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Wimbledon - simple messieurs : Bientôt l'Amérique pour les Américains ?
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Publié 09/07/2024 à 00:39 GMT+2
Pour la première fois du XXIè siècle, deux joueurs américains, Taylor Fritz et Tommy Paul, seront conjointement présents en quart de finale de Wimbledon. Un tir groupé qui s'était déjà produit deux fois en Grand Chelem l'année dernière. Si le successeur d'Andy Roddick, dernier vainqueur US d'un tournoi majeur il y a plus de vingt ans, n'est toujours pas trouvé, l'étau se resserre…
Tommy Paul en Wimbledon 2024
Crédit: Getty Images
Ah, le fameux effet de groupe. On en a beaucoup parlé ces derniers mois pour expliquer (en partie) l'éclatante santé du tennis italien. On l'a bien sûr beaucoup évoqué sur ce Wimbledon pour raconter l'éclosion commune des jeunes Français Arthur Fils et Giovanni Mpetshi Perricard. On pourrait également en parler et en reparler à l'égard du réservoir américain, qui a renoué ces dernières années avec une densité au plus haut niveau de plus en plus intéressante.
C'est prégnant sur cette édition 2024 de Wimbledon, où deux représentants du tennis US vont disputer les quarts de finale : Tommy Paul, le récent vainqueur du Queen's, qui aura le redoutable honneur de défier le tenant du titre Carlos Alcaraz ce mardi sur le court 1 ; et Taylor Fritz, le récent vainqueur d'Eastbourne, auteur d'une belle "remontada" lundi face à Alexander Zverev pour atteindre son deuxième quart de finale personnel à Londres, après 2022.
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Impérial, Fritz remporte Eastbourne sans sourciller : les temps forts de son sacre
Video credit: Eurosport
Fritz et Paul, amis de longue date, toujours extrêmement complices, ont mine de rien signé ensemble un petit exploit : jamais, au XXIè siècle, plusieurs joueurs américains ne s'étaient retrouvés conjointement dans le "last 8" du pré carré londonien. La dernière fois, c'était en 2000. Cette année-là, ils étaient trois avec les inévitables Pete Sampras (futur vainqueur) et Andre Agassi, avec lesquels s'était glissé le moins connu Jan-Michael Gambill.
C'était encore la belle époque, la grande époque du tennis US, qui s'était achevée pour ainsi dire trois ans plus tard avec le sacre d'Andy Roddick à l'US Open 2003. Depuis ? Nada. La bannière étoilée s'est subitement étiolée, jusqu'à traverser la plus grande traversée du désert de son histoire. Plus de vingt ans sans le moindre titre majeur (chez les hommes), série en cours : c'est presque une insulte à l'égard de ce que cette nation représente pour ce sport.
Cinq représentants dans le top 30, aucun dans le top 10
On n'ira pas jusqu'à dire que la succession de Roddick est imminente. Certes, le tennis américain a retrouvé, ces dernières années, une densité impressionnante, avec la présence actuelle de cinq représentants dans le top 30 : Fritz et Paul, donc, mais aussi Ben Shelton, Sebastian Korda ou Frances Tiafoe (en attendant, peut-être, le retour de Reilly Opelka ?). Mais aucun d'entre eux ne figure dans le top 10, donc a priori en position de devenir LE champion que l'Oncle Sam attend.
Difficile, dans ces conditions, d'exister de l'autre côté de l'Atlantique. Taylor Fritz en parlait lui-même il y a deux ans en marge de sa première accession en quart de finale à Wimbledon : au pays des McEnroe, Connors, Sampras ou Agassi, pour ne citer que les plus grands champions US de l'ère Open, si tu n'as pas gagné au moins un Grand Chelem, tu n'es pas grand-chose. Pour ainsi dire, tu n'es même rien. C'est triste, cruel voire dramatique. Mais c'est comme ça.
Il n'empêche que si les piliers actuels du tennis américain ne sont pas au tout premier rang de la mêlée, incontestablement, ils poussent fort. De plus en plus fort. En 2022, Frances Tiafoe était devenu le premier Américain demi-finaliste à l'US Open depuis Roddick en 2006. Et il s'était incliné de très peu face au futur vainqueur, Carlos Alcaraz. L'an dernier, en 2023, il y avait trois Américains en quarts de finale à l'Open d'Australie (Korda, Shelton et Paul, qui avait lui aussi poussé jusqu'en demie) ; et également trois en quarts de finale de l'US Open (Fritz, Tiafoe et Shelton, qui avait à son tour poussé jusqu'en demie).
Si l'on se fie à la loi des séries, ce serait donc au tour de Taylor Fritz d'atteindre le dernier carré, ici à Londres. Ce serait mérité au vu de sa carrière, et quelque part logique puisqu'il partira favori face à Lorenzo Musetti. Ça n'en fait pas encore l'héritier désigné d'Andy Roddick, mais la perspective n'est pas non plus extravagante, loin de là. A force de s'en approcher de près en bataillon groupé, et pour peu que ça rigole un peu, un Américain pourrait bien finir par décrocher prochainement la lune.
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