Wimbledon 2025 - couvre-feu - Le "curfew", le vieux serpent de mer de Wimbledon
Par Glenn Ceillier
Publié 04/07/2025 à 23:30 GMT+2
Cette première semaine à Wimbledon a été marquée encore une fois par de nombreux matches disputés sur deux jours. Et si Arthur Rinderknech a dû jouer pendant cinq jours consécutifs, Ben Shelton et Taylor Fritz n'ont eux pas caché leur agacement devant le choix des arbitres de stopper leur match. Mais c'est un vieux sujet à Londres. Et le changement n'est pas pour maintenant.
Ben Shelton a Wimbledon 2025
Crédit: Getty Images
C'est une affaire "so british". Mais elle fait jaser durant cette première semaine à Wimbledon. Ben Shelton et Taylor Fritz n'ont même pas caché leur colère contre cette singularité londonienne, unique sur le circuit. On ne parle pas ici du code vestimentaire, qui s'est un peu assoupli cette année pour les femmes. Ou de la "Queue", cette file d'attente pour tenter d'obtenir un ticket pour les rencontres du lendemain. Non, ce qui dérange ici, c'est le "curfew", cet arrêt imposé le soir à une heure précise par le tournoi le plus prestigieux du monde.
Depuis 2009 et l'inauguration du toit du Court central, Wimbledon impose un couvre-feu. A 23 heures, tous les matches doivent s'arrêter. La raison principale ? Une question de respect vis-à-vis des riverains alors que le tournoi se déroule en pleine zone résidentielle. Et de transports en commun. Mais alors que l'organisation de ce Grand Chelem mythique ne veut toujours pas mettre non plus d'éclairage sur les courts annexes en raison du risque de glissades et de la manière dont le gazon réagit à la lumière artificielle, cela amène des scènes un peu ubuesques. Et ce n'est pas Ben Shelton, qui dira le contraire.
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Pourquoi Wimbledon reste le plus grand tournoi du monde
Video credit: Eurosport
Une question de programmation
Jeudi soir, l'Américain s'apprêtait à servir pour le match face à Rinky Hijikata (6-2, 7-5, 5-4). Mais l'arbitre de cette rencontre du 2e tour de Wimbledon en a décidé autrement et a remis la fin à vendredi. De quoi provoquer la colère du 10e joueur qui n'a pas compris l'intérêt de cette décision lunaire à un jeu du terme. Vendredi, il n'a d'ailleurs eu besoin que de 70 secondes pour terminer sa rencontre. "Je comprends le couvre-feu. Si j'habitais ici, je n'aurais pas envie que ça joue jusqu'à 2 heures du matin alors que c'est au cœur d'un quartier, a confié l'Américain. Mais là, c'était une question de programmation, pas un souci de glissades ou de lumière (…) Et ce n'est jamais idéal de se réveiller et de savoir que c'est un jour de match ".
En début de semaine, c'est Taylor Fritz qui s'était agacé de voir son duel face à Giovanni Mpetshi Perricard stoppé à 45 minutes du "curfew". "Quand j'ai regardé l'horloge à la fin du quatrième set, je me suis dit qu'il était 10 heures. A mes yeux, il n'y avait aucune chance qu'ils nous arrêtent. J'étais sûr qu'on allait jouer ce cinquième set. L'idée d'arrêter ne me venait même pas à l'esprit. Je n'avais qu'une idée en tête : terminer ce match ce soir", s'était agacé l'Américain.
Autre aberration : Arthur Rinderknech. Avec deux matches en deux temps pour ses deux premiers tours, le Français a dû jouer lors des cinq premiers jours de cette troisième levée du Grand Chelem de cette année 2025. Absurde dans un Majeur. Mais voilà, c'est Wimbledon. Et le All England Club, qui organise le tournoi, ne compte pas batailler pour revoir cette règle ni ajouter des projecteurs sur les courts annexes. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que cette règle fait des vagues.
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Taylor Fritz si lamenta durante il match contro Giovanni Mpetshi Perricard a Wimbledon 2025
Crédit: Getty Images
Un souci déjà évoqué dans le passé
En 2023, Paul Mcnamee, l'ancien joueur australien qui a géré pendant quelques années l’Open d’Australie, avait d'ailleurs pointé du doigt le manque de logique sportive de cette particularité londonienne, après un match de Novak Djokovic reporté alors que le Serbe menait 2 sets à 0. "Je pense qu’un set de plus pour donner une chance au match de se terminer, bien avant minuit en plus, aurait été une décision bien plus raisonnable… Je veux dire, sérieusement, les règles de couvre‐feu doivent être revues…", avait regretté Mcnamee sur son compte Twitter (devenu X depuis).
En 2022, Novak Djokovic était d'ailleurs lui aussi monté en créneau. Pas pour changer le "curfew" mais pour demander des changements d'horaires et débuter les matches plus tôt. "Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas commencer plus tôt (…) Le couvre-feu est probablement quelque chose de beaucoup plus difficile à changer (…) Mais je pense que les matches pourraient commencer au moins à midi, je pense que ça ferait une différence". Depuis, rien n'a changé. Wimbledon reste campé sur ses bases. Immuable sur ses principes. Et conscient aussi des enjeux pour les TV d'avoir un match phare qui commence plus tard, même s'il ne va pas à son terme…
Cela ne déplait d'ailleurs pas à tout le monde. "Ce devrait être le seul tournoi qui conserve toutes les traditions. Il aurait été intéressant que les traditions du tennis ne changent jamais à Wimbledon. Mais le monde du tennis ne m'écoutera pas", a ainsi lancé Nick Kyrgios à talkSPORT, regrettant que le tournoi londonien ait supprimé ses juges de ligne. Car ces petites particularités de Wimbledon font aussi sa légende. Et son charme. Même si cela semble lunaire ou ubuesque par moments.
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