Le sursaut n'aura duré qu'un set. Le premier avant l'interruption par la pluie. Puis, Benoît Paire a renoué avec ses démons du moment à la reprise du jeu pour s'incliner assez largement face à Quentin Halys (4-6, 6-1, 6-2, 6-4) pour son entrée en lice. Au cours de cette 5e défaite consécutive (en comptant celle au Challenger de Milan la semaine dernière), la 15e déjà dès le 1er tour sur le circuit cette saison, il n'a jamais donné le sentiment d'être en capacité de se révolter. Et pour cause, le principal intéressé n'en avait pas envie, tant il n'arrive plus à prendre de plaisir à exercer son métier.
"J'avais une autonomie assez courte. Trente-cinq, quarante minutes, sur le premier set. J'ai dû jouer trois heures et demie au tennis depuis Roland-Garros. J'avais fait juste deux entraînements sur gazon juste avant d'arriver. Je savais que ça allait être compliqué. (...) J'ai un dégoût du tennis. Je vois des personnes pour ça. J'en sentais le besoin, je fais un rejet de ce sport. Ça me dégoûte quand je vais sur le court. Ces derniers temps, dès que je mettais le pied dessus, j'avais envie de fuir, donc ça ne servait à rien d'y aller. C'est pour ça que depuis Roland-Garros, je n'ai vraiment pas beaucoup joué. Quand je me retrouve sur un court, j'ai des boules d'angoisse", a-t-il confié en conférence de presse.
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Pour une exhibition à 60 000 euros, je viens quoi qu'il arrive
Paire a précisé la nature des spécialistes qu'il voyait pour tenter de renouer avec ce qui était sa passion : "un psy et un hypnotiseur". Quant au prestige de Wimbledon, le "Temple du tennis", était-il de nature à réveiller la flamme de l'Avignonnais ? Loin s'en faut, à l'en croire. Son rapport à son sport est en ce moment tellement compliqué que seules les considérations financières lui importent, d'autant plus quand il n'y a plus de points ATP en jeu.
"Je savais qu'ici, ça allait être une exhibition un peu difficile mais il y avait un peu d'argent à prendre et ça pouvait être bien. Il y avait un bon chèque à gagner au deuxième ou au troisième tour. C'est juste dommage pour ça. (...) De toute façon, pour une exhibition à 60 000 euros, franchement, moi je viens, quoi qu'il arrive, même si on me conseille de ne pas y aller. J'ai surtout discuté beaucoup, j'essaye de progresser, de m'enlever ce truc, parce que j'aimais le tennis avant, j'aimais ces moments de tension, être sur un court, mais là je ne suis vraiment pas très bien dans ma peau et j'essaye d'aller mieux", a-t-il lâché, sans état d'âme.
Même s'il semble au bout du rouleau sur le plan mental, Paire n'a pas l'intention de s'éloigner du circuit comme il l'avait pourtant annoncé il n'y a pas si longtemps. Après quelques jours pour récupérer, il pense repartir en Challenger sur terre battue après Wimbledon. Décidément, l'Avignonnais n'est pas à une contradiction près.
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