L'air de rien, Coco Gauff est la deuxième favorite de Wimbledon chez les bookmakers. Tout le monde sera d'accord pour admettre que tout ceci n'a strictement aucune importance, en dehors de ce que cela dit du nouveau statut de l'Américaine, qui n'a encore que 18 ans. Depuis sa finale à Roland-Garros début juin, elle est entrée dans une nouvelle phase de sa carrière, ce qui l'autorise à jeter un premier et petit coup d'œil dans le rétro. Car si elle est encore très jeune, Miss Gauff est déjà là depuis longtemps.
Dans un entretien accordé jeudi au quotidien anglais The Telegraph, elle admet que certaines choses ont été compliquées à appréhender pour elle. Et elle en assume la responsabilité. Coco voulait tout, tout de suite. Après avoir battu Venus Williams à Wimbledon en 2019, à seulement 15 ans, elle n'avait pas hésité à clamer qu'elle s'attendait, selon le terme utilisé à l'époque, à gagner l'US Open dans la foulée. Elle avait été sortie sans ménagement en 16es de finale par Naomi Osaka.

Coco Gauff après sa défaite en finale à Roland-Garros.

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Parce qu'elle a, dès sa plus tendre enfance (elle a intégré l'Académie de Patrick Mouratoglou à l'âge de 10 ans seulement), elle se sentait redevable vis-à-vis du monde entier. "Si je pouvais donner un conseil à la Coco d'il y a trois ans, ce serait : 'Tu es dingue, tu te mets beaucoup trop de pression'. Elle était dingue", avoue-t-elle aujourd'hui. On appelle ça la maturité. "Quand j'étais un peu plus jeune, quand j'avais 15 ou 16 ans disons, j'avais l'impression que les gens m'aimeraient seulement si je gagnais", explique l'Américaine.
Elle assure avoir compris que le regard extérieur n'était pas forcément lié à ce qu'elle faisait, mais à ce qu'elle était. "Beaucoup de gens m'ont dit qu'ils me soutiendraient quoi qu'il arrive, que je gagne ou que je perde et ces messages-là m'ont fait beaucoup de bien, ça me mettait presque les larmes aux yeux", dit-il encore.
Ici, tu es comme la reine
La joueuse est désormais bien plu à l'aise avec ses ambitions, comme la jeune femme l'est avec ses prises de position. Coco Gauff n'hésite jamais à dire ce qu'elle pense ou à penser ce qu'elle dit. A 16 ans, en février 2020, son discours à Delray Beach, en Floride, sur le racisme et Black Lives Matters avait frappé les esprits.
"Je pense que c'est important pour moi d'en parler, assume-t-elle. Si je ne le fais pas, je rends un mauvais service à ma famille, parce que tous ses membres - et ma grand-mère en particulier - ont été d'une manière ou d'une autre des militants, donc j'aurais l'impression de trahir les personnes qui sont passées avant moi,, mes ancêtres."
Sur les hauteurs du tennis mondial, personne ne l'a en revanche précédée dans sa famille. Sur ce terrain-là, elle écrit sa propre histoire. Son premier sacre en Grand Chelem n'est peut-être plus très loin. Elle ne serait pas fâchée qu'il intervienne à Wimbledon. "Les autres tournois, je dirais que c'est de la pop culture. De la culture urbaine. Ici, c'est différent, c'est unique et c'est pour ça que j'aime autant Wimbledon. Ici, tu es comme la reine."
Elle le sera peut-être au sens propre dans deux semaines. Coco Gauff a hâte d'en découdre, notamment avec ses rivales de la nouvelle génération, avec lesquelles elle est en train de nouer un lien spécial. "Des filles comme Iga (Swiatek) ou Emma (Raducanu), on se croisait beaucoup chez les juniors ou en ITF, explique-t-elle. On était sur les mêmes tournois. Voir des gens que tu connais depuis longtemps réussir, c'est cool. Je supporte toujours Iga, Emma ou Leylah (Fernandez, NDLR). Quand je ne suis pas contre elles."

Coco Gauff (Wimbledon 2021)

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