Wimbledon 2025 - Finales simple dames - Iga Swiatek, l'inattendue révolution verte

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Habituellement très loin d'être une adepte du gazon, Iga Swiatek a retrouvé le sourire et des sensations inattendues dans cette cuvée 2025 de Wimbledon, où elle affronte Amanda Anisimova en finale, dimanche. Le tout au moment où sa carrière semblait connaître un ralentissement. Et la Polonaise en est la première surprise.

Iga Swiatek à Wimbledon.

Crédit: Getty Images

Juillet 2018. Iga Swiatek vient tout juste de fêter ses 17 ans quand elle est couronnée à Wimbledon chez les juniors. Son unique trophée majeur chez les jeunes avant de se lancer sur le circuit pro. La Polonaise était déjà une promesse et elle a largement tenu celle-ci. Elle l'a même surpassée. Mais son épanouissement s'est fait loin du gazon. Très loin même. Elle semblait même avoir développé une allergie au vert, jusqu'à cette édition 2025 de Wimbledon où on la retrouve donc en finale.
Parce qu'elle n'est pas à un paradoxe près, c'est au moment où sa carrière connaissait un sérieux coup de frein global qu'elle se sera refait la cerise dans le temple des fraises et du tennis. Il fallait le voir venir il y a seulement deux semaines. "Honnêtement, je n'avais jamais rêvé de me retrouver en finale de Wimbledon, jamais imaginé que ce soit possible dont je suis incroyablement heureuse et fière de moi", a confié l'ex-numéro un mondiale à la BBC après sa victoire express en demi-finale contre Belinda Bencic, jeudi (6-2, 6-0).
"Le tennis ne cesse de me surprendre", avoue Iga Swiatek en guise de résumé de cette quinzaine pour le moins inattendue pour elle. "Même si je suis encore jeune, dit-elle, je pensais avoir déjà tout vécu sur un court. Mais ça, ça dépasse tout. Je n'avais encore jamais expérimenté le fait de bien jouer sur gazon, donc c'est une grande première pour moi et je dois dire que je prends beaucoup de plaisir." On la comprend, d'autant que cette soudaine mise au vert tombe à pic alors qu'elle n'a plus remporté le moindre titre depuis Roland-Garros en juin 2024.

Conditions idéales

Elle n'avait même plus disputé une seule finale au cours des douze derniers mois. Finalement, c'est donc sur herbe qu'elle a retrouvé des couleurs, plutôt deux fois qu'une puisqu'elle s'était hissée en finale à Bad Homburg, juste avant Wimbledon. Même si elle s'y était inclinée contre Jessica Pegula, elle avait tout de même enchaîné les victoires et sorti en chemin Jasmine Paolini, finaliste de Wimbledon l'année précédente. "J'ai plus d'expérience et je crois que je me sens un peu plus à l'aise", avait-elle ainsi soufflé en arrivant au All England Club, tout en restant prudente.
Mais de là à s'imaginer en finale deux semaines plus tard, il n'y avait pas un pas mais un gouffre. A Londres, elle comptait un quart de finale il y a deux ans et c'est à peu près tout. Les conditions de jeu, il est vrai, lui conviennent à merveille cette année. On a beaucoup glosé sur la lenteur des courts du vénérable gazon anglais en 2025. La chaleur et le côté très sec du brin d'herbe ont entraîné une élévation du rebond cette saison, rapprochant le jeu de celui sur terre battue. Pas de quoi déplaire à la quadruple lauréate de Roland-Garros.
Sept ans après son sacre chez les juniors, la voilà donc à un petit match d'un nouveau trophée ici. Le vrai, cette fois. Difficile pour elle de s'appuyer sur ce passé lointain. Elle sourit même quand elle y repense : "J'ai l'impression que c'était dans une autre vie. Je me souviens que j'étais super excitée d'avoir gagné, ça me semblait surréaliste. Je me disais que ma vie allait changer, que tout allait être facile et parfait après ça. Mais j'ai été vite déçue. Je suis rentrée chez moi et rien n'avait changé (rires)."
Quand vous jouez bien, c'est facile de prendre du plaisir
Iga Swiatek n'est pas devenue subitement une herbivore. Mais elle éprouve une forme de confort cette année sur cette surface jusqu'ici maudite pour elle. Et ça change tout. Mine de rien, en cas de victoire samedi face à Amanda Anisimova, la Polonaise intégrera un cercle fermé, celui des joueuses ayant gagné au moins un Grand Chelem sur toutes les surfaces puisqu'à côté de ses quatre succès à Paris, elle a également remporté l'US Open. Cela donnerait encore une autre étoffe à sa carrière, au moment où l'on s'y attendait le moins.
La perspective ne provoque guère d'émotions chez elle. Elle ne peut pas parler de rêve puisque la chose lui semblait impossible jusqu'à il y a peu. "Je ne pensais pas que c'était réalisable pour moi, admet-elle. De toute façon, je ne suis pas le genre de personnes qui se fixe ce genre d'objectifs. J'ai des buts beaucoup plus terre à terre, comme de progresser chaque jour à l'entraînement. Je ne me lève pas le matin en me disant 'OK, je vais gagner trois Grands Chelems'".
Plus tard, elle se penchera plus profondément sur le pourquoi du comment. Pourquoi et comment elle s'est découvert une appétence pour ce gazon qu'elle détestait et qui le lui rendait bien. Mais surtout pas maintenant. "Je ne veux pas trop réfléchir, prévient-elle. Il faut éviter de le faire et continuer de suivre son instinct. Je prends du plaisir, je m'amuse. Quand vous jouez bien, c'est facile de prendre du plaisir et je dois garder ça." C'est simple, parfois, le tennis. Alors pourquoi tout compliquer ? Swiatek ne veut rien compliquer, au moins une journée de plus. Une journée qui peut changer beaucoup de choses pour elle.
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wimbledon swiatek

Crédit: Getty Images


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