En marge de l'annonce du réveil de la blessure de Rafael Nadal, de la crainte que la suite de sa carrière ne s'inscrive en pointillés au bon vouloir de ses genoux, se lancer dans des analyses tactiquo-tactiques peut paraître dérisoire. Il faut cependant bien reconnaitre qu'avant même qu'il ne fasse appel au médecin du tournoi en seizième de finale face à l'Allemand Petzchner, le numéro un mondial avait montré quelques signes inquiétants qui nous permettent de douter de sa capacité à s'imposer à Londres.
Arrivé dans la capitale britannique avec le costume de favori au même titre que Federer après avoir signé un véritable grand chelem sur la terre battue européenne et récupéré la première place mondiale, Rafael Nadal a montré au cours des trois premiers tours qu'il est encore bien loin du niveau qui lui a permis de réaliser le doublé Roland-Garros/Wimbledon en 2008.
Rafa ne fait pas du Nadal
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Et les difficultés rencontrées face au Néerlandais Hasse et l'Allemand Petzschner ne sont pas que d'ordres physiques. Face à deux joueurs pourtant classés au-delà de la 40e place mondiale, qui n'ont pas fait le moindre complexe et pas hésité à jouer leurs chances à fond, Nadal n'a pu cacher ses limites actuelles sur gazon. En manque de puissance, notamment en seconde balle, le numéro un mondial a donné le sentiment de plus réagir qu'agir, tant il a semblé subir de plein fouet les assauts adverses. Face à des joueurs taillés pour lui poser des problèmes - gros service (28 et 25 aces pour Haase et Petzschner), volonté de conquête du filet, prise de risque maximale en coup droit - l'Espagnol a donné souvent l'impression d'être dépassé par le rythme imposé et de réussir à prendre la direction des échanges que lors des deux derniers sets, au moment où la dimension physique prédomine.
Bien sûr, le Majorquin reste cette bête de combat inégalable, tant sur le plan physique que mental mais le fait qu'il n'avait jusqu'alors jamais eu besoin de disputer autant de sets pour se frayer un chemin jusqu'en deuxième semaine d'un Grand Chelem (il en a déjà cédé quatre fois plus que lors des six premières étapes de son parcours triomphal d'il y a deux ans) est la preuve qu'il n'a pas encore retrouvé ses marques sur le gazon. Très décevant en retour, pourtant assurément un de ses points forts, constamment mis sous pression derrière des secondes balles faiblardes et souvent étonnamment imprécis en passing, Rafa ne fait pas vraiment du Nadal depuis le début du tournoi.
Son parcours ne ressemble pas pour le moment à celui d'un futur vainqueur et son niveau de jeu ne pardonnera pas contre des adversaires plus cotés, à commencer par Paul-Henri Mathieu, en pleine résurrection, depuis le début de la quinzaine, et Soderling, éventuel adversaire en quarts de finale. Diminué par des pépins physiques lors de la première moitié de saison au point de se présenter à Londres avec une seule victoire au compteur, le Strasbourgeois, vainqueur notamment de sa bête noire, le Russe Youzhny, tête de série 13, et de l'espoir néerlandais de Bakker, en faisant preuve de qualités mentales insoupçonnées, ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. "Arriver en deuxième semaine, c'est un bon résultat. Mais il faut aller en quarts maintenant", lance-t-il sans complexe. Personne, pas même Nadal, ne semble lui faire peur. Il faut cependant se méfier d'une bête blessée.
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