Wimbledon 2026 | Jannik Sinner conserve son titre en dominant Alexander Zverev (6-7, 7-6, 6-3, 6-4)
Par Laurent Vergne
Mis à jour 12/07/2026 à 21:37 GMT+2
Jannik Sinner ne terminera pas 2026 bredouille en Grand Chelem. Le numéro un mondial a conservé son titre à Wimbledon en dominant dimanche Alexander Zverev (6-7, 7-6, 6-3, 6-4) dans une finale longtemps indécise. L'Italien remporte son cinquième Majeur et retrouve de sa superbe après le fiasco de Roland-Garros.
Jannik Sinner vainqueur de Wimbledon après la finale contre Alexander Zverev, le 12 juillet 2026
Crédit: Getty Images
Sous un soleil déclinant, Jannik Sinner vient de se réinstaller au zénith. Finie, la dichotomie de son année 2026, placée jusqu'à ce dimanche sous le signe d'un paradoxe, d'une contradiction même : oui, il était l'incontestable meilleur joueur du monde, mais non, il n'avait pas encore gagné de tournoi du Grand Chelem. C'est oublié. Dimanche, dans ce temple de Wimbledon qui n'aura pas vu une goutte d'eau de la quinzaine et à peine un nuage, l'Italien a conservé son trophée et retrouvé toute son autorité sur le tennis mondial en battant un remarquable Alexander Zverev au terme d'une finale de très haute tenue de trois heures trois quarts et quatre sets (6-7, 7-6, 6-3, 6-4).
Si cette fin d'après-midi londonienne s'est étirée sur quatre manches, la pièce de théâtre offerte par Sinner et Zverev a connu deux temporalités distinctes. La première, la plus longue, a vu les deux hommes se rendre coup pour coup pendant deux sets et demi, tels deux boxeurs plantés au milieu du ring. Aucun des deux ne voulait reculer et encore moins se retrouver dans les cordes. Pas un seul break, et une seule toute petite opportunité jusqu'au milieu du troisième acte, écartée par Sinner dans le premier set. Ça servait le plomb, ça ne laissait que des miettes et dans son genre, ce duel-là a valu son pesant de cacahuètes, ou de strawberries, pour correspondre davantage au lieu.
Alexander Zverev en a profité pour montrer à quel point il n'était plus le même joueur. Outre son service colossal, qui tombe de si haut qu'il paraît s'écrouler à chaque première telle une enclume survitaminée dans le carré de service, son agressivité en coup droit a fait des merveilles. Oui, il a encore du déchet parfois sur ce coup, mais c'est désormais la conséquence de ses prises de risques. La confiance aidant, il en fait désormais une arme menaçante en permanence. Ce n'est pas un hasard si c'est sur un coup droit monstrueux qu'il est allé clôturer un tie-break formidable d'intensité et de qualité pour virer en tête à l'issue du premier set.
Un dernier jeu en forme d'apothéose
Un set (sans balle de break supplémentaire) et un tie-break plus tard, Jannik Sinner avait recollé à une manche partout. Ce second jeu décisif a marqué le premier moment où un des deux joueurs, en l'occurrence Zverev, baissait de pied de manière significative. C'était annonciateur de la suite du scénario. Puis tout s'est emballé. Toute la dramaturgie de cette finale s'est alors concentrée en une poignée de minutes et deux jeux. A 3-3 dans le troisième set, le vainqueur de Roland-Garros a obtenu sa première balle de break du jour, qui serait aussi la dernière. Là, une glissade sur une amortie parfaite de Sinner lui a non seulement fait perdre le point et l'équilibre. On a même craint que son match allait s'arrêter là. Sinner, venu à la rescousse de son adversaire avant de le relever, a sans doute eu la même peur.
Le numéro un mondial a finalement écarté le danger et, dans le jeu suivant, c'est lui qui, enfin, signait le premier break de la finale. Alexander Zverev en a balancé sa raquette, de frustration plus que de colère, comme s'il avait compris qu'il venait de perdre bien plus qu'un jeu de service. Malgré toute sa détermination, le balancier de la gloire ne pencherait plus que d'un seul côté et ce ne serait pas le sien. Un nouveau break de Sinner au cœur du quatrième set a réglé définitivement le problème.
Mais cette finale ne méritait pas de s'achever sur un point final qui n'aurait pas été un point d'exclamation. Le dernier jeu a ainsi été le plus beau, magnifiant une finale qui n'aura manqué ni d'envergure ni d'allant. Zverev, magnifique dans son désir de repousser l'inéluctable, a forcé Sinner à sortir le très, très grand jeu. Le meilleur a gagné. Le meilleur du jour et le meilleur du monde. Ils s'appellent tous les deux Jannik Sinner. Mais Sascha Zverev, victime pour la 10e fois de rang de ce bourreau d'Italien, sort presque plus grandi de ce combat perdu que de celui gagné à Roland-Garros le mois dernier. Ce n'est pas le moindre des évènements du jour. Il fallait vraiment un grand Sinner pour dompter ce Zverev qui fait enfin sa taille.
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