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Miami vintage : Les sœurs Williams, ou l'incroyable prophétie réalisée

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Venus et Serena Williams, Miami 1999.

Crédits Eurosport

ParRémi Bourrières
28/03/2020 à 06:14 | Mis à jour 28/03/2020 à 09:30

MIAMI – Coronavirus oblige, il n'y aura pas de tennis à Miami cette année. Cela nous laisse un peu de temps pour nous replonger dans les grandes heures du tournoi. Chaque jour, retour sur une page marquante de l'histoire du Masters 1000 floridien. Cap sur 1999 et la finale historique entre Venus et Serena Williams, la première (ou presque…) entre deux sœurs sur le circuit professionnel.

Venus Williams – Serena Williams

Edition : 1999
Tour : Finale
Vainqueur : Venus Williams (Etats-Unis)
Adversaire : Serena Williams (Etats-Unis)
Score : 6-1, 4-6, 6-4

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Une finale Venus-Serena Williams… L'événement fait saliver toute l'Amérique, au moins autant qu'elle fait trembler l'ensemble du circuit féminin. A tel point qu'à la demande de Fox, la chaîne qui diffuse le tournoi aux Etats-Unis, elle est programmée le dimanche, "reléguant" ainsi au samedi la finale masculine qui a opposé, elle, le tout jeune Sébastien Grosjean à Richard Krajicek, finalement vainqueur.

Il est vrai qu'elle est très attendue, cette finale, tout autant qu'elle est historique : c'est en effet la première entre deux sœurs depuis le début du XXe siècle, du moins évidemment au plus haut niveau. Un seul précédent : la première finale (féminine) de l'histoire de Wimbledon, en 1894, lorsque la Britannique Maud Watson avait battu son aînée Lilian Watson. Mais était-ce bien comparable ?

Venus et Serena Williams à Miami en 1999

Crédits Getty Images

La première finale 100 % Williams d'une longue série

On en a vu depuis, de belles histoires de sororités, mais jusqu'à preuve du contraire, aucune autre paire de sœurs n'a encore réussi le même exploit, là où les Williams ont banalisé le leur en disputant depuis 11 finales supplémentaires (pour 30 confrontations au total), la dernière à l'Open d'Australie 2017. Mais ce jour-là, ce samedi 28 mars 1999, c'est la première fois. Enfin, pas leur premier match, puisque les deux sœurs, âgées de 17 et 18 ans, se sont affrontées à deux reprises en 1998, à l'Open d'Australie puis à Rome, pour deux victoires en deux sets de Venus. Mais leur première finale, donc. C'est quand même autre chose.

Cela donne corps, symboliquement, à la prophétie du papa des deux championnes, Richard Williams, qui clame depuis des années à qui veut bien l'entendre – pas beaucoup, au départ – que ses filles se battraient un jour pour la place de n°1 mondiale. En ce début d'année 1999, on n'en est pas encore tout à fait là puisque même après Miami, Venus et Serena ne sont encore "que" n°6 et n°11 mondiales. Mais, cette fois c'est sûr, ça n'est qu'une question de temps.

Tous les observateurs du tennis, quasiment sans exception, en ont désormais la certitude après avoir vu les deux tigresses, l'une plus féline, l'autre plus sauvage, déboulonner à Miami quatre des meilleures joueuses mondiales, Graf et Novotna pour Venus – tenante du titre à Miami –, Seles et Hingis – la n°1 – pour Serena. Quatre semaines auparavant, elles sont aussi devenues les premières sœurs à s'adjuger un tournoi WTA le même jour, Oklahoma City pour Venus, l'Open Gaz de France à Paris Coubertin pour Serena. C'était alors d'ailleurs le tout premier titre pour la cadette, qui a frappé encore plus fort deux semaines plus tard, début mars, en s'imposant à Indian Wells.

Richard Williams aux anges à Miami en 1999

Crédits Getty Images

Serena encore trop tendre pour Venus

En Californie, Venus ne jouait pas, peut-être aussi parce que les deux joueuses ont pris longtemps soin de disputer un minimum de tournoi en commun. Mais elles ne pouvaient s'éviter éternellement et à Miami, la collision finale est donc inévitable. A vrai dire, et comme quasiment tous les duels "100% Williams" qui suivront, elle ne restera pas dans les mémoires par sa qualité de jeu, malgré quelques échanges supersoniques préfigurant la révolution opérée par un tennis féminin qui vivait alors un véritable âge d'or.

Face à sa grande sœur, qu'elle aime et admire autant qu'elle veut pourtant la surpasser, pour se laver des complexes qu'elle en nourrit, Serena perd une grande partie de l'esprit de "tueuse" qui la caractérisera tout au long de sa carrière. Venus, l'aînée, est encore au-dessus. "Quand elle décide de gagner, personne ne peut la battre", décrète Richard Williams, qui ne peut supporter ce spectacle fratricide et préfère aller fumer clope sur clope dans les allées de Crandon Park. Pas même Serena. Pas encore.

Mais la cadette résiste mieux que les fois précédentes. Menée 6-1, 4-3, break, elle change alors un peu son jeu, appuie davantage ses frappes et finit par renverser la tendance, pour pousser sa sœur pour la première fois au troisième set. Dans lequel elle remonte encore de 4-2 à 4-4. C'est son chant du cygne, puisqu'elle commet alors 8 grosses fautes et offre ainsi la victoire à Venus, après 1h58 de jeu. Serena s'est-elle montrée tout simplement trop respectueuse pour gagner, alors que même que Steffi Graf, l'immense Steffi, sa victime en demi-finale, l'a clairement déjà trouvée plus forte que sa grande sœur ?

La prophétie de Richard Williams en marche

L'intéressée le réfutera en conférence de presse : "Honnêtement, je n'étaispas tellement prise par l'émotion sur ce match, vous (les journalistes, ndlr) l'étiez probablement plus que moi.Par moments, je la regardais de l'autre côté du filet et je ne la voyais pas comme Venus ou comme ma sœur. Juste comme une adversaire." Bon, peut-être… Toujours est-il que Serena, genou droit bandé, n'a pas évolué au même niveau qu'elle l'avait fait lors du mois écoulé, et qu'elle le fera quelques mois plus tard pour décrocher son premier titre majeur à l'US Open, et battre enfin sa sœur lors de leur confrontation suivante, dans le cadre de la défunte coupe du Grand Chelem.

Venus, fidèle à elle-même, restera encore plus énigmatique sur les sentiments qui l'avaient traversée durant ce match. Un match dont les plus belles images sont peut-être finalement venues à la fin, lorsque les deux sœurs, après s'être chaleureusement embrassées, allèrent de concert saluer leurs parents, dans le box. Les effusions de joie familiales, spontanées et authentiques, eurent quelque chose de touchant, de rafraîchissant.

La prophétie était en marche : elle allait devenir officielle trois ans plus tard, le 10 juin 2002, lorsque les deux sœurs, au surlendemain d'un nouveau duel en finale de Roland-Garros, occupèrent pour la première fois les deux premières places du classement mondial. Des filles uniques en leur genre, plus que jamais seules au monde…

Venus and Serena Williams, Miami 1999

Crédits Imago

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