Vendée Globe 2024-25 : "Dalin et Richomme peuvent arriver le 15 janvier si toutes les planètes sont alignées"

Après 52 jours de course, Charlie Dalin et Yoann Richomme, qui rêvent de battre le record d'Armel Le Cléac'h établi en 2017, continuent de se tirer la bourre en tête du Vendée Globe. Avant la dernière ligne droite, quels sont les derniers enjeux de l'épreuve ? Pour Eurosport, le navigateur Arnaud Gaist (aligné sur la Golden Globe Race 2022) décrypte cette fin de course à suspense.

Yoann Richomme (Paprec Arkéa)

Crédit: Getty Images

Dalin et Richomme peuvent-ils battre le record de Le Cléac'h ?

Depuis plusieurs semaines, Yoann Richomme et Charlie Dalin se tirent la bourre en tête du Vendée Globe. Si le natif de Fréjus a passé le Cap Horn en tête durant les fêtes de Noël, le Normand a repris les commandes de la course ce lundi. À plus de 4000 nm de l'arrivée, l'un des deux skippers peut-il devenir le nouveau recordman de l'épreuve, effaçant Armel Le Cléac'h (74 jours, 3 heures et 35 minutes en 2017) des tablettes ? Tout est possible, mais deux gros obstacles attendent les navigateurs français : le pot-au-noir, situé dans la zone de l’Équateur, et le Golfe de Gascogne. 
Selon Arnaud Gaist, qui a participé à la Golden Globe Race 2022 (Tour du monde en solitaire sans escale, assistance et électronique), le premier cité est un réel "passage à niveau". "C'est une zone d'inter-convergence tropicale. Soit les skippers passent comme des fleurs, soit ils se retrouvent bloqués (par manque de vent). Cela, personne ne peut le prédire à l'avance. Tu as beau avoir toutes les données météo, il y a quand même une part de roulette russe au passage du pot-au-noir." Ensuite, place au passage du Golfe de Gascogne. "Il sera aussi décisif, précise Arnaud Gaist. Il y a généralement des tempêtes là-bas. Les plaisanciers n'y vont pas au mois de janvier et il y a une raison."

Quand pourraient-ils arriver aux Sables d'Olonne ?

Actuellement au large du Brésil, Charlie Dalin et Yoann Richomme continuent de grignoter depuis le passage du Cap Horn. Au rythme où sont partis les deux skippers, est-il imaginable de les voir débarquer aux Sables d'Olonne dans 15 jours ? "Jusqu'aux derniers instants, tout est encore possible et eux-mêmes le savent, assure Arnaud Gaist. Mais si toutes les planètes sont alignées et qu'ils négocient tout bien, Charlie Dalin et Yoann Richomme peuvent être de retour le 15 janvier." L'ancien participant de la Golden Globe Race a un rêve : que les deux skippers "se tirent la bourre jusqu'à la dernière minute". Par le passé, le public vendéen a déjà pu assister à ce genre de duel en direct comme en 2013 avec le duo François Gabart-Armel Le Cléac'h (3 heures d'écart).

Qui a le plus de chances de l'emporter ?

Depuis la fin novembre, Charlie Dalin et Yoann Richomme occupent le Top 3 du Vendée Globe. Puis dans le Pacifique Sud, à la mi-décembre, les skippers de Macif Santé Prévoyance et de Paprec Arkéa ont semé Sébastien Simon. Dans cette dernière ligne droite, qui a le plus de chances de s'imposer ? "Une chose est sûre, c'est qu'ils ne doivent pas beaucoup dormir, sourit Arnaud Gaist. Charlie Dalin a beaucoup de qualités, mais s'il fallait en choisir un, je dirais Yoann Richomme car c'est un demi-Dieu de la météo. Il est vraiment super fort pour anticiper dans ce domaine."

Simon est-il parti pour finir troisième ?

C'est au large de l'Antarctique que le natif de La Roche-sur-Yon, qui participe à son deuxième Vendée Globe (il avait abandonné lors de l'édition 2020), a perdu du terrain. Mais depuis le 25 décembre, alors qu'il avait 664 milles de retard sur le duo Dalin-Richomme, le skipper de 34 ans reprend peu à peu du terrain. Avant le Nouvel An, le Vendéen était même revenu à 303 milles de Charlie Dalin. "En deux jours, il peut rattraper son retard et encore plus si les hommes de tête sont bloqués au pot-au-noir", estime Arnaud Gaist.

Quels sont les derniers enjeux de cette fin de Vendée Globe ?

Derrière Sébastien Simon, Thomas Ruyant est bien calé en quatrième position. Derrière le skipper du Team Vulnerable, Jérémie Beyou, Nicolas Lunven, Paul Meilhat, Sam Goodchild, Boris Heermann et Justine Mettraux se tiennent dans un mouchoir de poche (100 milles entre le cinquième et la dixième).
Dans la suite du classement, la fin de course de Jean Le Cam (16e), Violette Dorange (26e) et Jingkun Xu (32e) sera à suivre de près. Si le skipper de 65 ans, qui participe à son sixième Vendée Globe (deuxième en 2005, abandon en 2009, cinquième en 2013, sixième en 2017 et quatrième en 2021), fait partie de ceux qui sont partis sans foils, la benjamine de l'épreuve a "pris les bonnes options jusqu'ici", remarque Arnaud Gaist. "Son bateau est obsolète. C'est comme si elle prenait le départ d'un Grand Prix de F1 avec une monoplace d'il y a 10 ans", ajoute-il.
Quant à Jingkun Xu, amputé d'un bras, il devrait faire naître des vocations en Chine. "Il n'est pas originaire d'un pays de marins. Je trouve qu'il fait une bonne course et je ne serai pas étonné, que grâce à lui, il y ait d'autres skippers chinois lors des prochaines éditions", conclut l'ancien participant de la Golden Globe Race.

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