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Le blues de Loeb
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Publié 13/11/2004 à 15:45 GMT+1
"Ça me fait chier, j'espérais vraiment rester chez Citroën", lâche dépité Sébastien Loeb, à propos de l'arrêt programmé de l'activité WRC. Les ailes coupées d'un champion du monde.
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Comment réagissez-vous une semaine après l'annonce de l'arrêt de PSA fin 2005 ?
Sébastien Loeb : Je me dis que, de toute façon, on ne peut rien y faire. Je trouve cependant que c'est dommage pour toute l'équipe qui, tout au long de l'année, a fait un super boulot, m'a donné une voiture parfaite avec laquelle nous avons gagné les deux titres. Il n'y a rien à leur reprocher. Et puis apprendre comme ça, avant même d'avoir pu fêter les titres que c'est terminer en 2006... C'est triste pour l'équipe.
Et vous sur un plan personnel ?
S.L. : Moi, ça me fait chier. C'est clair que, jusqu'à présent, Daniel (Elena) et moi avons tout fait avec Citroën. J'ai débuté avec eux, on a fini par réussir à être champions du monde ensemble. Là, ça s'arrête. C'est dommage parce que, quand même, j'espérais vraiment rester avec eux après 2005. On avait quelque chose d'intéressant à faire avec la nouvelle voiture (la C4), le développement. C'était un nouveau challenge qui se préparait pour 2006. Maintenant, cela tombe à l'eau. Mais, on est quand même parvenu à avoir les deux titres, c'est important...
Pensez-vous piloter la C4 l'an prochain ?
S.L. : L'idée était de la sortir le plus tôt possible. Pour l'instant Guy (Fréquelin) n'a pas eu l'accord pour le faire. Je n'ai jamais mis mes fesses dedans. Je pense que je le ferai à Satory... au moins pour dire que je suis monté dans cette voiture...
Quelle influence cette décision va avoir sur votre carrière ?
S.L. : Il va falloir réfléchir, étudier les propositions que l'on pourra avoir. Voir à droite à gauche ce qui peut être intéressant de faire. Et puis voilà.
Les propositions ne vont pas manquer ?
S.L. : Oui mais, (Petter) Solberg mis à part, on va quand même tous se retrouver sur le marché. Il n'y aura donc pas forcément de la place pour tout le monde dans les écuries intéressantes. Une équipe comme Ford ne va sans doute pas prendre (Markko) Märtin et moi, ou Subaru ne va pas payer (Marcus) Grönholm le prix qu'ils paient pour Solberg. Je ne sais pas si les équipes auront les moyens de se payer deux gros calibres. Donc, il faudra bien trouver sa place. Pour l'instant, je n'ai eu aucun contact.
Que vous inspire l'arrêt de Peugeot et Citroën ?
S.L. : Pour le rallye, ce n'est pas bien. Les deux marques qui ont gagné tous les titres constructeurs ces dernières années qui s'arrêtent, cela fait un trou énorme dans le Championnat. L'intérêt de la compétition, s'il n'y a pas d'autres constructeurs qui viennent, ne va pas être le même non plus. A mon avis, il est plus important que jamais que des mesures soient prises. Les réductions de budget dont tout le monde parle depuis des années sont jusqu'à maintenant sans effet. Il ne se passe jamais rien. L'an dernier, tout le monde se plaignait que c'était trop cher et on nous met deux épreuves supplémentaires (Mexique et Japon). Je ne sais pas si cela va dans le bon sens. Ford a failli arrêter et a finalement réussi à trouver une solution pour continuer. Maintenant c'est PSA.
Cette décision est-elle dommageable pour vous au niveau de la notoriété ?
S.L. : Pour l'instant, je n'y pense pas. C'est encore trop récent. Comment cela va évoluer ? C'est vrai que, sans PSA, la médiatisation sera peut-être moins importante en France. Il faut attendre de voir si d'autres constructeurs arrivent. Pour l'instant on n'en sait rien.
Dans l'optique de l'an prochain, n'avez-vous pas peur d'une démotivation de l'équipe ?
S.L. : C'est vrai que cette décision n'est pas motivante pour les gars de l'équipe. Cependant, je ne crois pas à un relâchement en 2005. Quand on est dans l'action, on ne pense pas au lendemain. Maintenant, je ne réagis pas forcément comme une équipe de 200 personnes. J'espère que tout ira bien.
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