"Pourquoi je suis en train de mourir ?": Els Visser, la "naufragée" devenue machine du triathlon et des Ironman
Eurosport sur GoogleC'est une histoire comme on en fait rarement. Jamais, même. Alors qu'elle faisait de la plongée en apnée lors de ses vacances en Indonésie en 2014, Els Visser a frôlé la mort en pleine mer après le naufrage de son bateau au beau milieu de la nuit. Un drame sur lequel a décidé de revenir dans le dernier épisode de The Power of Sport et qui a servi de déclic pour se lancer dans le triathlon extrême.
Visser, du naufrage au sommet de l'Ironman mondial : "Parfois, je me dis : 'Els, tu as vécu pire'"
Video credit: Eurosport
Une survivante, une guerrière, une inspiration. Les superlatifs manquent pour définir Els Visser. Véritable miraculée, la Néerlandaise a une histoire qui peut faire froid dans le dos. Mais dont l'épilogue ne peut que susciter l'admiration. Car avant d'embrasser une carrière de star du triathlon et de l'Ironman mondial, la championne a fait face à la plus grande frayeur de sa vie comme elle l'explique dans The Power of Sport, diffusé ce mercredi sur Eurosport
Partie en excursion de plongée de snorkeling (ndlr, sortie avec tuba et palmes) avec une vingtaine de personnes en Indonésie en 2014, la jeune Batave aurait pu connaître la mort. Pris dans une tempête, le petit bateau, qui avait amené l'excursion, a sombré. Seul un canot de sauvetage grand pour six personnes était à disposition de tout ce petit monde qui est resté agrippé à l'embarcation toute la nuit.
"C'était la nuit la plus terrible de ma vie. Il faisait très froid, les vagues n'arrêtaient pas de s'enchaîner", confie celle qui est devenue triathlète. "J'avais des pensées sombres à l'esprit : pourquoi je suis en train de mourir ? Je n'ai que 24 ans, j'ai encore toute la vie devant moi. (...) Pourquoi je ne suis pas resté chez moi ? C'était très dur de penser à mes proches."
Huit heures de nage, le premier chapitre de la triathlète
Au petit matin, la jeune femme retrouve une lueur d'espoir quand elle aperçoit une île (très) au loin. Avec quatre compères, elle décide de tenter le coup à la nage. "Je n'avais pas peur de mourir, j'avais eu une belle vie. Je ne voulais tout simplement pas y penser car cela ne ferait que me distraire et je voulais vraiment nager pour rejoindre l'île. Vivre dans le présent et simplement survivre."
Après huit heures de nage, le petit groupe regagne le rivage. "C'était le plus beau moment de ma vie. Pendant deux jours, vous pensez que votre vie va se terminer et que vous ne reviendrez pas…", se souvient Els Visser. "A cet instant, je ne peux pas pleinement comprendre que je suis toujours là et qu'on me donne une autre chance de vivre." Pour les rescapés du canot de sauvetage, ils ont réussi à être sauvés grâce à un groupe de plongeurs entre temps. Deux naufragés, partis après la bande de Visser, manquent à l'appel et n'ont jamais été retrouvés...
Le traumatisme comme moteur de la performance
C'est cet épisode qui va pousser la Néerlandaise dans le sport de haut-niveau et notamment dans le triathlon longue distance. "J'ai commencé à remarquer que faire du sport m'aidait à gérer le traumatisme", poursuit-elle. "Je crois que les défis physiques et mentaux de participer à ces courses, l'entraînement intense ainsi que la nécessité de donner le meilleur de soi le jour de la compétition, sont liés à ce que j'ai vécu en Indonésie."
Elle s'appuie sur son épisode indonésien dans ses courses. "Il y a de nombreuses fois où j'étais sur le point d'abandonner. Je repensais parfois à l'accident et je me disais : 'Els, tu as vécu tellement pire. J'ai dû nager pendant des heures pour sauver ma vie et me voilà en train de gémir que ce marathon est trop dur…' Il y a toujours un moyen d'atteindre la ligne d'arrivée, même si vous ne vous sentez plus bien."
Cette mentalité résiliente lui a permis de se transformer en multiple championne Ironman notamment celui de Nouvelle-Zélande en mars dernier, participante du PTO Tour, le circuit professionnel de triathlon, Els Visser enchaîne les succès et les performances. Pour la Batave, courir, nager et pédaler est devenu plus qu'une échappatoire. Un second souffle pour se reconstruire, finalement.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2023/06/14/3727170.jpg)
Els Visser vainqueure du Ironman Neuseeland 2023
Crédit: Imago
Sur le même sujet
Publicité
Publicité
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/09/16/image-b227a83e-848f-48c6-9277-c23e1af74262-68-310-310.jpeg)