

Aryna Sabalenka

Crédit: Getty Images

Après tout, peut-être est-ce un truc très américain. En NFL, aucune équipe n'a réussi à remporter le Super Bowl trois années de suite. Une statistique presque improbable, sachant qu'en près de six décennies d'existence, la finale du championnat de football américain a généré pas moins de huit doublés. Mais aucun de ces "back to back" n'a débouché sur une passe de trois. L'US Open de tennis n'en est pas là mais, chez les femmes, le syndrome de la quête du "Threepeat" existe aussi dans une certaine mesure.
Le triplé n'est pas impossible. Chris Evert et Serena Williams l'ont accompli. La première a même claqué un quadruplé dans les années 70 (de 1975 à 1978). La seconde, elle, a soulevé le trophée en 2012, 2013 puis 2014. Au total, depuis 70 ans, il y a eu pas moins de 12 doublés. Pour seulement trois triplés. C'est clairement le cap de la déperdition. Des immenses championnes ont buté sur l'obstacle, d'Althea Gibson à Margaret Court, en passant par Billie Jean King, Martina Navratilova (deux fois) ou Steffi Graf (deux fois aussi).
Aryna Sabalenka, double tenante du titre, vient de signer en 2024 et 2025 le 13e doublé de ce genre. C'est donc à son tour de s'attaquer à cette marche si casse-gueule pour rejoindre ce tout petit cercle formé par les seules "Chrissie" et Serena. "Elles sont les plus grandes, ce sont des légendes. Si je pouvais mettre un tout petit peu mon nom à côté du leur, ça signifierait beaucoup pour moi", a confié la Biélorusse le week-end dernier avant de s'attaquer à ce chantier.
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Sabalenka démarre en douceur face à Osorio : Les temps forts du match

Video credit: Eurosport

Lancez-moi des défis difficiles, je n'en reviendrai que plus forte
Malheureusement pour elle, au-delà de la difficulté intrinsèque de la mission, le moment est mal choisi. Si elle trône toujours à la première place mondiale, celle-ci est désormais en sursis. Car Sabalenka traverse une période que l'on qualifiera poliment de mitigée, proche d'un début de crise. Elle pourrait boucler sa première saison depuis 2022 sans titre du Grand Chelem. Elle vient aussi d'enchainer pour la première fois depuis plus de quatre ans deux Majeurs sans apparaître dans le dernier carré, avec un quart de finale à Roland-Garros et un huitième à Wimbledon.
Au-delà des Grands Chelems, c'est d'ailleurs toute sa saison 2026 qui semble en panne sèche. Depuis son "Sunshine Double" Indian Wells – Miami en mars, elle n'a non seulement plus gagné le moindre tournoi, mais on ne l'a pas vue dans une seule finale et elle n'a atteint qu'une seule fois le dernier carré, au WTA 500 de Berlin, et elle reste sur trois sorties de rang en huitièmes. Alors, forcément, les gens se demandent ce qui arrive à Aryna Sabalenka. Quel est son problème ? "Peut-être que ce sont les gens qui ont un problème", sourit-elle en guise de réponse. Elle le jure, sa confiance n'est pas entamée. "Je suis toujours confiante, quoi qu'il arrive", assène la numéro un mondiale.
"C'est toute la beauté du sport, précise-t-elle, soudain plus sérieuse. Lancez-moi des défis difficiles, je n'en reviendrai que plus forte. Ce n'était pas la meilleure période de ma carrière. Je ne cherche pas à me justifier, mais je préfère tout simplement ne pas en parler. J'ai dû gérer plusieurs choses en parallèle. Mais peu importe, n'est-ce pas ? Oui, je n'ai pas été à mon meilleur niveau. Ces leçons difficiles vont indéniablement me rendre bien plus forte et m'inciter à travailler encore plus dur. Je travaille sur l'aspect mental de mon jeu. J'ai essayé de faire le vide pour revenir plus fort. Ce n'est qu'une question de temps avant que je ne revienne."
Elle fait notamment ici référence, sans le citer nommément, à l'épisode de son quart de finale à Roland-Garros contre Diana Shnaider, où elle s'était inexplicablement autodétruite. Quoi qu'elle en dise, pas sûre qu'elle ait retrouvé la totale possession de ses moyens sur le court depuis. Il faut des années pour façonner une confiance structurelle, mais celle-ci peut se fissurer en un rien de temps. Cet US Open revêt donc une importance majuscule pour Aryna Sabalenka, sans quoi elle ne détiendra plus une seule couronne en Grand Chelem.
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"Sabalenka était perdue sur le court"

Video credit: Eurosport

Je continue de considérer Sabalenka comme la favorite
S'il y a un endroit où elle peut se refaire la cerise et se comporter à nouveau en patronne, c'est toutefois bien à Flushing Meadows, son jardin depuis deux ans. Mats Wilander l'envisage d'ailleurs toujours comme la femme à battre dans ce tableau. "Je continue de considérer Sabalenka comme la favorite", nous dit l'ex-numéro un mondial, convaincu que la timidité de sa préparation estivale n'aura guère d'impact.
"Je pense qu'elle n'accorde tout simplement pas autant d'importance aux tournois classiques qu'aux Grands Chelems, pointe-t-il. L'enjeu est immense pour elle et son équipe lui rappellera sans doute que l'objectif est trop important pour se laisser gagner par l'agacement et pour se disperser. L'idée est de 'simplement' de jouer au tennis. Et si elle impose son jeu physique, elle a une longueur d'avance sur toutes les autres joueuses."
À 28 ans, Aryna Sabalenka n'est pas encore à la croisée des chemins, mais cet US Open 2026 peut lui permettre tout à la fois d'écrire une page d'histoire et de chasser un semestre entier de doute. Ce serait un joli coup double pour un sacré triplé.
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