Tout roule pour les favoris. Les deux Toyota, N.7 et N.8, restaient en tête des 89e 24 Heures du Mans après 5 heures et demie de course samedi, alors que l'Alpine N.36 complète toujours le trio de tête à la tombée de la nuit. Partie en pole position sur le circuit de la Sarthe, la N.7 de l'Argentin José Maria Lopez, du Japonais Kamui Kobayashi et du Britannique Mike Conway est toujours tranquillement installée en tête de la course, à peine inquiétée par une crevaison lente. Son objectif: remporter l'épreuve pour la première fois et devenir le premier vainqueur dans la nouvelle catégorie reine, l'Hypercar, introduite cette saison.
Si la Toyota N.8 du Suisse Sébastien Buemi, du Japonais Kazuki Nakajima et du Néo-Zélandais Brendon Hartley truste la seconde position, le début de course a été chaotique pour la triple tenante de l'épreuve. En deuxième position sur la grille de départ, la N.8 -- alors pilotée par le Suisse -- a été heurtée par la Glickenhaus N.708 du Français Olivier Pla au premier virage. Partie en glissade puis contrainte de s'arrêter pour réinitialiser ses systèmes, il lui a fallu seize tours pour retrouver sa position de départ depuis la queue du peloton.

Donné sous la pluie, le vrai départ des 24h a viré à la catastrophe pour la Toyota n°8

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Alpine toujours derrière Toyota

Au troisième tour, le pilote français de l'Alpine N.36 Nicolas Lapierre est parti en tête-à-queue à Indianapolis, se condamnant à repartir au 18e rang avant de retrouver une troisième place plus conforme à ses ambitions. Pour l'outsider français, le plan, dévoilé vendredi, est simple : "on se doit d'attaquer". "Si on laisse les Toyota tranquilles devant, on sait qu'ils vont faire une course d'attente et qu'ils seront faciles. Ils ne vont pas pousser la mécanique, les pilotes, les pneus et ils réussiront à s'imposer comme ils l'ont fait ces dernières années", expliquait-il.
Restent tout de même des incertitudes concernant la fiabilité des Toyota, qui disputent leur première course de 24 heures. "Avec la GR010, on peut encore découvrir des choses inattendues, prévenait vendredi le directeur technique Pascal Vasselon. Sur tout ce qui est fondamental, on n'est pas inquiet, mais on n'est pas à l'abri d'une combinaison de circonstances qu'on n'a pas encore rencontrée avec cette voiture."

Pluie et voiture de sécurité : le départ "chrono" des 24h a ressemblé à un pétard mouillé

Le constructeur japonais est bien placé pour le savoir: sous l'ère des LMP1 hybrides entre 2012 et 2020, il lui a fallu attendre 2018 -- et les départs des concurrents Audi et Porsche -- pour s'imposer ! La N.7, elle, a signé la pole et mené en 2017, 2019 et 2020, avant d'être privée de la victoire par des événements plus ou moins rocambolesques. Derrière le trio de tête attendu, la lutte est serrée dans la catégorie LMP2 entre les Oreca N.65, N.41 et N.22.

Un temps capricieux au Mans

La course est partie à 16h13, après trois tours de formation au lieu d'un, pour permettre aux pilotes de prendre la mesure d'une piste détrempée après une heure de pluie. Les voitures rouleront jusqu'à 16h00 dimanche, sous un temps mitigé samedi et sec le lendemain. Alors que la pluie a fait son retour aux alentours de 18h30, avant de laisser place à quelques éclaircies, elle s'est de nouveau intensifiée quelques minutes vers 21h00. La course a été neutralisée à deux reprises, pour une durée totale d'un peu plus de 45 minutes, suite aux crashs d'une LMGTE Am puis aux accidents de trois LMP2.

Incompréhension et crash entre deux Ferrari

Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, cette édition se tient fin août plutôt que mi-juin, décalée afin d'accueillir 50.000 spectateurs (20% du nombre habituel), après un huis clos en 2020. Cinq Hypercars, 24 LMP2 (des prototypes plus standardisés et moins rapides), 8 LMGTE Pro (dérivées de voitures sportives de série et représentant trois marques, Ferrari, Porsche et Corvette), 23 LMGTE Am (pilotées par des amateurs pour des écuries privées) et une voiture "innovante" (pilotée par deux pilotes paraplégiques) sont engagées, soit 61 équipages.
L'édition 2021 des 24 Heures du Mans a aussi été l'occasion de renouveler jusqu'en 2027 l'accord entre la Fédération internationale du sport automobile (FIA) et l'Automobile club de l'Ouest qui permet à ce dernier d'organiser le Championnat du monde d'endurance (WEC) depuis 2012.
Classement provisoire des 24 Heures du Mans après 4 heures de course
1- Mike Conway - Kamui Kobayashi - Jose Maria Lopez (GBR-JPN-ARG/Toyota N.7/Hypercar/hydride) 60 tours
2- Sébastien Buemi - Kazuki Nakajima- Brendon Hartley (SUI-JPN-NZL/Toyota N.8/Hypercar/hybride) à 7.239
3- André Negrao - Nicolas Lapierre - Matthieu Vaxiviere (BRA-FRA-FRA/Alpine N.36/Hypercar) à 1:54.990
4- Sean Gelael - Stoffel Vandoorne - Tom Blomqvist (INA-BEL-GBR/Oreca N.28/LMP2) à un tour
5- Paul Di Resta - Alexander Lynn - Wayne BOYD (GBR-GBR-GBR/Oreca N.23/LMP2) à un tour
...
26- Alessandro Pier Guigi - James CALADO - Côme LEDOGAR (ITA-GBR-FRA/Ferrari N.51/LMGTE Pro) à 4 tours
36- François PERRODO - Nicklas NIELSEN - Alessio ROVERA (FRA-DEN-ITA/Ferrari N.83/LMGTE Am) à 5 tours

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