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"Ça ne me rajeunit pas!"
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Publié 15/02/2009 à 01:30 GMT+1
Il y a tout juste dix ans, Amélie Mauresmo perdait la finale de Coubertin face à Serena Williams. Pour fêter sa 48e finale en carrière et sa 6e à Coubertin à bientôt 30 ans, la Française, 24e mondiale, tentera de remporter l'Open GDF Suez pour la 3e fois
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Amélie, vous voici en finale de l'Open GDF Suez, dix ans après votre première face à Serena Williams... Cela doit vous procurer une grande joie !
A.M. : Oui, mais ça ne me rajeunit pas... (rires). Je profite de ces bons moments. Je suis arrivée fatiguée de la Fed Cup (défaite 0-5 face à l'Italie à Orléans, NDLR). Et malgré la déception, j'arrive à rallier ma première finale depuis Eastbourne en 2007... Maintenant, j'ai envie d'aller au bout, même si ce n'était pas un objectif. Comme je l'ai dit, c'était déjà de jouer le mieux possible et de retrouver de bonnes sensations. Je profite aussi du public, qui a répondu présent quand j'ai fait appel à lui. Je n'ai pas paniqué lorsque je perds le deuxième set. A 4-0, j'étais déjà tournée vers le troisième set. Ce n'était pas évident d'enchaîner avec des choses positives. La preuve en est que j'ai perdu ma mise en d'entrée de troisième manche... Malgré tout, je reste lucide pour rester dans le coup.
Il n'y a vraiment pas eu de panique dans le deuxième set, que vous perdez largement (0-6, NDLR) ?
A.M. : Quand je perds le deuxième set, je reste dans mon match. Je vise le troisième. Et sait que sur son service, j'aurai des opportunités de faire le break, donc je temporise et ça se présente dès le deuxième jeu de la dernière manche. Finalement, je n'ai pas eu de raisons de paniquer.
Comment expliquez-vous la magie qui règne dans le stade à chacune de vos apparitions ?
A.M. : C'est difficilement expliquable. Chaque année, c'est un peu la même chose. Le public répond présent et les supporters sont là et acquis à ma cause quoi qu'il se passe. Et moi derrière je fais le maximum. Alors, certaines fois, ça marche. D'autres fois, ça se passe moins bien. Mais ça permet de fêter tout ce qu'il se passe tout au long de la saison et tout au long de ma carrière aussi. J'ai un peu cette impression-là. Et quand tout est au rendez-vous, que ce soit le bon niveau de jeu et la victoire, ils s'enflamment encore plus... Même s'il leur faut moins que ça pour être présents. Il y a une vraie histoire qui s'écrit depuis dix ans. Et ça, ça réchauffe le coeur car je sais que je serai soutenue quoi qu'il arrive.
Si je joue encore au tennis, c'est aussi pour ça. Donc merci à eux. Cela me porte, me pousse à être encore là. Si je continue, c'est justement pour vivre des moments comme ça. C'est vrai que lorsque l'on se retrouve au fin fond du monde, cela ne donne pas envie de s'éterniser. En tout cas, vu mon parcours, quand personne ne regarde les matches, ça ne donne pas envie de continuer. Alors forcément, quand on revient ici, on a envie de tout donner.
Par rapport aux matches précédents, avez-vous senti des différences particulières dans votre jeu ?
A.M. : Eh bien, l'adversaire du jour avait bien plus de répondant que celle de la veille (Agnieszka Radwanska, battue 6-2, 6-0 en quart de finale). Déjà dans la tenue des échanges, Jelena Jankovic ne s'est pas écroulée comme l'a fait Radwanska. C'est parti dans de longs rallyes, mais moi je ne lâche rien. J'ai eu une grosse baisse physique au deuxième set, mais derrière j'ai été là. J'ai bien servi dans les moments importants et cela m'a sortie de situations chaudes et m'a permis de garder le cap au début du troisième set.
Cette victoire doit vous redonner le moral, cela faisait plus de deux ans que vous n'aviez gagné de matches face à une joueuse du Top 3 mondial...
A.M. : Oui, mais je suis surtout contente de la manière. C'est une joueuse très bien classée, donc pour la confiance, c'est génial. Mais ce dont je suis ravie, c'est de mon niveau de jeu qui reste stable. Il reste à un niveau élevé et ça, ça fait très, très longtemps que cela n'était pas arrivé. En tout cas, je ne veux pas comparer mes saisons pour savoir si je suis de retour ou non. On n'est qu'au début de nouvelles bonnes sensations. Je ne vais pas m'enflammer. Le danger, ce serait de croire que tout est acquis.
Votre prochaine adversaire est quelqu'un que vous connaissez bien. Comment envisagez-vous cette finale ?
A.M. : Elena Dementieva sera plus fraîche que moi, c'est sûr vu qu'elle n'a pas joué samedi. J'espère que ce ne sera pas un paramètre trop important. Elle a déjà gagné deux tournois cette saison, fait une demi-finale à l'Open d'Australie et finalement n'a perdu qu'une seule fois cette année, après une bonne fin de saison 2008... Maintenant, j'ai des arguments pour la gêner. Je vais essayer de prendre le jeu à mon compte. La clé sera là. J'espère que je pourrai m'appuyer sur mon service. J'ai montré de belles choses pendant la semaine et espère continuer comme ça pour la finale.
Vous souvenez-vous de la fois où vous avez joué Elena Dementieva à Coubertin ? C'était en 2003 et vous aviez gagné 6-0, 6-0...
A.M. : Je ne m'attends pas à ça dimanche... (rires). On s'est jouées beaucoup de fois sur le circuit depuis plus de dix ans (la finale sera leur 15e affrontement sur le circuit WTA, NDLR) avec des scenarii à chaque fois différents... Donc je ne m'attends pas à gagner sur un 6-0, 6-0 dimanche...
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