Après avoir négocié avec succès un anticyclone, le leader du Vendée Globe Yannick Bestaven a pris de la vitesse et de la distance par rapport à ses poursuivants, en pleine remontée de l'Atlantique sud.

"C'est top d'avoir pu passer l'anticyclone, j'ai pu engranger des milles et faire de la vitesse ensuite, c'est plutôt agréable. Je suis satisfait de ça, mais quand je regarde ce qui va se passer devant...", a-t-il souligné jeudi lors d'une vacation avec l'organisation.

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Le skipper du monocoque Maître Coq IV guide la flotte des 27 bateaux en course depuis trois semaines. Au classement de jeudi en fin de journée, il a porté son avance à près de 430 milles nautiques (796 km) sur un tandem de poursuivants directs, composé de Charlie Dalin (Apivia) et Thomas Ruyant (LinkedOut), qui pourrait revenir sur le leader au jeu plus que compliqué des conditions météos.

Ca bouge chez les poursuivants

"L'élastique va se raccourcir et derrière, ils vont revenir. J'espère qu'il y aura suffisamment de vent pour ne pas m'arrêter. Il ne faudra pas stresser, il faudra garder la tête froide parce que je vais reperdre beaucoup", a prévenu le marin rochelais, qui s'attend à "24/48h difficiles".

Derrière lui, Dalin a retrouvé la deuxième place qu'il avait cédée mercredi à Damien Seguin (Groupe Apicil), qui avait aussi délogé Ruyant de la troisième place. Jeudi, Ruyant est en troisième position et Seguin quatrième.

Les trois skippers ne sont séparés les uns des autres que de quelques milles et leur route diffère. Seguin est à l'ouest quand Dalin et Ruyant sont à l'est.

"Personne ne sait vraiment"

Ces deux derniers sont même collés l'un à l'autre. Ils n'ont que six milles d'écart, soit onze kilomètres. Et juste derrière Seguin, à 79 milles nautiques (146 km), on retrouve Louis Burton (Bureau Vallée 2), qui a fait une incroyable remontée dans la flotte après des déboires techniques. Jeudi, il occupait la cinquième place alors qu'il pointait onzième il y a une semaine.

La course, qui en est à son dernier quart, est loin d'être jouée. Le vainqueur de cette neuvième édition n'est pas attendu avant la fin du mois aux Sables d'Olonne (Vendée). "Je ne sais pas qui a fait la météo sur ce Vendée Globe, mais il faut changer de météorologue, je vous le dis! On dirait qu'on fait tout pour que l'on n'arrive pas vite aux Sables d'Olonne!", a soufflé Bestaven.

"La situation est très compliquée, il y a pas mal d'arrêts, il y a des minimums dépressionnaires qui vont aspirer tout le vent... Faire une stratégie est compliqué, au gré des cartes ce n'est pas la même chose. Je crois que personne ne sait vraiment comment ça va se passer", a-t-il poursuivi.

Yannick Bestaven à bord de Maître Coq

Crédit: Getty Images

La remontée de l'Atlantique ne sera donc pas de tout repos pour les forçats de la mer, qui ont quitté la terre il y a 60 jours. Ils devront aussi avoir un oeil grand ouvert sur les cargos et autres bateaux de pêche, qu'ils n'avaient plus croisés lors de leur longue traversée des mers du sud.

"Il va falloir regarder devant!", a lancé Romain Attanasio (Pure-Best Western), quatorzième, et qui a franchi le cap Horn mercredi soir. "On a passé un mois et demi tout seul sans voir personne, j'ai vu un cargo hier (mercredi), on a passé le cap Horn ensemble, j'étais presque déçu!". La course est donc loin d'être terminée !

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