Masters: Roger Federer - Novak Djokovic, le match des champions du monde

Federer - Djokovic, le match des champions du monde
Par Eurosport

Le 12/11/2012 à 10:59Mis à jour Le 12/11/2012 à 15:41

La finale entre Novak Djokovic (N.1 mondial) et Roger Federer (N.2), lundi à Londres (21h00), revêt encore d'énormes enjeux individuels pour les deux champions. Le premier, numéro un mondial, entend finir l'année comme il l'a commencée. Le second, double tenant du titre, est sur la voie de nouveaux records.

C'était à la fin de la conférence de presse de Roger Federer, dimanche. Un journaliste demandait au Suisse si la place de numéro un mondial, dévolue à Novak Djokovic, comptait plus ou moins à ses yeux que le titre de "champion du monde indoor" (sic) que les deux hommes allaient se disputer lundi. "Mais on ne va pas s'intéresser au classement maintenant, il est entériné. Eh mec, tu as peut-être vécu dans un trou ces derniers temps, s'est amusé le champion avec la complicité de l'intéressé. Quant à la surface, peu importe qu'il s'agisse d'indoor, outdoor, terre battue ou gazon... L'enjeu, c'est de gagner les World Tour Finals et bien finir l'année devant les autres membres du Top 10, c'est tout."

Quelques heures plus tôt, Novak Djokovic avait lui aussi manifesté un agacement poli face à une question située dans le même registre. Elle cherchait à mettre en balance sa place au classement avec les titres distribués dans l'année. Il lui était demandé en substance si Andy Murray, en cas de victoire finale (il n'avait pas encore perdu contre Federer), n'allait pas devenir le Serena Williams du circuit masculin : l'homme aux multiples trophées mais privé de première place mondiale par les ordinateurs. Novak "Wozniacki" Djokovic a poliment répliqué qu'il laissait aux autres le soin de juger qui méritait d'être considéré comme le meilleur joueur du monde. "Tout ce que je peux dire, c'est que cette place de numéro un mondial a énormément de valeur à mes yeux."

Ces deux anecdotes montrent qu'à l'issue d'une année extrêmement serrée au sommet du tennis mondial (quatre vainqueurs différents en Grand Chelem), le Masters de Londres va encore faire bouger les lignes dans l'appréciation du bilan des membres du Big Four. A commencer par ceux de Djokovic et Federer.

DJOKOVIC POUR BOUCLER LA BOUCLE

Reuters

FEDERER POUR RESTER LE MAÎTRE

Roger Federer jouera lundi pour étirer les limites de l'un de ses nombreux records. Déjà vainqueur à six reprises du Masters en dix participations, il peut ajouter un septième trophée à sa collection pour sa onzième tentative. Ce serait un troisième consécutif, une série qu'il n'a jamais réussie jusqu'ici (2003, 2003, 2006, 2007, 2010, 2011), du jamais-vu depuis Lendl dans les années 80, et une nouvelle occasion de s'attirer quelques superlatifs. Novak Djokovic, lui, brille pour la toute première fois dans le Masters de Londres. Vainqueur en 2008 en Chine, dans un contexte complètement différent, le Serbe n'avait jamais franchi les demi-finales jusqu'ici dans l'O2 Arena. Sa conquête des grands trophées du tennis mondial passe par un retour aux affaires au Masters, qui le verrait une nouvelle fois réaliser le doublé Melbourne - Masters une année olympique. Cette fois, cela aurait des allures de couronnement beaucoup plus fort qu'à l'époque, où il avait prospéré sur l'épuisement de Federer et Nadal, alors au sommet de leur rivalité.

FEDERER ET SON ASCENDANT SUR DJOKOVIC

AFP

2013 DANS UN COIN DE LA TETE

Comme tous les joueurs de tennis à l'exception des Tchèques et des Espagnols, Djokovic et Federer seront en vacances lundi soir. Pour cette raison, ils accordent à la finale du Masters le statut de match à part, celui où "on peut se livrer, sans penser au prochain match, quelle que soit la fatigue" (Federer), celui où on "donne tout, mentalement et physiquement" (Djokovic). "Même s'il y a une coupure entre les deux saisons, pendant laquelle chacun fait son truc, j'ai observé que dans le passé, quand j'ai bien fini une saison, j'ai bien début la suivante en Australie, explique Federer. En plus, comme cette année je ne disputerai pas de tournoi avant l'Open d'Australie, j'aurai à puiser dans la confiance de cette fin d'année quand je me retrouverai face aux grands joueurs dans les grands tournois." Au détour d'une réponse, Federer, 31 ans, avait même affirmé qu'une finale de Masters valait à ses yeux un retour au format des cinq sets. "Peut-être que cela changera ces prochaines années" a ajouté le joueur le plus influent du circuit. Ce soir, tout se jouera au meilleur des trois manches. Et tout indique qu'on voudra tous du rab de Federer-Djokovic.

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