Etape 3 : déclarations

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Voici ce qu'ont déclaré les principaux protagonistes à l'issue de l'Etape 3 de la 42e Solitaire du Figaro, aux Sables d'Olonne.

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Crédit: Eurosport

Jérémie Beyou (BPI, vainqueur de la 3e étape en 68 h 39 min 20 sec) : "Je me suis demandé pendant trois jours comment rester devant. Parce qu'il faut tenir au près, au portant, au reaching. Je me suis dit : au portant, ils vont me déboîter. Tout cela se joue à rien du tout. C'est la petite relance au bon moment, c'est se faire c… comme un fou sur les réglages. Et en fait, plus tu avances et moins tu as envie que les mecs te doublent. Tu te dis : ‘je n'ai pas fait 100 milles, puis 200 milles, puis 300 milles pour rien… au bout de 400, tu te dis que ce n'est pas le moment de te faire doubler par Fabien dans la molle. Tu imagines ? Deux jours, presque trois, en tête avec seulement 0,4 milles d'avance. Les circonstances favorisaient le fait que les autres reviennent par derrière. Je n'ai jamais réussi à m'échapper. Alors à un moment, tu joues petit et tu te dis : il faut à tout prix la gagner. Je ne voulais pas la laisser à quelqu'un d'autre. Là (sur les pontons, nrd) je suis encore dessus. Mais oui, c'est top ! Gagner une étape, c'est le summum de ce qu'un marin peut rêver. Je ne boude pas mon plaisir, mais je suis juste un peu cramé".
Fabien Delahaye (Port de Caen-Ouistreham, 2e à 4 min 13 sec) : "Jérémie (Beyou) a mené de bout en bout, il a toujours été dans les bons coups, et dans les transitions où la tête de flotte s'est resserrée, il a toujours maintenu son leadership. Je n'ai pas réussi à tenir sa cadence pour toute la traversée de la mer d'Irlande : il allait trop vite. Mais j'ai pu doubler Erwan (Tabarly) au large serré sous spi dans la dernière nuit : j'étais peut-être un peu plus frais que lui. Les orages sont arrivés sur nous en fin de nuit : c'était super lumineux, bruyant, ça pétait de partout. Il y en a un qui est arrivé sur moi : le son et l'image en même temps, ça fait un peu peur ! On hésite à toucher quelque chose, à tout éteindre. Yoann (Richomme) a même été touché par la foudre : il n'avait plus rien...
Comme toujours, la victoire se joue sur de petits riens. Dans toutes les transitions, il faut être présent, ne pas virer cinquante mètres trop loin comme cela s'est passé pour moi avec Erwan dans le chenal du Four. Une manœuvre trop tardive et il faut mettre une journée pour reprendre les cinquante mètres perdus… C'est mon deuxième podium sur cette Solitaire du Figaro : pour l'instant, c'est mon meilleur résultat sur cette course. Il faut confirmer sur la dernière étape. Mais Jérémie met tout le monde d'accord depuis Perros-Guirec. C'est le roi de la Solitaire aujourd'hui."
Erwan Tabarly (Nacarat, 3e à 11 min 31 sec) : "La fin de course a été sport : il y avait du vent, puis des calmes, des orages, des bascules… C'était assez compliqué. Le ciel s'est déchiré sous les éclairs : je n'étais pas fier. Mais comme le passage à Ouessant, c'était sympa. Au final, ça ne se joue pas à grand-chose, mais Jérémie est encore premier, même si ce n'est pas très loin devant ! Pour arriver à gagner quelques dizaines de mètres, c'est vraiment du boulot. Je suis très mal parti en Irlande puisque j'ai vu défiler les trois quarts de la flotte quand je n'avais pas encore viré la bouée de dégagement : ça motive ! Depuis deux jours, nous sommes tous les trois devant et Fabien (Delahaye) m'a doublé cette nuit sous spinnaker : j'ai eu un passage à vide et ça ne pardonne pas. Mais une place sur le podium, ça fait énormément plaisir."
