Wimbledon - huitième de finale : Arthur Fils - Giovanni Mpetschi Perricard ensemble, et s'il n'y avait pas de hasard ?
Par SEBASTIEN PETIT
Publié 08/07/2024 à 00:12 GMT+2
Pour la première fois de leur jeune carrière, Arthur Fils et Giovanni Mpetschi Perricard vont disputer un huitième de finale en Grand Chelem sur le gazon de Wimbledon. Ce lundi, le premier affronte Alex de Minaur, le second se frottera à Lorenzo Musetti. Mais cela est-il vraiment un hasard ?
Pourquoi le tennis français cartonne à Wimbledon ?
Video credit: Eurosport
Pour réussir dans le tennis, c'est assez limpide : il faut de la technique, de la caisse physique, un mental à tout épreuve, un bon entourage (équipe comme famille) et une petite dose de chance. Mais cela ne s'arrête pas là. Si certains joueurs ont tout cela, il leur manque le petit truc en plus pour leur permettre de décoller pour de bon. D'avoir le déclic qui transcende. Et souvent cela prend forme grâce à un effort collectif. Une saine émulation d'un groupe qui tire tout le monde vers le haut. Et à bien regarder ce qui passe à Wimbledon, les parcours à Wimbledon d'Arthur Fils et Giovanni Mpetschi Perricard, inédits et simultanés sur le gazon londonien, ne sont peut-être pas dûs au hasard.
Entre eux, une grande complicité lie les deux joueurs de 20 et 21 ans depuis leur tendre jeunesse. "On se voit tous les jours, confiait Fils en conférence de presse la semaine dernière, on dîne ensemble quasiment tous les soirs, on est partis plein de fois en vacances ensemble... on a grandi ensemble et s'aide mutuellement." Chacun suit les exploits de l'autre avec assiduité. Pas d'exception à Londres. Ici, Arthur, 34e mondial, est entré directement dans le grand tableau. Giovanni, lui, a eu la chance d'être repêché pour disputer ce tournoi qu'il n'aurait pas dû jouer après une défaite au 3e tour des qualifications. Pourtant, ils ont atteint ensemble les huitièmes de finale du prestigieux Grand Chelem qu'ils disputeront ce lundi. Comme dans un rêve de potes qui n'attendent qu'une chose : jouer de grands matches l'un face à l'autre. A Londres, ils sont encore très loin de se retrouver face à face sur le même court dans une (très) potentielle demi-finale. Il n'empêche que l'espoir fait vivre. Et les motive plus ou moins consciemment.
"Dans le tennis, on a souvent ce besoin d'émulation, soulignait notre consultant Arnaud Di Pasquale fin 2022, au moment d'expliquer la formation de ce creux générationnel dans le tennis français. "Dans les années 2000, on a vu arriver des gars comme Sébastien Grosjean et Arnaud Clément, qui se tiraient la bourre alors qu'ils étaient les meilleurs potes du monde. Il y avait ce truc de copains qui s'observent et qui s'admirent d'une certaine manière. Et la Clé me disait : 's'il le fait, c'est que je suis aussi capable de le faire'. Il y en a toujours un pour pousser l'autre à aller un petit peu plus loin." Y arriver seul, au final, peut être vu comme une exception.
Si Sébastien Grosjean s'est invité dans le top 4 mondial, Arnaud Clément, ex-Top 10 également, a réussi à jouer une finale de Grand Chelem en Australie en 2001, un exploit alors dessiné face à son meilleur pote renversé en cinq sets en demi-finale. Cela ne s'invente pas. "J'ai l'impression qu'il y a des arrivées par groupe, poursuit Di Pasquale, ça fait forcément du bien, c'est plus facile que quand tu arrives tout seul, que tu n'es pas très entouré et que tu n'as pas cette dimension de vouloir dépasser ton copain, ce que je trouve très sain." Le dernier groupe en date pour les Français, ceux des "néo-Mousquetaires" des Tsonga-Gasquet-Monfils-Simon, a produit une génération dorée que le tennis français regarde déjà avec nostalgie.
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Arthur Fils Wimbledon 2024
Crédit: Getty Images
Assez parlants en France, ces groupes d'émulation résonnent également dans les autres pays : les Etats-Unis, grande nation de tennis longtemps en panne de plusieurs grands joueurs simultanément dans les années 2010, sont aussi un exemple probant avec l'émergence des Shelton, Korda et Nakashima dans le sillage des Fritz, Paul et Tiafoe. Et que dire du tennis italien, longtemps porté par des individualités comme Fabio Fognini et Matteo Berrettini ? Les Transalpins ont vu débarquer une génération de joueurs exceptionnels portés par le numéro un mondial actuel Jannik Sinner, devant Lorenzo Musetti, Matteo Arnaldi, Luciano Dardelli et Flavio Cobolli, tous dans le Top 50 mondial, qui n'ont pas fini de faire parler d'eux du haut de leur 22 ans. L'émulation, ou la saine concurrence, peut lever des foules.
De là à voir Arthur Fils et Giovanni Mpetschi Perricard se défier dans le dernier carré londonien, il y a un pas que beaucoup refusent de franchir. Sur la route du premier : l'Australien Alex de Minaur, 9e mondial et pas le plus maladroit sur gazon, puis éventuellement Novak Djokovic ou Holger Rune en quart de finale. Sur la route du second : Lorenzo Musetti, puis Taylor Fritz ou Alexander Zverev. Autant d'obstacles qui peuvent faire peur, mais qui peuvent aussi donner des ailes, histoire de faire mieux que le pote. A bien l'écouter sur BeIn Sports, Giovanni est hyper motivé à l'idée de retrouver son meilleur ami en demi-finale. Et Arthur de rétorquer : "Ce serait cool, mais dis-lui un peu de se concentrer, putain, qu'est-ce qu'il raconte, là ?!" On en reparle dans quelques jours ?
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Giovanni Mpetshi Perricard et Arthur Fils - Wimbledon 2024
Crédit: Eurosport
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