Wimbledon - Pas de wild-card pour le tableau principal pour Loïs Boisson : une décision injuste ou logique ?
Par Tanguy Mantovani
Mis à jour 18/06/2025 à 16:49 GMT+2
La liste des invitations pour le tableau principal de Wimbledon, révélée ce mercredi, ne contient pas la nouvelle numéro 1 française Loïs Boisson qui avait pourtant formulé une demande de wild-card après sa demi-finale de Roland-Garros début juin. Injuste, au vu de son parcours parisien, ou logique ? La décision divise quelque peu nos consultants Nicolas Mahut et Nicolas Escudé.
Pourquoi n'existe-t-il pas de Masters 1000 sur gazon ?
Video credit: Eurosport
En partant du All-England Lawn Tennis Club, prenez Queensmere Road sur votre gauche et suivez la route jusqu'à l'autoroute A3 ; une fois dessus, prenez la première sortie vers Roehampton Lane, et vous y serez bientôt. Le détour ne prend qu'un petit quart d'heure en voiture, pas besoin de tout chambouler pour l'hébergement, mais si Loïs Boisson avait choisi un hôtel à proximité du site où se joue le tableau principal de Wimbledon, elle va devoir mémoriser l'itinéraire. La Française n'a pas été retenue lors de l'attribution des wild-card par l'organisation du Grand Chelem anglais, annoncées ce mercredi, et devra passer par les qualifications sur le site de Roehamtpon.
Sur les huit invitations à disposition, sept sont allées à des joueuses britanniques et seulement une à une joueuse étrangère, la double vainqueur du tournoi Petra Kvitova. "Je suis très surpris qu'elle ne l'ait pas eue, a ainsi réagi notre consultant Nicolas Mahut. L'année dernière, il y avait quatre Britanniques et quatre étrangères." Effectivement, en 2024, Angelique Kerber, Naomi Osaka, Caroline Wozniacki et Ajla Tomljanovic avaient bénéficié d'une wild-card. Mais les trois premières avaient pour elles d'avoir remporté un ou plusieurs tournois du Grand Chelem plus tôt dans leur carrière.
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"Wimbledon ne doit pas inviter Boisson absolument, mais..."
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Loïs Boisson, toute demi-finaliste sortante de Roland-Garros qu'elle est, n'a pas encore ce charme d'un prestigieux passé. C'est ce qui explique, en partie, que notre consultant Nicolas Escudé est, lui, moins étonné : "Je suis déçu mais ce n'est pas illogique, a-t-il estimé. Je ne sais pas si nous, à Roland-Garros, on aurait donné une wild-card à une joueuse anglaise qui aurait fait un très bon résultat juste avant." Nicolas Mahut trouve également une autre raison dans ce choix : "La malchance qu'a eue Loïs, je pense, c'est qu'ils ont donné des invitations à trois juniors, entre 15 et 17 ans, qui jouent très bien et qu'ils ont voulu aider. Il ne restait donc qu'une seule place qui a été donnée à Kvitova, double championne."
Je pensais qu'elle l'aurait
Celui-ci souligne tout de même que la Tchèque aurait pu utiliser son classement protégé pour accéder au tableau principal mais a renoncé à le faire. Certainement pour conserver la possibilité de l'utiliser plus tard, le recours à ces protections étant limité en nombre pour chaque joueuse. "Amélie Mauresmo, dans la même situation, je me souviens qu'elle appelait les joueuses pour leur dire : 'Ecoute, utilise ton classement protégé parce que je ne te donnerai pas de wild-card si tu as la possibilité de le faire'. Donc là-dessus, c'est une mini-déception. Très honnêtement, je pensais qu'elle l'aurait."
Direction Roehampton et le centre de qualification de Wimbledon, donc, pour Loïs Boisson. "Je pense que c'est intéressant pour elle d'avoir à passer par les qualifications, a affirmé Nicolas Escudé. Loïs n'a encore jamais foulé le gazon en compétition. Mais avec ce qu'elle a montré à Roland-Garros, on a maintenant tous pris conscience de son potentiel." Sur ce point aussi, les avis de nos consultants diffèrent.
Nicolas Mahut : "Ça ne peut aussi faire qu'un seul match ! Quand on ne connaît pas le gazon comme elle ne le connaît pas, elle qui joue principalement, exclusivement sur terre battue, c'est une grosse découverte. Mais quoi qu'il arrive, ce sera une bonne expérience pour elle." S'il y a un point où nos deux consultants sont d'accord, c'est sur la transposabilité du jeu de Loïs Boisson, dotée d'un gros service en plus de son coup droit redoutable, de la terre battue au gazon. Et Lulu Sun, quart de finaliste issue des qualifications l'année dernière, l'a prouvé : débuter Wimbledon à Roehampton n'empêche en rien un bon parcours.
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