Anthony Marchand (Bretagne Crédit Mutuel Espoir, 6e à 15 min 32 sec) : "J'ai pas mal dormi sur cette étape, j'ai bien profité du pilote automatique et du coup, dans la dernière nuit, j'étais bien reposé, frais pour le dernier sprint. Une heure avant l'arrivée, j'ai joué un petit coup de décalage et ça a marché ! Il y avait du tonnerre, des éclairs, ouh là ! Il y avait un petit grain avec de la pluie, les autres ont continué, c'est là que j'ai viré.Pendant cette étape, il y avait des moments où j'ai eu des regrets. J'étais avec Fabien Delahaye sous spi, j'ai parfois cafouillé. J'ai toujours été dans les 10-15 au classement, en queue, j'avais du mal à rentrer dans les 10. Mais on a plus ou moins de la vitesse. Ca ne servait à rien de tenter des coups extrêmes. Il fallait aller vite, j'ai fait la "savonnette" et me suis replacé. Il y a eu au moins 20 petits coups à jouer sur cette étape. Je suis en 2è année, je suis là pour jouer avec les copains et apprendre !"
Thomas Rouxel (Bretagne Crédit Mutuel Performance, 8e à 16 min 56 sec) : "Il y avait plein de petits coups à jouer mais ce n'était pas évident de remonter quand on est derrière ... Je trouve avoir moins bien navigué que sur les autres étapes. Mais je suis plutôt content, je ne m'en sors pas si mal, je limite la casse en arrivant 8ème pas très loin du premier. Ca a été une étape agréable sur une mer plate. C'était tout de même difficile de sortir du groupe."
Morgan Lagravière (Vendée, 9e à 19 min 52 sec) : "Oui, dans l'ensemble c'était plus agréable que sur la précédente étape. Le bateau tapait moins, on pouvait dormir plus, prendre le temps de mieux s'alimenter, même s'il y avait pas mal de moments difficiles. De toute façon, c'est un sport qui, par essence, demande à se faire mal. Quand des petits moments de plaisir se présentent on en profite donc à fond, car ils sont tellement rares ! Je pense notamment aux dauphins que j'ai croisés, aux couleurs du ciel lundi soir avec la lune qui s'est levée sur l'eau, le fait de croiser les trimarans Banque Populaire V et Gitana 11... Il y a aussi eu un bord hier qui était vraiment sympa, sous le soleil avec un vent pas très fort. Je me suis régalé sur celui-ci parce que j'allais vraiment vite et que ce sont des conditions que j'apprécie. Donc, oui, j'ai pris plus de plaisir, mais il est difficile à décrire, il est un peu intuitif.
Je ne donne pas l'impression d'être épuisé, parce que c'est un peu l'euphorie qui l'emporte à l'arrivée. J'essaie de rester humain, mais lorsque je vais m'écrouler ça va faire mal... Hier soir, j'ai eu des hallucinations, je n'arrivais pas à me tenir éveillé. Me retrouver dans cet état là, c'était assez bizarre, je me voyais partir… Mais avec les conditions que l'on avait, on ne pouvait pas lâcher la barre, je n'avais donc pas le choix. Il y a des phases comme ça dans le sommeil qui sont vraiment dures et on sait que lorsqu'on les passe, derrière, ça va mieux. C'est ce qui permet de tenir."
Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls, 19e à 43 min 42 sec) : "Je suis passé assez proche de l'île d'Yeu, ce qui sur le papier n'était pas une mauvaise idée étant donné que cette île est relativement plate et que les effets de site y sont donc limités. Malheureusement, un orage s'est déclaré pile sur cette île, il a pompé tout l'air autour et a créé un cercle sans vent. Je me suis fait piéger et j'ai vu toute la flotte passer. La suite ? Je ne suis pas encore éliminé ! Je suis encore là pour me battre pour la prochaine. J'ai vraiment ce double sentiment, celui d'un manque de réussite et en même temps, de m'être bien battu. Je suis content de ne pas avoir craqué et de ne pas avoir tenté un truc un peu fou pour jouer le quitte ou double. Pour moi, le contrat est rempli. Je voulais être dans le match pour la dernière étape et je le suis. Je vais attaquer la dernière en me disant que tout peut se passer, que tout est possible".
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