Les modèles de routage, européens ou américains, n'offrait qu'une chance relative à Charlie Dalin d'achever en vainqueur ce Vendée Globe 2020/2021, aux Sables-d'Olonne. Les conditions de navigation clémentes - ciel couvert avec averses, vent de Sud-Ouest 20 nœuds avec houle de 2 mètres, n'auront pas influencé la destinée des trois marins les dernières heures de courses, mais un ultime coup de théâtre aura condamné Boris Herrmann.

Bestaven, vainqueur surprise ou presque : "J'y ai toujours cru, mais à quelle place ?"

Vendée Globe
Bestaven sacré au bout de la nuit
28/01/2021 À 03:30

Premier sur la ligne d'arrivée, mercredi soir, Charlie Dalin (Apivia) savait qu'il pouvait être doublé par deux navigateurs bénéficiant d'une compensation en temps pour s'être détournés afin de rechercher le naufragé Kevin Escoffier (PBR), finalement secouru pas Jean Le Cam (Yes We Cam !), le 30 novembre dernier. Dalin a sûrement pensé qu'un double retournement de situation pourrait le faire émerger en véritable vainqueur lorsque l'Allemand, qui avait six heures à retrancher, s'est fait percuter par un bateau de pêche - malheureusement un grand classique en nocturne - à 20h50, à 160 km du but (dommages sur le foil tribord), alors qu'il avait posé pied à terre depuis à peine une heure. Mais Yannick Bestaven a déroulé jusqu'au bout son option, en tirant sur son Maître CoQ IV jusque ce qu'il fallait pour remporter la mise, jeudi matin.

Dalin : "Les honneurs de la ligne, c'est pour moi"

"C’était semé d’embûches"

"Mes routages m’envoyaient au Nord et je savais qu’il fallait aller chercher du vent fort et des fronts", a expliqué Yannick Bestaven, à propos de sa trajectoire dans le golfe de Gascogne. Sûr de son choix comparé à ses ultimes adversaires, sans oublier Louis Burton (Bureau Vallée 2), son plus proche poursuivant, le Rochelais a utilisé toute la puissance de son Imoca 60 dans les derniers milles le séparant du but. Mercredi à 14h, il cédait un minimum à Dalin, filant à un peu de 18 nœuds contre 19 au skipper d'Apivia. Alors que Louis Burton et Thomas Ruyant, sur LinkedOut, avançait à 17 nœuds, et Boris Herrmann (SeaExplorer - Yacht Club de Monaco) à moins de 11 nœuds.

A l'entendre, Louis Burton s'était fait à l'idée d'obtenir une place d'honneur. "Ça a été l'ascenseur émotionnel : tout en bas au fond du trou, tout en haut, tout en bas depuis le début de l'océan Indien jusqu'à il y a quelques jours encore, donc à un moment tu n'y crois plus trop et tu essayes de ne plus penser à ça parce que sinon tu déprimes de ne plus pouvoir être deuxième, de ne plus pouvoir être premier, de ne plus pouvoir être troisième, a-t-il raconté. C'est une course étonnante le Vendée Globe pour ça, il faut être capable d'oublier complètement ses objectifs."

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Classé quatrième, Thomas Ruyant aura bataillé jusqu'au bout avec les éléments, les petits problèmes. "C’est beaucoup de bonheur, de satisfaction et de fierté, a-t-il soufflé. C’était semé d’embûches, ce n’était pas un tour du monde facile. Encore à quelques heures de l’arrivée, j’ai eu quelques petites bricoles (bout dehors cassé, ndr)."

Silencieux depuis le coup de théâtre qui l'a au moins privé d'une place de vainqueur provisoire dans la nuit, avant l'arrivée de Yannick Bestaven, l'Allemand Boris Herrmann était attendu entre 10h et 11h pour raconter l'extraordinaire périple qui aurait pu faire de lui le premier lauréat étranger du tour du monde en solitaire.

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