Wimbledon 2026 | Demi-finales | Cette fois, Jannik Sinner était prêt pour Novak Djokovic

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Six mois après une défaite en cinq sets face à Novak Djokovic à l'Open d'Australie, Jannik Sinner s'était préparé méticuleusement pour les retrouvailles. De fait, la demi-finale de Wimbledon a été très éloignée de celle de Melbourne. Cette fois, Sinner a tout maitrisé. Son tennis, ses nerfs et son illustre adversaire, balayé en trois sets (6-4, 6-4, 6-4). Le (re)voilà en finale à Londres.

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Video credit: Eurosport

Jannik Sinner n'est pas parfait, personne ne l'est, mais en plus de toutes ses qualités techniques, physiques, mentales ou tactiques, il en est une particulièrement précieuse : il apprend vite et bien. Ces dernières années, l'actuel numéro un mondial a donné plus de leçons qu'il n'en a reçues, mais quand c'est le cas, il sait mettre à profit chaque expérience négative. Il n'avait pas affronté Novak Djokovic depuis le mois de janvier et une douloureuse défaite en demi-finale de l'Open d'Australie. Alors, à l'heure des retrouvailles, un semestre plus tard, à nouveau en demie de Grand Chelem, il a corrigé le tir. À tous points de vue.
Dans l'implication mentale, d'abord. "Oui, je pense que j'avais conscience de devoir passer un cap, a-t-il confié vendredi soir après sa limpide victoire en trois sets contre l'homme aux 24 couronnes majeures. C'est ce que j'ai fait aujourd'hui. Cela m'a certainement aidé." Depuis sa qualification mardi, il s'est préparé tout spécialement pour l'opération revanche. "J'ai beaucoup travaillé ces derniers jours pour trouver un bon rythme, a révélé l'Italien. Je remercie aussi mon équipe de m'avoir mis dans les meilleures conditions, tant physiquement que mentalement, pour être aussi compétitif que possible."
À ses yeux, il n'y avait pas d'alternative. "Face à Novak, pour rivaliser, il faut jouer son meilleur tennis, c'est aussi simple que ça", insiste-t-il. Du début à la fin, du premier au dernier point. "Je suis bien entré dans le match et j'ai très bien servi aujourd'hui, ce qui m'a aidé." C'est le moins que l'on puisse dire. Il a même été quasiment injouable sur sa mise en jeu. Le reste de son jeu a été à l'unisson. "Je ne suis pas spécialement en colère contre moi-même, a d'ailleurs tempéré Djokovic. Je ne pense pas avoir fait énormément de mauvaises choses. J'étais simplement un ou deux crans en dessous. Il a été d'une solidité impressionnante dans tous les compartiments du jeu."
Affronter Novak en Grand Chelem, c'est très différent de jouer contre les autres mais aussi contre lui dans des Masters 1000
En Australie, Sinner n'avait pas été réellement dominé. Au contraire. Si l'on avait dû décerner la victoire aux points, sans doute le Transalpin aurait-il raflé la mise. Mais si le tennis s'apparente à de la boxe sans le sang, le match nul n'y existe pas, contrairement au ring. Et à la fin, il n'y a pas de décision, mais un verdict sans appel. Sur la Rod Laver Arena, il avait payé très cher son incapacité à convertir ses innombrables occasions. Il avait fini sa demi-finale avec deux breaks sur… 17 balles de breaks. En face, Djokovic avait eu dix fois moins d'opportunités, mais il avait breaké une fois de plus (3 sur 8). Tout s'était joué là.
Vendredi, ce fut le seul domaine dans lequel la demie de Wimbledon a eu des airs de sa lointaine cousine des antipodes. Sinner n'a pas été beaucoup plus efficace : 3 sur 13. Djokovic a serré la vis et les boulons autant que possible pour rester en vie dans chaque set. Alors, l'Italien a dû rester sur ses gardes jusqu'au bout. "La situation aurait pu devenir très compliquée s'il m'avait pris mon service dans le troisième set", souligne le numéro un mondial, effectivement confrontée à sa première et dernière menace de break à 3-2 en sa faveur dans le troisième acte, alors qu'il avait déjà pris la mise en jeu du Serbe.
"C'est la nature même du tennis. Mais je suis content d'avoir géré ces moments du mieux possible", dit-il encore. Ce moment, même, puisqu'il n'y en eut pas d'autre. Avec Djokovic, même à 39 ans, il est interdit de laisser la moindre ouverture. Jannik Sinner le sait parfaitement. "C'est tellement difficile d'affronter Novak, car on ressent constamment la pression. On sait que la tâche est ardue jusqu'au bout", dit-il encore. Ce n'est pas qu'une affaire de niveau de tennis. Il vous impose le poids de son aura, de son passé, de son palmarès et de tout le pan de l'histoire du tennis qu'il occupe à lui seul. C'est en cela que ce défi est unique aujourd'hui dans le tennis masculin.
Sans doute faut-il y avoir été confronté pour en mesurer toute la portée. Jannik Sinner le résume ainsi : "Même lors de ma petite série de victoires de l'année dernière contre lui, je ressens toujours une certaine pression avant d'affronter Novak. Mais j'aime ça. C'est pour cela que je m'entraîne. J'aime les défis. Affronter Novak en Grand Chelem, c'est très différent de jouer contre les autres, mais aussi contre lui dans des Masters 1000 ou des tournois plus modestes, je dirais." Sinner l'a toujours su, mais jamais il n'avait été à ce point prévenu et en éveil qu'après la blessure de Melbourne. Elle vient de cicatriser.
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