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Murray peut-il le faire ?
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Publié 01/07/2010 à 23:23 GMT+2
Andy Murray peut-il battre Rafael Nadal en demi-finale à Wimbledon ? La Coupe du monde de football terminée pour les Anglais, les passionnés britanniques ont jeté de nouveau leur dévolu sur Andy, au moment d'affronter Rafael Nadal en demi-finale de Wimbledon. Avec une première finale en vue ?
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Crédit: Eurosport
WIMBLEDON 2010 - Demi-finales messieurs
Andy Murray (GBR/N.4) - Rafael Nadal (ESP/N.2) - 16hFace-à-face : 7-3 Nadal
"J'ai fait de très bons matches, avec un bon tennis. Je reviendrai l'an prochain avec la volonté de faire mieux. J'ai une chance de gagner ici. Vu comment j'ai joué, je suis passé près de la finale. Si je continue comme ça, si je reste régulier, j'aurais d'autres occasions. Je crois que je peux gagner un Grand Chelem." Au jeu des petites devinettes, devinez qui a pu tenir ce discours ? Ne cherchez pas bien loin, c'est Andy Murray qui parle. Enfin... parlait. Pour être très précis, c'était il y a un an, après sa défaite face à un impressionnant Andy Roddick en demi-finale 2009, devant le public inconsolable du Center Court de Wimbledon, tout acquis à sa cause pendant la quinzaine. Si Roddick n'est plus là, Murray et la "Murraymania" sont toujours d'actualité. Un peu plus même, à l'idée de retrouver le chouchou britannique aux portes d'une finale qui lui tend les bras pour la deuxième année consécutive. Et finalement, si Murray avait dit vrai ?
Avant cela, c'est le N.1 mondial Rafael Nadal qui s'avance vers lui en demi-finale vendredi. Qu'importe, l'Ecossais, qui n'a perdu qu'un set depuis le début du tournoi (face à Tsonga en quart,) est une nouvelle fois à deux victoires de déclencher l'hystérie collective au All-England Club en devenant le premier Britannique à gagner un Grand Chelem depuis Fred Perry en 1936. Car la "Murraymania" a repris de plus belle en Angleterre depuis l'élimination de ses footballeurs à la Coupe du monde et frise une nouvelle fois le délire. Sur le Central, à la télévision et dans les journaux, il n'y en a plus que pour "Andy". On dissèque ses matches, on glose sur les textos que lui envoie David Beckham, on guette des nouvelles de sa chienne Maggie et on regarde pousser sa barbe porte-bonheur qui, pourquoi pas?, peut contribuer à mettre fin à une attente qui devient plus insupportable d'année en année.
"C'est devenu une blague dans les vestiaires"
L'impatience a franchi un nouveau cap mercredi après sa victoire sur Tsonga qui, conjuguée à la défaite de Federer, a soulevé un grand vent d'optimisme. Car si l'Ecossais a jusque-là toujours échoué dans sa quête, c'est en grande partie à cause de Federer qui l'a battu lors de ses deux premières grandes finales, à l'US Open en 2008 et à l'Open d'Australie en janvier. A ces deux occasions, la presse britannique avait dépêché des dizaines de reporters en renfort, ce qui donne une idée de la folie qui s'emparerait du royaume si Murray dispute dimanche la finale de Wimbledon, la première pour un Britannique depuis Henry "Bunny" Austin en 1938. Une éternité là aussi.
"Gagner ici serait incroyable. On attend ça depuis tellement longtemps. C'en est même devenu une blague dans les vestiaires entre joueurs", dit Murray avant de s'empresser à ajouter que "le chemin est encore très long" qu'il lui reste "encore six sets à gagner" et qu'il lui faut "d'abord battre le N.1 mondial pour avoir seulement la possibilité" de viser le titre. Ce ne sera effectivement pas une mince affaire face à Nadal, invaincu depuis douze matches à Wimbledon où il n'a perdu que deux de ses vingt-six dernières rencontres, à chaque fois contre Federer lors des finales 2006 et 2007. L'Espagnol, forfait sur blessure l'année dernière, peut même devenir l'égal des Becker, Borg, Federer, McEnroe et Sampras - en se qualifiant pour sa quatrième finale de suite à Wimbledon.
L'ombre de Perry au-dessus de lui
Mais, sans même parler du public, les observateurs croient Murray capable de franchir le cap. "Je ne vois personne jouer mieux que lui en ce moment, souligne Boris Becker, triple vainqueur à Wimbledon. C'est un des rares à savoir instinctivement quoi faire sur cette surface." Selon Becker, Murray a changé depuis sa prestation décevante lors de sa première demi-finale à Wimbledon l'an dernier face à Andy Roddick. "Il est plus agressif du fond de court, il n'attend plus que l'adversaire fasse la faute." "Le plus intéressant c'est qu'il semble encore avoir une marge de progression, ce qui tombe bien car il en aura besoin face à Nadal", estime l'ancien N.1 britannique Tim Henman, quadruple demi-finaliste à Wimbledon sans jamais réussir à pousser plus loin.
Murray, lui, a déjà réussi à passer ce cap à deux reprises. Est-ce un signe? Les deux fois, il avait battu Nadal au passage, en demi-finale à New York et en quarts de finale à Melbourne. "Rencontrer "Rafa" est toujours sympa. On en est à deux victoires chacun en Grand Chelem", souligne Murray qui compte bien empocher la belle et honorer les espoirs britanniques les plus fous. Pour ceux qui auront la chance d'aller à Londres pour assister à ce tournoi, levez le nez au ciel, une ombre planera certainement au-dessus du Centre Court.
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